Du Carami à la chapelle Saint-Probace


Une randonnée tout en contrastes : d’abord à la fraîche, le long du Carami (ou Caramy) puis dans les sous-bois secs quasiment déserts. Ce jour là, le centre ville est totalement inaccessible : une foire à la brocante occupe les lieux et je dois me garer sur le parking de la cave vinicole. J’ai renoncé à ma grosse paire de chaussures de montagne pour les besoins du test de la paire de baskets Outdry (‘eau non incluse’) de Columbia, d’une couleur flashy ‘bleu clématite et gris rafraichissant’. Je ne les ai jamais portées et ma première impression est curieusement très favorable : je m’y sens bien, je ne ressens aucune contrainte, aucun frottement (les coutures latérales sont bien plates et ne gênent pas), elles sont très confortables. Je précise que je ne suis pas sponsorisée par la marque : pour tester et parler de ces produits techniques, j’ai mis la condition de rester libre de mes paroles.

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Au loin, le château de Valbelle et son obélisque dominent le village. La randonnée débute par une route goudronnée, le long du terrain de sport, route que je trouve un peu longue.

Moyennant un petit détour, vous trouverez la cache Notre Dame de la Salette, d’elia’s.

La route se transforme en chemin, à peu près au niveau du pont dit Romain. Le parcours le long du Carami qui zigzague est bien agréable et rafraichissant.

C’est là que j’ai décidé de tester la testpaire de baskets outdry. J’ai d’abord mis le pied dans le Carami le temps d’une photo, donc quelques secondes. Honnêtement aucune différence : pas de trace d’humidité, pas de changement d’apparence extérieure. J’ai même poussé le vice jusqu’à traverser à gué le Carami sans jamais avoir de l’eau au dessus de la chaussure. Ensuite, j’ai enlevé les chaussures pour vérifier que je n’avais pas les pieds mouillés. Ils ne l’étaient pas. J’ai trouvé ça incroyable et j’ai continué ma balade les pieds bien au sec. Moi qui suis sujette aux entorses, je me suis sentie en sécurité :  j’avais le pied bien tenu, la semelle est à crampons. Plein de technologie là dedans. Fabriquées en Chine, vont-elles durer ?

En chemin, le long du Carami deux caches vous attendent entre le parking du stade et la ruine de Rimbert : une sur la droite, le passage des Quercus Ilex, d’Elia’s, l’autre sur la gauche façon dont napoléon, varel-jones.

Voir également dans ce blog la randonnée sportive dans les gorges du Carami ; elle a fait l’objet d’un reportage dans Var Matin (25/01/2008) sur le thème du geocaching : les geotrouveurs varois sur la piste de drôles de trésors et les aventuriers du Carami.

Le CaramyLe Carami tout en contrastes soit, court comme l’eau vive, soit, offre des coins d’eau stagnante remplie de moucherons et de moustiques ; je les entends mais ne les vois pas ; ils se tiennent à distance, pas un ne vient me piquer alors que j’ai volontairement relevé les manches ; d’habitude, au pic des Mouches en particulier, une tribu de moucherons me taquinent quand je suis en nage. Là, aucun. C’est peut-être bien dû au rôle assuré par la testchemise insect blocker – assortie fort élégamment aux baskets – qui tient les insectes à distance. La fibre contient un insecticide efficace sur 70 lavages, mais je vous rassure, ça ne sent pas ! Je n’en suis qu’au second lavage. Que vaut-il mieux pour la santé et la protection ? le spray anti-moustiques (collant et odorant) que l’on met directement sur la peau ou ce vêtement qu’il faudra remplacer tôt ou tard ? si l’on est sûr de rencontrer des moustiques là où on va, en effet, cela peut être le bon choix ; mais attendons confirmation avec le test de la Camargue…

Je passe devant la ferme Rimbert. Au panneau directionnel signalé ‘le clos de monsieur Aubert’, je continue un instant tout droit pour goûter au Carami sauvage où il est possible, même en juillet, de trouver un coin tranquille pour se dorer au soleil ou manger. Le sentier se rétrécit, barré parfois par des arbres tombés ; je passe quelques chaos rocheux. En continuant il serait possible de rejoindre l’ancienne mine de bauxite1 de Tourves.

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Le torrent de Barnafret, la mère des fontaines


Petite balade familiale bien agréable en forêt de Morgon : fraîcheur, calme en bordure du torrent de Barnafret au pied du Grand Morgon. Long de 5km300, il traverse 3 communes. Le préfet des Hautes-Alpes au début du XIXè siècle ne parlait que de pauvreté et drames en évoquant Savines. Les temps ont bien changé avec Serre-Ponçon.

Le mandement de Savines ne tire de la forêt de Morgon et d’une autre […] que des ressources à peine suffisantes au chauffage, à la construction et l’entretien de leurs bâtiments. l’administration ne doit leur y permettre de coupes extraordinaires qu’en cas d’incendie, ou afin de couvrir les frais de digues contre la Durance et le Réallon. Histoire, topographie, antiquités, usages, dialectes des Hautes Alpes, J.C.F. Ladoucette, Paris, 2ème édition, 1834

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Tout en petites montées et descentes, le sentier longe le torrent, passe et repasse sur le Barnafret par de petits ponts de bois. Un ancien aqueduc à droite du sentier, acheminait l’eau depuis les sources captées, elles-mêmes reliées aux citernes les plus basses. En été, lorsque leur débit faiblissait, un ingénieux système de déviation du ruisseau était activé. L’eau traversait plusieurs citernes en cascade ; elles constituaient chacune un filtre, une réserve avant d’être envoyée dans la canalisation en terre cuite qui alimentait les fontaines du village et les jardins. D’après le panneau d’information sur place.

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Le viaduc de Chanteloube : dans l’eau !


Un viaduc de chemin de fer dans l’eau, oui, c’est bizarre mais ça existe dans les Hautes-Alpes, à Chorges. La construction d’un embranchement Chorges-Barcelonnette commence en 1909. La Première guerre mondiale ralentit les travaux. En 1935, alors que le premier tronçon de 27,7 km est pratiquement terminé, il est décidé d’abandonner la construction de la ligne. Puis la mise en eau du barrage de Serre-Ponçon le submerge ; le Grand-Pré est inondé, le torrent des Moulettes de 1900 devient l’anse des Moulettes sur la carte d’aujourd’hui.

Le plan Freycinet, voté par le Parlement en 1878, prévoyait que toutes les préfectures et sous-préfectures de France seraient reliées au réseau ferré national. Hélas, la desserte de la sous-préfecture de Barcelonnette ne sera jamais achevée. Bulletin PLM n° 39, Mai 1935, Direction de la Compagnie PLM1, Paris

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Direction des Hyvans, mais sans aller jusque là ; à l’embranchement, nous prenons la route la plus à gauche et stationnons à côté de la maison. On accède rapidement au lac par un sentier en sous-bois annoncé par un panneau « Le Lac ». Comme il pleut un peu, le sentier est glissant ; Lilou, 5 ans 1/2, trébuche mais ne se dépare pas de sa bonne humeur : première de cordée, elle mène la tribu des trois adultes jusqu’au bord du talus un peu haut pour elle. Le lacElle s’approche de l’eau : elle aimerait se mouiller et monter sur le pont sans rails comme les autres enfants mais nous ne sommes équipés que pour la pluie, pas pour le bain.

Le niveau de l’eau ayant remonté, une partie du viaduc de Chanteloube plonge sous l’eau. Il parait court sur pattes maintenant qu’il a les pieds dans l’eau et pourtant sa pile centrale est haute de 61m ; long de 300m, il comprend 6 voûtes de 27m d’ouverture. Tracé en S avec raccordements paraboliques, il cumule toutes les difficultés d’implantation. Il est en déclivité constante de 21mm/m de la rive gauche (côté Chorges) vers la rive droite (côté Hyvans). Aucune recherche esthétique particulière : ‘les moellons sont anonymes et de petit appareil’ ; tels sont les principes de Paul Séjourné2 pour ces sortes d’ouvrages.

SP09 Autour du lac : viaduc de Chanteloube par Ti’Mars…, trouvé sans la photo spoiler.

Itinéraire d’accès au lac (impossible cependant d’y aller avec une poussette) de 1km400 30mn A/R 72m dénivelée pour une baignade des plus originales aux abords du viaduc.

1P.L.M. : Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, l’un des ancêtres de la SNCF et de la ligne Paris-Lyon-Marseille
2Paul SEJOURNE (1851-1939) a dirigé le Service de la Construction du PLM de 1909 à 1926. A ce titre, il est aussi le concepteur de la ligne Miramas – l’Estaque