Impossible de trouver ce site à Fontienne si l’on n’est pas introduit par un habitant ou par quelqu’un qui connait. Aménagé et modelé par l’homme pour l’exploitation agricole, il a été restauré par la communauté de communes du pays de Forcalquier et de la montagne de Lure avec l’aide de l’association Alpes de Lumière. Elle a adopté un concept original : en faire un site « réhabilité » conjuguant l’accueil des visiteurs, les promeneurs et l’activité traditionnelle de parcours des chèvres. Quelques membres passionnés nous ont fait visiter ce site lors des journées du patrimoine.
* Itinéraire jusqu’au cabanon
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Un sentier longeant de vastes terrasses cultivables soutenues par des murs perpendiculaires vous emmène jusqu’au ravin de la Longière que les villageois appellent vallon de l’Eau Salée, nom qui figure sur le cadastre napoléonien de 1836. Les éleveurs y font encore paitre leurs troupeaux.
Le long du sentier botanique qui descend doucement jusque dans le vallon, quelques végétaux, arbres et arbustes sont présentés : depuis le « poivre d’âne » jusqu’à la viorne en passant par l’alisier ou la lavande fine qui s’étend jusqu’aux crêtes de Lure.
Le cabanon Sube : il porte le nom de son propriétaire ; couvert de lauses à
quatre pentes, sophistiqué, enduit et agrémenté d’une terrasse et d’une plaque d’envol pour les pigeons, à 3 niveaux (dont une cave), il avait plusieurs fonctions : stockage, élevage, séjour. La sauge officinale a survécu au long abandon du cabanon, sur le pas de la porte, à l’endroit de la terrassse d’agrément. Une citerne sous la cave a été déblayée lors de la restauration. Bref une cabane des vignes cossue comme il est rare d’en découvrir
en pleine nature.
Le cabanon du rocher, construit près des sources, directement sur un rocher, n’a pas de toit, personne au village ne se souvenant en quoi il était fabriqué. Il pouvait abriter temporairement des hommes et leurs bêtes.
Un spectacle Jean des Pierres, écrit par l’historien Jean-Yves Royer, nous est présenté en plein air. Récit en français (Jean Marotta) et chants en provençal (René Sette, murailleur et caladeur) me permet de comprendre presque toute l’histoire de cet homme qui parlait aux pierres. « Il fut un temps où vous n’auriez trouvé personne, dans tout le pays, pour monter une muraille en pierre sèche, sans aller chercher Jean des pierres. Lui, et lui seul, comprenait ce que disent les pierres quand le vent leur souffle dans le dos… »
A la fin de la visite, le maire de Fontienne et son conseiller, fiers de la réhabilitation de leur patrimoine rural, sont venus partager avec nous l’apéritif (j’ai goûté l’orange Colombo, fabriqué à la distillerie de Forcalquier : je ne vous en dis pas plus) et les spécialités du pays, dont un fromage de chèvre au goût unique, et croyez-moi, je m’y connais car je ne mange que du chèvre ! Un plaisir simple qui me laissera l’impression d’avoir été privilégiée.
Pour une visite accompagnée oti@forcalquier.com





Pour soigner la peste, un élixir célèbre « le vinaigre des 4 voleurs » était constitué de vinaigre blanc dans lequel étaient diluées diverses plantes. A l’époque, les gens étaient persuadés que la peste était une punition divine pour leur mauvaise conduite. Par panique, beaucoup de membres du clergé s’enfuiront, laissant les pestiférés mourir sans confession.


De fait, ni poutre, ni coffrage, n’étaient nécessaires. Chaque rangée de pierres avance sur la rangée inférieure de la moitié de son épaisseur environ. Pas de porte, une seule fenêtre. Voilà qui est sommaire mais les hommes ne vivaient pas dans les bories. « Pour construire en pierre sèche, il faut de la patience, un bon coup d’oeil, assorti d’un bon coup de mains qui savent sentir si la pierre est à sa meilleure place, et une bonne résistance physique. Une borie peut peser entre 30 et 200 tonnes et utilise de 200.000 à 300.000 pierres. »