Photo panoramique : mais quel est donc le nom de cette montagne ?


Combien de fois cela m’est-il arrivé de faire la photo panoramique d’une chaîne de montagnes et d’être incapable d’en donner le nom alors que je vis dans la région ! cela m’a tellement énervée de ne pas comprendre que je me suis remise quelque peu à l’optique photographique. S’il vous est arrivé de ne pouvoir identifier les montagnes environnantes, ou si vous avez simplement un doute, lisez cet article jusqu’au bout.

Pourquoi est-ce difficile ?

Je vais essayer de vous l’expliquer à partir de cette photo qui m’a posée problème pendant des semaines (focale équivalente 35mn, 0m d’altitude, Saint-Mitre les Remparts, Figuerolles, angle de vue plein Est ; au premier plan, le plateau de Vitrolles) le plateau de Vitrolles, la chaîne de l'Etoile Indépendamment des conditions météo qui peuvent gêner l’identification :

– une photo est une représentation plate d’un relief : une montagne à 10km de vous est représentée sur la photo sur la même surface plane qu’une autre à 40km de vous ; ce qui vous fait dire qu’elle est plus loin c’est le manque de netteté ou d’intensité de couleur. Sur la photo, trois plans de reliefs peuvent être facilement repérés : le premier plan (15-30 km, plateau de Vitrolles), le second plan (une seule chaîne de montagne en apparence, 30-40 km environ), un dernier plan aux extrémités avec deux formes de couleur gris très clair (plus de 40 km).

– sur cette photo prise au niveau de la mer, une montagne de 880m de haut située à 58km de moi a la même taille que le plateau de Vitrolles haut de 200m située à 15km de moi ; ce plateau à l’avant-plan masque donc totalement la montagne la plus haute (le mont Aurélien) : c’est ce que je ne comprenais pas lorsque j’ai cherché pour la première fois les montagnes que je devais voir.

– deux montagnes proches et l’une derrière l’autre, donnent l’impression de faire partie de la même chaîne

– selon le point de vue, la montagne n’a pas la même forme ; si vous êtes habitué à voir la face Est d’une montagne, il est possible que vous ne la reconnaissiez pas quand vous verrez sa face nord. Exemple de la montagne Vautubière ci-dessous : vautubiere 4 faces – le champ de vision de votre appareil photo dépend de la focale et de la taille du capteur. Le champ de vision en largeur de mon iPhone s’étale sur 58° environ ; ce fut ma seconde erreur : chercher les sommets trop près de l’axe central de ma vision ; à 30km de distance, il faut chercher les sommets 15km de chaque côté de l’axe central. La carte IGN TOP 25 qui ne couvre qu’une surface d’environ 20km sur 14 ne peut donc vous renseigner que sur le premier plan. angle vision st mitre 58 E Continuer la lecture de Photo panoramique : mais quel est donc le nom de cette montagne ?

Saint Martin les Eaux


Panneau d'information sur le parkingJ‘ai téléchargé la trace sur le site randogps.net. Parking à l’entrée du village sur la D505. Je repars à pied par où je suis venue, en direction de la fameuse source sulfureuse dont j’ai l’intention de parler dans mon article.
Je repère dans le virage en épingle le sentier qui part sur la droite, descend au niveau de la rivière. Dans la source sulfureuse, je remarque les algues filamenteuses blanches qu’avait étudiées Eugène Plauchud, à la source de la Laye, en 1877. Pasteur en avait fait l’objet d’une communication à l’académie des Sciences, preuve que le pharmacien Plauchud n’était pas qu’écrivain (Le Diamant de Saint Maime, Au Cagnard, L’amo de Canelo) mais aussi scientifique. Curieusement, aucune mauvaise odeur caractéristique ne s’échappe alors que lors de mon dernier passage en 2010, l’odeur d’œufs pourris (de l’hydrogène sulfuré H2S) m’avait presque incommodée. D’un point de vue géologique, le soufre provient de la dissolution des formations sédimentaires évaporitiques de la région de Manosque (extrait de la lithothèque)
Ces eaux ayant été exploitées ont donné leur nom à Saint-Martin les Eaux qui a remplacé Saint-Martin-de-Recanas. Je cherche les ruines de l’établissement thermal.

Mais au loin, c’est un drôle de pilier qui se dresse là, mais plus aucun bâtiment ; je pense m’être trompée et cherche bien au delà mais il n’y a plus rien. Tout a été détruit. Juste quelques vieux tuyaux et un chauffe-eau abandonnés près de cette fontaine qui suinte par les trous de sa surface. Du bâtiment, il ne reste que le socle de béton. Je remonte jusqu’à la route et questionne un couple qui me confirme que tout a été détruit ; quand j’étais passée en 2010, quelques tuiles ARNAUD ETIENNE de la tuilerie de Saint-Henri (Marseille) jonchaient le sol ; aujourd’hui, un panneau m’apprend que les lieux sont en cours de réhabilitation. En effet, ils ont été nettoyés, le sentier bien tracé est remblayé de morceaux de briques et de pierres probablement issues de la démolition. Cela incitera-t-il les promeneurs à faire un détour ?


2010 
Signalées dès 1784 par M. Darluc, les eaux de Saint-Martin de Renacas ont fait depuis la réputation de cette petite commune. Ces eaux minérales sulfureuses furent autorisées par le Ministre du Commerce le 30 décembre 1884. En 1903, cette source prend l’appellation de Renacas, puis de Château et enfin d’Huguette en 1933. Son débit est d’alors de 25 à 60 l/min. Ses eaux sont commercialisées sous différents noms : Eau de Renacas en 1903, puis du Château, puis source Huguette à partir de 1933. L’activité cesse définitivement le 6 mai 1942.
En 1894, une vieille famille martinoise, les Arnoux-Lestienne devient propriétaire des sources sulfureuses, et du Château qu’elle transforme en hôtel thermal. D’après le site Saint-Martin les Eaux

Le bâtiment des bains est à nouveau rénové en 1930 par la famille Arnoux, le chauffage à bois de l’eau a été remplacé par une chaudière à charbon. A partir de cette date, on ne boit plus bucoliquement à la source […]. Les propriétaires ont fait faire une vasque à l’intérieur du bâtiment. C’est Charles Lestienne qui fait office de masseur. Il est porion1 à la mine de Villémus […] mais pendant les quelques mois de la saison thermale, il […] règne sur les quatre baignoires en marbre. Extrait du journal Bas-Alpin

Les eaux de Saint-Martin, par Asse2Blx

Je quitte la route et emprunte un étroit sentier tout en montée ; au carrefour suivant, un village perché apparaît en ligne de mire. Au niveau du ravin de Coste Longue, un passage canadien, que l’on rencontre habituellement en montagne ; leur principe est simple : ils sont disposés sur une petite fosse sur laquelle sont placés des rouleaux métalliques ; les bêtes ne la traversent pas car elles en ont peur, alors que tous les véhicules passent sans problème. Sur le côté, un portillon étudié pour se rabattre dès qu’on le pousse permet aux piétons de franchir la clôture ; une manière de réconcilier éleveurs et randonneurs.

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Les moulins de Fontvieille


Je teste aujourd’hui un circuit décrit dans le livret de la collection testLes plus belles balades & randonnées en France, à la campagne, Coll., Glénat, 2013 – 5€. J’avais été fortement impressionnée par les promesses de ce guide mais déçue par la première balade sur le terrain le jas d’Estelle et celui de Simon ; aujourd’hui je découvre celle des moulins de Fontvieille1, dont je connais une partie des centres d’intérêt.

J’ai choisi de me garer sur un parking public près du château de Montauban ; j’aurais pu choisir celui qui est à l’intérieur du château mais n’ai pas trop aimé la contrainte de l’heure de fermeture (17h30 en hiver et 19h en été). Le circuit Daudet longe le mur de pierres du château par une voie charretière (borne 7), romaine assurément, sur laquelle on reconnait nettement le passage des chariots transportant les pierres ou le blé. A ne pas confondre avec une voie à ornières qui peut être comparée à des rails de tram : le guidage des roues des chariots se fait au moyen de rainures que l’on a taillées dans le sol rocheux (un bel exemplaire se trouve à Pélissanne). La coquille Saint-Jacques du panneau rappelle que le chemin de Saint-Jacques de Compostelle passe par ici ; quelques points numérotés du parcours Daudet signalent des points d’intérêt (borne avec un numéro et le symbole d’un moulin) dont je n’ai pas le descriptif ; par exemple la borne 8 est placée près d’un canal d’irrigation. L’office du tourisme, que je remercie vivement, a accepté de me donner quelques indications sur ce parcours qui n’est pas encore édité officiellement. Je vous en dévoile quelques unes.

La piste forestière monte progressivement sur les crêtes en traversant une forêt de pins assez clairsemée. De multiples chemins de traverse sont autant d’erreurs possibles mais le guide précise bien la couleur du balisage qu’il faut bien chercher parfois. Au sommet, le point de vue annoncé n’est pas très spectaculaire ; à la citerne, je tourne à droite comme indiqué et traverse une première oliveraie. Là où il peut y avoir confusion c’est quand l’auteur écrit …elle coupe une autre piste puis longe une seconde oliveraie à droite ; si l’oliveraie est à droite, il faut tourner à gauche ; peu importe la piste que vous prendrez, les deux chemins mènent au même endroit. Presque toutes les olives noires des champs d’oliviers ont été ramassées ; grimpés sur un escarasson, quelques travailleurs terminent la cueillette à la main.

A la descente, au niveau du canal, la piste longe la route en larges zigzags ; au carrefour de pistes, je rejoins la route en traversant un petit pont sur lequel sont peints des traces de balisage. Après quelques centaines de mètres sur la route, l’aqueduc romain, plutôt les deux aqueducs romains, offrent une belle ligne de vestiges : des morceaux de piliers, le radier, des arches écroulées ou encore en place. En le suivant sur la droite, j’arrive dans le radier, entouré de deux piédroits gardant les traces d’escoude à l’endroit de la pierre percée. Dominant le vallon, à mes pieds sur une pente raide, les ruines des moulins de Barbegal, une véritable usine romaine composée de deux séries de 8 moulins séparées par un escalier central.
Un visiteur termine la visite guidée qu’il a offert à ses amis ; il me laisse une carte des aqueducs ainsi que la photo de la maquette des moulins, visible au musée de l’Arles Antique. C’est vraiment plus facile de décoder le site avec ces documents en main. Ce musée abrite désormais un trésor national : la barge romaine restaurée.

En savoir plus sur la barge romaine Arles-Rhône 3

Les aqueducs et moulins de Barbegal, theFunCouple

La meunerie romaine de Barbegal : 61m de long, 21m de large, sur une pente inclinée à 30°. Construits probablement sous le règne de Trajan (vers 100 après J.-C.), pendant l’apogée d’Arles, les moulins ont produit la farine dont la ville avait besoin. Fin de son utilisation : 260/270.

Le bassin de convergence, découvert en 1990, assurait la convergence de deux branches de l’aqueduc d’Arles, avant la construction des moulins.
Le bâtiment de la meunerie était enfermé dans une enceinte. Tout en bas de la pente, le mur sud délimitait une avant-cour où aboutissaient les émissaires évacuant les eaux qui avaient actionné les roues des moulins.
De chaque côté, vers l’extérieur, huit biefs2 étaient aménagés l’un au-dessous de l’autre, […] actionnant seize roues. Entre l’escalier central et chaque bief étaient édifiées les chambres3 abritant les mécanismes de mouture. Selon les niveaux, la meule se trouvait à l’étage supérieur ou inférieur de la chambre. Dans les chambres inférieures, le fond du bief était au niveau de la fosse du moulin et les meules étaient placées sur un étage supérieur ; la transmission se faisait de bas en haut. Les biefs étant en surélévation dans les chambres supérieures, la transmission se faisait de haut en bas et les meules se trouvaient au-dessous de l’engrenage. […] Une goulotte de bois amenait l’eau en avant de la roue. Elle tombait dans les augets4 (« par en dessus »), qui, une fois remplis, faisaient tourner la roue par leur poids ; la rotation s’effectuait dans le sens du courant. Selon P. Leveau site Traianus.net

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