** La chapelle Saint-Donat le Bas et le mystérieux couvent des Crottes : une randonnée d’exception !



Une randonnée mémorable ! non seulement pour les deux chapelles Saint-Donat mais aussi à cause du contexte particulier qui a provoqué quelques surprises : il avait plu pendant plusieurs jours auparavant, je n’avais pas étudié en détail le parcours qui traversait à gué plusieurs ruisseaux… le parking est celui de la mairie de Chateauneuf Val Saint-Donat.

Départ vers le sud par la route D951 qui traverse le village. Après les Jas, le premier ruisseau charrie une eau légèrement boueuse ; le ruisseau suivant a inondé les champs ; de chaque côté de l’ancienne voie romaine, des flaques d’eau se sont formées ; grâce au pavage de la chaussée, on identifie bien la voie royale qui réutilise la (supposée) via domitia ; la forme bombée de sa surface favorise l’écoulement des eaux. Les techniques de construction des voies romaines sont simples : une large tranchée dans laquelle les romains superposent plusieurs couches de matériaux (une première couche de fond de gros cailloux, une couche intermédiaire constituée de cailloux de taille moyenne, une troisième couche composée de petits cailloux, de gravier ou de sable. Extrait du collège Gaston Lefavrais) ; après la colline de marnes noires, apparaît le pont de pierres presque invisible sous la végétation. Un autre pont de pierre a bien souffert : je l’ai contourné, observant avec inquiétude le trou béant sur le côté de la chaussée.

Au carrefour avec la voie royale, j’emprunte le chemin de Saint-Jacques, balisé avec la célèbre coquille Saint-Jacques. Le sentier se déroule le long du flanc ouest de La Louvière1. C’est un morceau de l’étape 5 du chemin de Saint-Jacques Peypin-Peyruis (20km). Pour éviter un large lacet sur sentier boueux, je traverse les bois à angle droit pour retrouver la descente vers le ravin du Vèze2.

Après le sous-bois aux tons d’automne, je dois traverser à gué un ruisseau étroit  mais un peu profond, entre des berges de terre écroulées ; malgré mes efforts pour éviter d’avoir les pieds mouillés, je ressors avec les chaussures pleines d’eau que je vide aussitôt passée ; le gué suivant est plus large et plus houleux : après quelques hésitations, je le traverse en diagonale, pas très rassurée ; quand surgit brusquement la chapelle Saint-Donat sur son piton rocheux, ravie, je souffle en longeant le champ. Le nom de Saint-Donat rappelle celui de l’évêque qui aurait évangélisé la montagne de Lure à la fin du Vè. Il se serait retiré dans un lieu désolé que les uns situent à notre Dame de Lure, d’autres dans la combe de Saint-Donat.

La chapelle Saint-Donat-le-Bas (471m), dans un excellent état de conservation, est pourtant une des églises les plus anciennes du département des Alpes-de-Haute-Provence (XIè siècle). Le mur nord n’est percé d’aucune baie, le mur sud en compte cinq ébrasées vers l’intérieur ; la nef se prolonge par une travée rectangulaire débordant de part et d’autre, ce qui est assez rare en Haute-Provence ; les moulurations seraient d’origine carolingienne. Grandeur, esthétique et sobriété.
Petite remarque : on devrait plutôt dire Saint-Donat le Majeur car Saint-Donat-le-Bas, mesurant à peine 8 m sur 3,50 m et antérieure à la grande, était une petite chapelle dont les ruines se trouvent en contre-bas du torrent.
La Haute-Provence monumentale et artistique, Raymond Collier, Digne, 1986

Abside

Alpes de Haute Provence.com

Après le pique-nique face à la chapelle, je reprends le chemin du retour derrière celle-ci, en bordure du torrent du Thoron. L’abbé Andrieu raconte qu’au XIXèà la saison des pluies, des sources [les Sorgues] jaillissent par centaine le long du Mardaric, en aval et en amont de la chapelle, un peu partout : sur le chemin, dans le lit du torrent, sur ses bords et au-dessus, jusqu’à une certaine hauteur. Mais, pour que le phénomène se produise, il faut des pluies excessives […]. Surgie de je ne sais où, une cascade y chute en deux gerbes bruyantes. C’est probablement ce phénomène rare que j’ai vécu en direct. On dit même que dans ce cas, l’eau s’engouffre dans une source souterraine cachée dans les profondeurs du torrent.

Le gué du torrent est plus large que les précédents et je ne sais pas trop à quel endroit le traverser ; pour y parvenir, je m’aide de mon bâton de randonnée. D’autres promeneurs y renonceront et chercheront à traverser ailleurs : il est toujours possible de reprendre le même chemin qu’à l’aller où les passages sont plus ‘guéables’.
Le Mardaric reçoit les eaux  de plusieurs rivières, toutes en crue aujourd’hui, et c’est lui maintenant que je dois traverser ; honnêtement il me fait peur par son débit et la vitesse de son courant. Je songe un moment à rebrousser chemin ; j’étudie avec attention l’endroit qui me parait offrir le moins de risques. Je prévois de traverser là où les rochers ne provoquent pas trop de remous ; je renonce d’avance à ne pas être trempée jusqu’aux genoux ; j’utiliserai mon bâton de randonnée comme béquille pour résister au courant. Après plusieurs minutes de réflexion, je me lance ; arrivée aux deux-tiers du parcours, je me sens chavirée lorsque je lève un pied pour avancer ; ‘ne pas lever les pieds trop haut au-dessus des rochers profonds mais glisser’, telle est ma tactique ; je perds l’équilibre mais m’accroche pendant plusieurs secondes à mon bâton coincé entre deux rochers, ne déplaçant qu’un soutien à la fois. J’ai vaincu le Mardaric mais mon cœur bat la chamade. Le danger était réel.

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GR 2013 : de Rognac au château de la Tour d’Arbois



Fête régionale de la randonnée 2013 par un temps maussade qui commence et finit avec la pluie. Des cars emportent les randonneurs au point de départ d’un des parcours linéaires ; pour moi, ce sera Rognac. Pas de visite guidée, seulement quelques précisions au sujet des endroits où le GR risque de ne pas être évident à trouver : quelques rubans jaunes et rouges jalonneront alors le sentier.

— Lien vers l’album complet GR 2013 Rognac Château de la Tour d’Arbois —

Le groupe de 14 constitué des membres de l’association de Fos… et moi, chemine rapidement, s’arrête peu pour observer ou faire des photos. Nous n’aurons aucune information sur les zones traversées. La montée par le chemin de Saragousse nous amène au point culminant du plateau de Vitrolles (271 m).

Dans l’ordre du parcours :

  • les cuestas et l’érosion du calcaire
  • le plateau de Vitrolles : La falaise du plateau de Vitrolles et ses nombreux panoramas sur la ville et sur le pourtour de l’étang de Berre dont les installations pétrochimiques de l’étang de Berre.

    C’est un plateau calcaire au relief tourmenté, dominé par une végétation de type méditerranéen mais présentant une diversité remarquable de milieux : garrigue, maquis, taillis de Chênes verts, pelouse à brachypode, zones cultivées (oliveraies, vignes, cultures céréalières extensives), falaises, cours d’eau, ripisylve, roselières et réservoir d’eau douce. Extrait du site Natura 2000

  • le radar visible de la presque totalité du plateau qui sert au contrôle aérien de la zone d’atterrissage de l’aéroport de Marseille-Provence
  • la carrière de Val d’Ambla : le calcaire marbrier de Vitrolles est unique de par sa couleur rouge étrusque ; sont extraits gravier et pierres à bâtir pour l’industrie du bâtiment, distribués aux quatre coins de la France, dont une grosse partie pour la ville rose, Toulouse.
  • le curieux rocher de Vitrolles (lou Roucas) isolé au milieu des habitations et sa chapelle Notre Dame de Vie. Accessible par un escalier taillé dans la roche calcaire, cette modeste construction fût bâtie dès le début de la période romane, autour de l’an mil et traduit les influences des églises de Catalogne, elles-mêmes teintées d’inspiration arabe.
  • Un refuge pour la nature : le panneau d’informations n’est plus lisible ; Site d’importance majeure pour la conservation de l’Aigle de Bonelli (1 couple), site d’importance internationale (réservoir du Réaltor) pour l’hivernage des oiseaux d’eau ; une partie du site est classé Natura 2000 ; les papillons y sont régulièrement inventoriés.
  • Nous croisons un camion de pompiers ; aucun risque d’incendie pourtant aujourd’hui ; leur présence s’explique par l’Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompier sur le plateau de l’Arbois (23 hectares recréant l’intégralité de la chaîne d’intervention).
  • les Collets Rouges et son air de far west avec ses petites collines rouge foncé.
    Quand Luc Besson a découvert le Plateau vitrollais, il a jeté son dévolu sur ce terrain-là pour en faire la scène inaugurale de sa nouvelle série « No Limit » (TF1).

    Durant deux jours, les terres des Collets Rouges ont pris des allures de camp de guerre au Mali. Là où, dans une sorte de flash-back, on retrouve Vincent Liberati, alias Vincent Elbaz, un agent secret, traquer un chef rebelle malien, tout en ayant une vie de père de famille divorcé des plus compliquées. « Les conditions de tournage sont parfaites, c’est très exotique, ça donne l’impression d’être ailleurs », confie, tout sourire, l’acteur La Provence, 18 mai 2012

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GR 2013 : de Chateauneuf à Martigues (1ère partie)



Cette fois j’ai choisi un bout du GR®2013 inter-urbain entre Chateauneuf-les-Martigues et Martigues, presque 20km ; il faut donc deux voitures, l’une au parking du centre commercial Carrefour à la sortie de l’autoroute A55 la Mède, l’autre au parking de Jonquières à Martigues avant le pont mobile (13km environ) ou sur le parking de la chapelle notre dame des Marins (20km environ) ; je vous livre la première partie jusqu’à Jonquières.

J’ai préparé la route sur mon GPS à partir du projet de tracé que j’ai trouvé sur internet. Cela ne ressemble pas à mes parcours habituels. Après tout ce GR balisé pour Marseille-Provence 2013 capitale de la culture, mérite d’être découvert avant d’être jugé.

La météo à cet endroit
sur 3 jours avec le vent

Entre la zone industrielle de la Valampe et le moto-cross, face à moi, la chaîne de l’Estaque. Rapidement je trouve la première trace de GR à côté d’une borne du pipeline TRANSETHYLENE, qui assure le transfert d’éthylène entre les sites de Lavéra, Berre, et Saint-Auban (Alpes de Haute-Provence, 04).

On le sait peu mais des accidents dus à ces canalisations ont déjà eu lieu ; ils sont classés en fonction de leur gravité croissante (G0 à G4 : incident majeur), de leur perception à l’extérieur (P0 à P2), et de leur maîtrise-évolution dans le temps (A : maîtrisée, C:  évolutive). Par exemple Naphtachimie Martigues Lavéra (13), 5 septembre 2009, G2/P2, une canalisation de vapeur d’eau à 300°C sous 25 bars se rompt vers 15h10. Un sifflement important est audible hors de l’usine. Une ligne d’éthylène proche endommagée fuit légèrement […] Extrait du document Prévenir et réduire les risques accidentels (industriels et miniers). Mais il y a eu aussi un évènement G3/P2 qui a provoqué la mort d’un ouvrier.

Le sentier passe entre l’autoroute et un lotissement au milieu de quelques arbres gommant l’impression d’être dans une zone industrielle ; l’endroit a été nettoyé mais des déchets résiduels témoignent d’une présence humaine peu respectueuse des lieux. Bientôt j’entre dans le vallon du Saut que j’avais déjà visité. Dans l’article le vallon du saut et canton, vous trouverez l’origine de ces dénominations curieuses que j’écris volontairement avec une minuscule. Dans les puissantes parois rocheuses constituées de calcaire blanc urgonien (urgonien = de Orgon, Bouches-du-Rhône) du versant nord de la chaîne de la Nerthe, des voies d’escalade ont été installées. C’est sans doute par là qu’est placée la cache Chichifada de Athoomas que vous trouverez moyennant un petit détour.

Curieuse pierre percée sur la droite. Après une belle grimpette, au sommet (196m environ), par temps clair, le panorama serait sans doute grandiose sur les étangs de Berre et de Bolmon, avec en toile de fond, les principales chaînes de montagnes de Provence (Etoile, Sainte Victoire, Lubéron, Mont Ventoux, Alpilles).

‘Le plateau  ouvert de garrigue rase à chêne kermès, est désertique ; les lignes à haute tension issues de la centrale de Ponteau balafrent le paysage du plateau sur toute sa longueur’ (extrait de l’Atlas des paysages des Bouches-du-Rhône – 18 – La chaîne de L’Estaque, la Nerthe, la Côte Bleue, CG13, 2007) ; les sentiers ou pistes forestières se croisent sans arrêt et il faut être attentif pour repérer le balisage rouge et or. Celui que j’emprunte s’enfonce dans le vallon sombre de Maximin dans lequel je ne croise âme qui vive : la nature sans rien d’autre. A un croisement de pistes, un Vttiste perdu m’interpelle pour me demander où mène le sentier vers la droite : comme il est entrecoupé par de multiples pistes parfois sans issue, je lui conseille plutôt de suivre le GR®2013 qui le ramènera à coup sûr sur Chateauneuf.

L’ouvrage du canal de Provence, le réservoir de Valtrède s’intègre harmonieusement dans le vallon du même nom, orienté Est-Ouest, appelé au XIXè siècle le ‘petit chemin de Martigues à Marseille’ ; à l’intensité des aboiements d’une meute en furie toute proche, je comprends le sens des panneaux placés le long du champ et sur la  station d’épuration : ‘messieurs les chasseurs, veuillez ne pas confondre svp, mes chats avec les lapins’.

‘La dépression de Saint-Julien correspond à un long fossé tectonique effondré dans l’axe de la Nerthe, dernier terroir agricole de la commune de Martigues, avec ses vignes, ses céréales et son maraîchage’ (extrait de Atlas des paysages des Bouches-du-Rhône – 18 – La chaîne de L’Estaque, la Nerthe, la Côte Bleue, CG13, 2007).  Le chevrier de Saint-Julien a laissé ses chèvres paitre devant le hangar. Des bastides et cabanons en ruines témoignent d’une intense activité passée comme par exemple cette habitation datée de 1761 sur sa façade. Des rigoles de drainage bordées de roseaux longent les parcelles quelquefois soulignées par des alignements d’oliviers. Très étonnée de trouver des champs de vignes le long du chemin, sous les lignes à haute tension, je cherche sur internet le vin qui y est produit ; par exemple, l’A.O.C. Côteaux d’Aix en Provence, Cuvée réservée Rosé, a obtenu la médaille d’or à un concours local et la médaille de Bronze au concours des Grands Vins Foire de Mâcon 2011, label en qui j’ai toute confiance. Cave coopérative Saint-Julien.

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GR 2013 en avant-première dans le Petit Arbois



Le GR®2013 inter-urbain (360km), inauguré au long de l’année 2012 pour le grand évènement Marseille-Provence 2013 – capitale européenne de la culture – décrit sur la carte IGN un large 8 couché dont le centre se situe à la gare TGV.  Le GR®2013 est un projet artistique, conçu et réalisé en partenariat avec un collectif dʼartistes-marcheurs. Si son tracé provisoire est disponible, le définitif n’est probablement pas encore publié sur internet. Un peu de curiosité me  pousse à découvrir un bout de ce GR d’un autre genre, aux Milles, dans le Petit-Arbois. Parking le long de la route d’Apt, près du passage à niveau, à côté du panneau qui introduit le GR.

Le projet GR®2013 dans wildproject.

Ce plateau constitue une vaste « coupure verte » dans l’espace métropolitain : la nature proche de la ville.

N’ayant que le balisage comme signe de reconnaissance, j’y prête bien attention ; rapidement, au premier carrefour, je le perds : logiquement, il faut continuer tout droit en longeant la voie ferrée. De nombreux sentiers parcourent le plateau ; face à quelques croisements, je me poserai la question de la direction à prendre : balisage rustique ou trop éloigné du point de choix.

Le plateau de l’Arbois est composé de plusieurs plateaux empilés et légèrement basculés appelés «Cuestas». L’érosion différentielle y a fait émerger des fronts calcaires caractéristiques et des fonds de vallons aux ocres rouges. […] Ces massifs sont pour l’essentiel constitués de pins d’Alep et de boisements mixtes. Ils abritent une faune relativement riche. Extrait de L’était initial de l’environnement du P.L.U. de la communauté d’Aix-en-Provence, Octobre 2011

Après le passage en sous-bois et la marche sur des dalles rocheuses, j’arrive dans une vaste étendue déserte d’où émerge, seul et insolite, un rocher visiblement abîmé par l’érosion. On voit bien qu’il est formé de plusieurs couches empilées, comme le calcaire du Réaltor dans lequel a été taillée la route de la gare TGV.

Le Rocher au milieu de nulle part, par Nichrojen

L’arrivée à la Rigoutière se devine au loin grâce à son éolienne. Le lieu est humide. Rapidement, le sentier s’éloigne et entre dans les bois. Le GR se poursuit sans grande difficulté malgré les nombreux carrefours, sujets d’égarement possible ; aux abords du petit Arbois, je m’interroge à nouveau : un tracé rouge devant, un jaune à gauche ; je suppose que l’un rejoint le Réaltor par l’ouest (c’est prévu comme cela sur la carte) mais l’autre… je prends l’autre jusqu’au château d’eau de l’Europôle de l’Arbois. Petit jeu de piste pour retrouver le GR qui manifestement reprend la direction nord : je dois donc être sur le GR du retour qui rejoint celui de l’aller un peu plus loin.

Je passe devant une ancienne tuilerie ; des centaines de tuiles cassées jonchent le sol ; j’en trouve une cependant qui porte encore gravée le nom de son fabriquant : Arnaud. Il ne reste que le four en bon état et le sol de deux salles bétonnées. Au moins celle là n’a pas servi de camp d’internement.

Les champignons se plaisent dans dans le sous-bois humide : ils sont d’une taille respectables mais n’ont pas été du goût des cueilleurs. Au carrefour suivant, le balisage encore me laisse perplexe : il y en a deux dont un avec une flèche. Pour m’assurer de ne rien rater, je prends celui de droite qui me ramène… d’où je viens, c’est à dire au château d’eau. Il s’agit donc du GR retour. Après un tour pour rien, je retrouve le GR de l’aller dont les marques, dans ce sens, sont encore moins visibles que dans l’autre. Quand vous aurez contourné le rocher solitaire, faites bien attention de ne pas rater le retour qui s’infléchit sur la gauche (pas de balisage visible dans ce sens).

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Apiers et cabanes : diaporama



La météo à cet endroit
avec prévisions à 3 jours

Les coordonnées figurant sur la carte des randonnées géolocalisées du 13 correspondent à l’apier (mur à abeilles) des Estrets creusé dans la falaise de safre à Jouques, et visible depuis la route (N43.6405983, E005.6193500).

[A propos des cabanes à la toiture couverte d’iris] Les iris ont été plantés […] pour consolider la couverture et pour protéger cette dernière de l’infiltration des eaux de pluie. Comme la plupart des cabanes ont une voûte clavée (pierres inclinées vers le sol), il est évident que, lorsqu’il pleut, l’eau ruisselle à l’intérieur et l’étanchéité n’est plus assurée. Une solution était alors de recouvrir la toiture de rhizomes d’iris, qui absorbent beaucoup d’eau. Extrait du site pierreseche.com, Jean Laffitte sur les cabanes de Jouques.

Les murs à abeilles de Provence, blog randomania plus
Un circuit dans les collines de Cornillon-Confoux permettant de voir un long mur à abeilles

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La chapelle Saint-Eucher sous la falaise des Rochers Rouges



Certes cela ne constitue ni une randonnée, ni une balade à part entière : vous pourrez donc ajouter cette découverte à la randonnée De Mirabeau au pont de Mirabeau ou quitter l’autoroute A51 pour la D996 entre Aix-en-Provence et Manosque. Mais ce coin est si chaud sous la falaise dorée de Roches Rouges, si respectable avec sa chapelle toujours entretenue, si romantique avec ses nombreux graffitis laissés par les gens de passage, si curieux avec sa ruche d’abeilles sauvages gavée de rayons de miel, que je ne peux résister au plaisir de vous en parler. Une marche de quelques minutes seulement.

La météo à cet endroit
avec prévisions à 3 jours

Falaises des Rochers Rouges

Des falaises hautes d’environ 80 m, s’étirant sur 1000 m au sud-est du village de Beaumont-de-Pertuis, creusée d’anfractuosités, grottes et avens exposés plein sud-est, d’où la présence d’espèces méditerranéennes en limite de leur aire habituelle de répartition. L’artiste Don Jacques Ciccolini a été inspiré par ces rochers. Et si vous observez bien sa toile, la petite chapelle Saint-Eucher y est représentée. Exposition « Don Jacques Ciccolini / L’atelier du paysage » en coproduction avec l’Atelier Cézanne et Michel Fraisset.

Chapelle Saint-Eucher

A peine visible depuis l’autoroute, la chapelle Saint-Eucher (Eucher, évêque de Lyon) intrigue ; lorsqu’on a la chance de l’apercevoir tout contre son rocher, on se dit, comme mon collègue qui passe devant chaque jour : ‘Il va falloir que j’y aille un de ces jours’.

Elle est entourée de plusieurs bâtiments en ruine, un ancien prieuré dépendant du monastère Saint-André à Villeneuve-les-Avignon. Un autel de pierre, une porte derrière donnant sur le presbytère, des murs sans décoration, ici tout est sobre mais entretenu.

Graffitis

Ce lieu, connu des locaux, est devenu lieu de pélerinage. Que d’inscriptions d’amoureux ou simples voyageurs ayant laissé définitivement la trace de leur passage ! Cela me rappelle les inscriptions rencontrées dans la bergerie des pierres écrites d’Abriès (Hautes-Alpes). J’ai pu ainsi retrouver Martine ayant gravé la pierre presque 50 ans auparavant, alors qu’elle était enfant !

Ici en 1901, deux italiens MOREL Cesare et Macchetto Virgilio ont mémorisés leur passage en ces lieux.

Ruche sauvage

La première ruche sauvage d’abeilles à miel que je découvre dans la nature. J’en avais entendu parler par la lecture d’un texte de Mistral lors de sa course au Rocher de Cire dans les gorges de la Nesque (voir les gorges de la Nesque, évocation de Frédéric Mistral). L’incessant ballet des abeilles que l’on peut observer avec une paire de jumelles, prouve qu’elle est toujours en activité.

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Pour terminer, nous passerons au monument en l’honneur des résistants tombés le 20 août 1944, 5 jours après le débarquement sur les côtes de la Méditerranée .

Image de l’itinéraire, 450m A/R, 16 m dénivelée, 15mn (quelques km sur la gauche après le pont Mirabeau en direction de Manosque sur la D996)

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*** Cabasse : entre légendes et histoire, entre falaises et sous-bois



Ce circuit est tiré du Rando Malin VarBruno Ribant, Frédéric Boyermémoires millénaires éditions, 2010 ; le guide sous le coude dans la montée vers le pylône et dans les sous-bois en direction de la Gastée, avec la description, et quelques hésitations, j’ai réussi à m’en sortir mais ce n’est pas facile : des indications de distances ou de durées entre deux croisements auraient été bien utiles.

La météo à cet endroit
avec prévisions à 3 jours

Partie d’un parking non loin de l’église, je suis montée sur route bitumée pendant un certain temps puis progressivement par le chemin des résistants et des parachutages. Piste DFCI M132 le Défens. La piste « le pylône » mène à une antenne que l’on voit de loin.  Un monument marqué de l’Association Nationale des Combattants Volontaires de la Résistance précède de quelques mètres celle-ci : ce plateau servit de lieu de parachutage durant la seconde guerre mondiale.

Le problème crucial à résoudre est celui de l’armement du maquis. Il faut prévoir des parachutages d’armes et de munitions […]. Pour ce faire, on a créé à Londres la S.A.P. (Section Atterrissage et Parachutage) dont la responsabilité pour le Var est confiée au Commandant Berthe. Le sud du département étant trop surveillé par les allemands, les parachutages ne seront possibles que dans le centre et dans le nord. […]. Dans la nuit du 27 au 28 mai, quinze conteneurs et dix paquets sont largués sur le plateau du Défends près de Cabasse. L’équipe de Vins récupère armes, munitions et matériel divers et le transporte […] dans la grotte de la Baume de Savoye. Extrait du site officiel de la commune de Vins sur Caramy

Avant de quitter les lieux, n’oubliez pas Belvédère, par papounet83 : d’un côté, un ciel festonné en dégradés de gris, de l’autre, une vue sur la falaise de Cabasse que j’atteindrai un peu plus tard.

La piste continue le long de la crête en s’en éloignant plus ou moins jusqu’à la citerne, là où serait l’oppidum de Castéou Sarrin.

Oppidum de Cabasse papounet83

Je quitte la crête et pénètre en forêt. Après un bout de piste bien rouge, ressemblant étrangement à la latérite des pays tropicaux (Si vous en êtes là, c’est que vous avez raté comme moi, le cairn et la piste de droite 250m après la citerne), la piste forestière devient plus classique. Des coups de feu retentissent ;n’ayant pas mon gilet fluo,  j’appréhende de devoir emprunter une piste à sangliers.  Je marche longtemps avant de trouver le petit cairn qui balise l’étroit sentier en direction de Combecave. Là, je ne suis pas rassurée : les chasseurs ne sont pas loin. On dirait que le sentier a été retourné, fouillé tant les pierres se dressent, indisciplinées, au milieu du sentier.

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Balade insolite sur les bords du canal du Verdon à Peyrolles en Provence



Balade insolite et sans grand danger sur l’ancien canal du Verdon (à vos risques et périls cependant…) pour qui sait faire preuve de prudence. Les berges sont généralement en bon état ; parfois un à-pic vertical de plus de 2 mètres de chaque côté, sur une berge étroite où le pied n’a que quelques centimètres d’espace libre de chaque côté, procure la sensation d’être un découvreur des temps modernes ; parfois au contraire, la marche se fait sur le sol à côté de la berge ; ou bien dans le canal dans lequel on peut se sentir enfermé, sans aucune visibilité sur le paysage environnant. Pas de balisage pour ce parcours inédit.

Ce canal désaffecté depuis 1970, a pris la relève du canal Zola devenu insuffisant. Le 15 août 1875, l’eau du Verdon arrivait à la fontaine de la Rotonde, traversant la Haute-Provence puis les communes au nord d’Aix-en-Provence. C’est une partie située sur Peyrolles que nous parcourons aujourd’hui. Je vous avais déjà présenté une partie sur Venelles jusqu’à l’aqueduc de Parrouvier.

IMG_7513.JPGIMG_7497.JPGNous partons de la citerne 250, citerne de la plaine de Leuze, écrite en grandes lettres avec deux fautes d’orthographe ! Pour l’aller, nous choisissons de marcher sur les berges qui réservent parfois la surprise d’un arbre mort qu’il faut enjamber : la balade commence à un premier tunnel qui ne semble pas d’époque suivi d’une martelière1. Quelques ouvrages d’art jalonnent le parcours : tunnels, pont-aqueduc2, passerelle. Les parois du canal sont parfois inclinées (ce qui permet de descendre dans le fond du canal sur les fesses !), parfois verticales. En fonction des terrains rencontrés et du type de protection des berges, les inclinaisons varient. Celles construites dans la terre sont plus inclinées pour ne pas s’ébouler. IMG_7498.JPGMathématiquement, la forme en trapèze est la plus économique, la plus facile à construire, et celle qui offre le moins de résistance à l’écoulement de l’eau. D’après Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées, Bruxelles, Librairie militaire de J.B. Petit, 1840, Tome 3, Alexandre André, Victor Sarrazin de Montferrier, Louis Puissant

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De Fontienne à Forcalquier en passant par le dolmen du Clot de Melly



IMG_0127.jpgPour faire cette randonnée, il faut laisser une voiture à Forcalquier et l’autre à Fontienne, près de l’église ; si vous disposez d’une journée entière, le retour en boucle sera toujours possible. Vous passerez par les rochers des Mourres, *** les formes insolites des rochers des Mourres, curiosité géologique unique au monde.

La journée devrait être pleine de surprises préparée mes compagnons de route pour mon anniversaire : je me suis laissée guider et j’espère que nous trouverons un des rares dolmens des Alpes-de-Haute-Provence, annoncé par Ch. Cotte de la Société préhistorique française dans sa séance du 26 juin 1912. Pour cela estoublon a imprimé un document qu’il a trouvé sur le site Persée.
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La grotte de Saint-Honnorat dans le massif de l’Esterel



Nous partons en direction du cap Roux alors que la météo vient tout juste de lever l’alerte orange. Nous ne savons pas s’il sera possible de grimper jusqu’à la chapelle. Avec le bleu du ciel, le rouge des roches de l’Esterel1, le vert des feuillages, les photos sont fortement contrastées par beau temps… pas aujourd’hui. L’endroit est sauvage, on y accède uniquement par des pistes ; on le découvre uniquement par des sentiers de randonnée.

C’est au cœur de ces rochers que le célèbre 51726DJN7KL._SS500_.jpgGaspard de Besse trouvait refuge en compagnie de ses hommes de main. Il avait également un refuge dans une grotte d’Ollioules qui porte son nom. Justicier au grand cœur, faisant forte impression aux dames, il s’insurgeait contre l’injustice sociale. Gaspard de Besse, c’est aussi un film de André Hugon avec Raimu, d’après l’œuvre de Jean Aicard (1935) ; ce sont des bandes dessinées, un documentaire historique de Christian Philibert, un autre film Gaspard le bandit de 2005 de Jacques Bens d’après son propre livre. Notre Robin des bois provençal fascine toujours.

« Dénoncé par une femme jalouse, il est arrêté une première fois en 1779 et s’évade au bout de quelques mois […] Capturé une seconde fois en 1780, il est transféré à la prison d’Aix. […] il est condamné à mort. Il meurt à l’âge de 25 ans, vêtu de ses plus beaux habits, au milieu d’une foule d’admirateurs… et d’admiratrices ».

Texte extrait de Le rando malin, Bruno Ribant, Frédéric Boyer, Mémoires Millénaires Editions, 2010

IMG_3549.JPGLes magmas acides ont donné des laves riches en gaz et très fluides : ce sont les rhyolites amarantes d’origine volcanique datant de 250 millions d’années qui ont donné cette couleur rouge si caractéristique de l’Esterel. Avec les mouvements tectoniques et l’érosion, il ne reste que des ruines de ce volcanisme : cheminées, culots et coulées dégagées par l’érosion au fil du temps. Seules les roches  les plus résistantes sont visibles : les rhyolites.

La météo à cet endroit aujourd’hui et à 3 jours
avec le vent

IMG_3540.JPGIMG_3542.JPGDépart par un escalier jusqu’à une esplanade où se trouve la source de Saint-Honnorat, où nous pouvons nous désaltérer. Nous entamons la montée sur un sentier caillouteux qui présentent toutes les nuances de rouges rendues brillantes par la pluie fine qui vient de tomber. Plusieurs fois, un merle bleu sautille devant nous, si près que nous en sommes surpris : il cherche peut-être à se nourrir après plusieurs jours de neige.

Honorat se convertit probablement à l’âge de 15 ou 16 ans ainsi que son frère aîné, Venantius avec qui il entreprend quelques années plus tard, un voyage en Orient. […] Malheureusement Venantius meurt lors de ce périple. Et Honorat, malade après ce séjour malheureux, revient en Occident afin de poursuivre son ascèse sous des cieux plus cléments. Après un bref séjour en Italie, […] il rentre en Gaule du sud pour s’installer d’abord comme ermite dans une grotte de l’Estérel, puis, fuyant les trop nombreux visiteurs, sur la plus petite des îles de Lérins où il fonde un monastère entre 400 et 410.

Voir dans ce blog Une île de Lérins : Saint-Honnorat

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