Le lac Egorgéou depuis l’Echalp, hameau de Ristolas


La précédente fête régionale de la randonnée à Volonne m’avait beaucoup plu. J’étais curieuse de savoir si l’ambiance 2009 de la fête départementale de la randonnée du 05, serait la même que celle de 2008. Toutes les photos de la randonnée Echalp – lac Egorgéou (20 juin 2009)

Tourisme et randonnées en Queyras, moteur de recherche géographique, photos hiver/été, descriptifs randonnées, hébergement, forum, etc.

jingle_queyr_de_l_ours.jpgMalgré une organisation de dernière minute, le comité a bien assuré. J’ai trouvé ma chambre au Queyr’ de l’Ours à Ristolas1, seul village du massif bâti à l’ubac2 et siège de la Maison du Parc Naturel Régional. La patronne est un vrai régal de naturel et de jovialité ; je passerai une partie de la soirée à discuter du Queyras, de la vie au village, des informations erronées qui ont circulé cet hiver sur l’impraticabilité des routes, etc. Mon téléphone portable ne captait pas mais le wifi fonctionnait bien : rare dans un gite ! Le couple de propriétaires élèvent des lamas pour accompagner les randonnées de plusieurs jours. Voir sur leur site la galerie photo du Tour du Viso. Une idée que je garde en mémoire maintenant que je sais que la mauvaise réputation des lamas est injustifiée…

Les Alpes en…  lama, l’Express, 20 juillet 2006

La météo aujourd’hui à cet endroit :
avec la température ressentie

ristolas_sous_la_neige_photo_O_Cousin_CRS_secours_en_montagneNous sommes 10 à partir pour le lac Egorgéou. Nous empruntons la passerelle de bois sur le Guil3. Ses rives, endommagées par les avalanches de l’hiver, témoignent du désastre : glissières enfoncées, ornières de boue, arbres déracinés, sentiers inaccessibles, caravanes détruites,… Dès le départ, n’ayant pas deux bâtons de randonnée comme les autres, je m’entends dire que j’aurai du mal à traverser les névés. Ristolas, 18 décembre 2008 : L’avalanche de la Fourche. Ci-contre une photo prise fin décembre 2008 par un CRS, empruntée au site briancon-escalade

IMG_1715r.JPGIMG_1670r.JPGJe passe le premier névé4 dans les pas de ceux qui me précèdent. La neige est légèrement craquante  mais je sens que dessous, ça glisse.  Nous nous arrêtons au pré de la Médille, à l’endroit exact où a été prise la photo de la couverture de la nouvelle éditon du topoguide Tour du Queyras, parc naturel régional du Queryas, FFrandonnée, 11ème édition, mai 2009. Le fameux mont Viso, 3841m, le plus haut sommet des Alpes occidentales en région italienne du Piémont, se reconnait facilement sur le fond de ciel bleu. Au pied de cette montagne, le Pô, le plus long fleuve d’Italie, y prend sa source.

La montée est rude ; sans acclimatation à l’altitude, je monte à 130 battements par minute et je ne récupère pas assez vite. Deux randonneuses (un mèdecin et une infirmière, que vouloir de mieux ?) m’aident à gérer les difficultés de respiration. J’arriverai finalement avec une demie heure de retard mais le spectacle du lac me récompensera de tous mes efforts.

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IMG_1681r.JPGIMG_1688r.JPGLe lac Egorgéou est limpide comme un miroir, c’est un miroir. Malgré le froid du torrent, un groupe de randonneurs traverse le lac pour rejoindre l’autre rive. Tous de sexe masculin, nous – presque toutes de sexe féminin -, je les soupçonne d’avoir voulu frimer ! près d’eux, le torrent de Bouchouse se faufile sous la neige glacée et chute avec bruit dans le ravin.

IMG_1698r.JPGAprès le pique-nique, c’est la sieste au son de mélodies irlandaises. Le son clair de l’harmonica au milieu de la nature, au creux des montagnes, est une incitation à une sereine rêverie, un moment d’émotion privilégié que je n’oublierai pas. On en redemande et Jean-Pierre parcourt son répertoire musical, entrecoupé de courtes leçons sur l’apprentissage de cet instrument.

IMG_1682r.JPGIMG_1683r.JPGIMG_1687r.JPG

fleur_mélèzeNotre guide, Jean-Paul, l’oeil aiguisé par des années d’observation dans les Alpes, nous indiquera la présence d’animaux sauvages (bouquetins, marmottes). A moi qui suis la seule à ne pas connaitre le coin, il me montre les mélèzes en fleurs. Etonnée d’apprendre qu’on peut en faire une liqueur, je reçois aussitôt 40 fleurs fraichement cueillies (photo empruntée au site natuxo), et note la fameuse recette. Maintenir les fleurs bien fraîches jusqu’à mon retour, fut pratiquement impossible mais j’ai tenté quand même l’expérience. Le résultat prochainement…

  • 40 fleurs de mélèze
  • 1/2 litre  d’alcool à 90°
  • une bouteille vide contenant l’alcool et les 40 fleurs que l’on bouche

Au bout de 2 jours, dit Jean-Paul (40 jours, disent la plupart des internautes), on filtre le mélange. On verse 1/2 litre  d’eau dans une casserole, on ajoute 40 sucres en morceaux, et on fait chauffer l’ensemble pour que le sucre se dissolve bien dans l’eau. Enfin, on ajoute le mélange (eau + sucre) au mélange (alcool + fleurs de mélèze), tous deux à la même température. On obtient une liqueur à 45° d’alcool.

IMG_1766.JPGQuant au pin cembro, seul conifère à perdre ses aiguilles, il m’apprend qu’il a cinq aiguilles et que c’est le pin dont on mange les pignes en salade ou sur un gâteau. « Le pin cembro (Pinus cembra), appelé aussi pin des Alpes, se développe entre 1700 et 2400 mètres d’altitude, là où les hivers sont très longs et les températures rigoureuses. […]. Les cônes […] tombent sans s’ouvrir la première année. […] Adulte il mesure jusqu’à 25 mètres et son espérance de vie est de 600 ans. Son bois, facile à travailler, est utilisé pour la contruction de meubles, qui protègent dès lors leur contenu des insectes. Chacun de ses cônes peut contenir une centaine de pignes qui constituent un véritable festin pour l’oiseau appelé casse-noix moucheté. Celui-ci extrait les graines des cônes du pin qu’il casse avec son bec et enfouit sous terre dans plusieurs centaines de caches disséminées sur son territoire de reproduction pour constituer des réserves. »

IMG_1705r.JPGArrêt aux pierres écrites le long du sentier. Qui donc a gravé ces messages éternels sur les pierres à l’aide d’un burin et d’un marteau ? des bergers  installés là pour plusieurs mois en période de transhumance ? Abriès est réputé pour le nombre de celles-ci. « Sur les frontons des façades jusqu’aux rochers de montagne, les colporteurs et bergers avaient l’habitude de signer leur passage en inscrivant joies et frayeurs ».

Ci-contre, vous pouvez lire « 1901 BARIDON JEAN » au sein d’une croix boutonnée, ce qui me fait penser que cet homme devait être protestant. Quel talent pour graver dans de la pierre de si petites boucles ! Le nom est répertorié comme vaudois sur le site Info-Bible. En cherchant sur internet, j’ai peut-être trouvé sa généalogie : il pourait être né à Bobbio Pellice en Italie, village proche du Queyras. L’hypothèse qu’il soit venu travailler dans le Queyras est donc possible. « De part et d’autre des cols, le traffic était incessant ; en l’absence de main d’oeuvre familiale installée durablement , on fasait appel aux piémontais pour les travaux de récolte et les activités pastorales. Certains immigrés s’installeront à la place des familles parties définitivement ». (extrait de Parc naturel régional du Queyras, coll., Gallimard Loisirs, 2006). C’est peut-être le cas de cette famille BARIDON dont le nom se retrouvait à Freyssinières au XIXème siècle et aujourd’hui à Dormillouse. J’ai averti le propriétaire de cette généalogie. J’attends sa réponse…

La réponse est venue de Chirstel qui parle ainsi de son arrière grand-père :

Le Baridon dont vous évoquez les écrits est mon arrière pépé ! Jean, qui est effectivement né à Bobbio Pellice (val italien peuplé pour l’essentiel de protestants francophones) a « passé » la frontière (si tant est qu’on puisse parler de frontière à l’époque) au début du siècle dernier avec son épouse Anne et tous ses enfants sont nés dans le Queyras. Il a choisi de venir vivre en France avant la première guerre mondiale parce qu’il voulait que sa descendance soit française. Pour quels motifs ? On ne le sait pas bien en fait. Quant à son métier, là c’est plus trouble pour moi mais je sais qu’il a été garçon de café, berger… mais concrétement je ne sais pas quel a été son métier principal.
La maison de famille situé à l’Echalp a été emportée par une avalanche mais les ruines persistent au village.
Et oui tout le monde connaît la croix de l’arrière pépé 😉

La croix huguenote aurait emprunté à la croix du Languedoc […] les boules ou perles qui en garnissent les pointes. Les huit pointes munies de « boutons », par allusion à ce que l’on met sur un fleuret d’escrime pour le rendre inoffensif, rappellent les béatitudes.

IMG_1706r.JPGL’autre pierre est datée d’un « IX ? Pierre Rua » ou Ruz. La photo a été contrastée pour une meilleure lisibilité. Mais je ne suis pas certaine du nom de famille. Que lisez-vous ?

IMG_1714r.JPGIMG_1713r.JPGLes névés n’ont plus la même consistance au retour. La surface molle cache une couche inférieure plus glissante ; marcher dans les pas de celui qui précède s’avère plus risqué qu’à l’aller. L’unique bâton ne parviendra pas à m’empêcher de glisser sur la moitié de la traversée. Une glissade sur les fesses, bâton levé, qui se terminera sur le côté opposé, heureusement pour moi, pas dans le sens de la pente… Ce qui me rassure, c’est que je ne serai pas la seule à finir au sol (oeil_image.jpgclin d’oeil à Claire).

Le petit Queyrassin

Lac_Egorgéou 11km_A/R 4h30_720m_dénivelée

De ce week-end je tirerai trois leçons pour les randonneurs non montagnards :

  1. se réserver une journée d’adaptation à l’altitude avant de faire une quelconque ascension ;
  2. utiliser deux bâtons de randonnée ;
  3. emporter des barres de céréales et une poche à eau permettant de s’hydrater de façon constante.

Quant à la réponse à la première question sur l’ambiance dans les clubs FFR : je vous le  confirme, c’était très sympathique, je ne me suis pas sentie délaissée un seul moment bien que non membre de l’Association des randonneurs et baliseurs du briançonnais. Merci à tous ceux qui étaient présents !

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1Ristolas : du latin Rivus Tollens signifiant ruisseau destructeur
2ubac : versant d’une montagne qui est exposé à l’ombre
3guil : toponymie locale, eau courante tumultueuse
4névé : amas de neige durcie qui aboutit à un glacier. Selon le dictionnaire Reverso : état particulier de la neige qui n’est pas encore arrivée, par la compression et par d’autres causes, à être la glace du glacier. Le névé est situé immédiatement au-dessus de la ligne où commence le glacier

*** A l’ombre du rocher de Roquebrune


La journée est organisée par l’ASER (Association de Sauvegarde, d’Etude et de Recherche pour le patrimoine culturel et naturel) que j’apprécie énormément tant elle propose des journées qui correspondent à ce que j’attends : de la marche, des découvertes de notre patrimoine local souvent riche mais peu connu, de la convivialité. Et des visites gratuites de plus ! Je peux alors poser des questions et y trouver de quoi vous faire partager mes découvertes. J’adresse mes remerciements à Philippe Hameau de l’ASER, qui a accepté de relire cet article.

La première visite prévue est pour la glacière située à l’intérieur de la Maison du Patrimoine, dans l’impasse Barbacane, sans doute l’ancienne rue de la glacière, comme dans beaucoup de villages provençaux. La communauté a racheté tôt le droit de faire de la glace. Des travaux de restauration du bâtiment municipal ont permis la découverte de cette glacière du XVIIe siècle exploitée par l’évêché de Fréjus qui en assumait l’entretien (On sait qu’en 1664-65 elle avait fait l’objet de réparations). Mais c’est devant une maison fermée qu’Ada nous expose ce qu’elle a découvert dans les archives.

Sur le thème de la glace, visitez le musée de la glace !

Nous passons devant le cadran solaire créé en 2005, situé en bas de la rue Grande André Cabasse  (ci-contre carte postale ancienne de la rue) : certains s’essaient au calcul de l’heure légale à partir des indications fournies mais ça paraît bien compliqué. Le temps solaire n’est pas aussi uniforme que le temps de nos montres : il faudra donc ajuster par rapport au temps moyen, en fonction de la saison. Contrairement à l’heure solaire qui dépend du lieu, l’heure légale est identique sur tout le territoire : il faudra donc apporter une seconde correction due à la longitude de Roquebrune. Je dirais (simplement ?) de faire le calcul en 4 étapes :

  • Lire l’heure locale de Roquebrune au soleil grâce à l’ombre du style sur le cadran ;
  • img_0863.jpgcorriger ce temps solaire : c’est l’équation du temps (site de l’Institut de mécanique céleste et calcul des éphémérides)  ; en été la terre se déplace moins vite qu’en moyenne : pour le 19 avril à peine -1mn de correction ;
  • Roquebrune étant à l’est du méridien de Greenwich, ajouter les 26mn de décalage (on trouve les coordonnées dans un atlas géographique), calculée à partir de la correspondance 24h correspond à 360° (rotation de la terre en 1 journée) ;img_0864.jpg
  • L’heure légale en France l’été étant égale à UT (Temps Universel) +2, ajouter ces deux heures.

Il était 9h40 au soleil quand nous avons quitté le centre du village ; l’heure légale était donc : 9h40-0h1′-0h26’+2h=11h13 à nos montres. Il est temps de partir pour la chapelle Saint-Roch.

img_0874.jpgSaint-Roch s’arrêta dans plusieurs villes d’Italie atteintes par la peste ; il s’employa à servir les malades dans les hôpitaux. Pendant 3 ans il s’occupa des malades à Rome. Il finit par attraper lui-même la maladie et se retira dans une forêt près de Plaisance pour ne pas infecter les autres. Seul un chien vint le nourrir en lui apportant chaque jour un pain dérobé à la table de son maître. Ce dernier, intrigué par le manège de l’animal, le suivit en forêt et découvrit le saint blessé, qu’il put ainsi secourir. D’où l’expression, pour parler de deux personnes inséparables : c’est saint Roch et son chien. Extrait de Wikipedia.

C’est pour cela que dans les villes et villages de Provence qui ont été touchés par la peste, il y a presque toujours un oratoire ou une chapelle dédiée à Saint-Roch que l’on invoquait pour être protégé de la peste. Par exemple aux Mées, à Fontvieille, sur la route de Saint-Cannat, à Cazan, Saint-Rémy, le Beausset, etc.

La météo aujourd’hui à cet endroit :
Avec la température ressentie

img_0870.jpgimg_0872.jpgPetit arrêt à la chapelle Saint-Roch, restaurée par le Comité pour la Protection des Monuments Historiques et des Sites de la Commune de Roquebrune-sur-Argens.

img_0875.jpgimg_0878.jpgDevinette ensuite face à un gros bloc rocheux abandonné sur la rive du lac Arena, à l’emplacement du bras de l’Argens. A quoi servait-il ? personne ne trouve qu’il s’agit d’une bigue, c’est à dire le point d’amarrage de la grosse corde à laquelle était arrimée la barque qui traversait l’Argens avant la construction du pont.

Les seigneurs et les grands monastères possédaient des terres de chaque côté de l’eau et les échanges étaient intenses. La communauté dut se doter d’une barque pour permettre le transport d’une rive à l’autre des habitants et des animaux. Cette barque devait être assez large pour faire passer des charrettes. […] ; pour que la barque lourdement chargée ne dérive pas ([ndlr] à cause du courant), on l’arrima à une grosse corde qui était tendue, d’une rive à l’autre entre deux gros blocs de maçonnerie (l’un deux a été retrouvé, enfoui dans la sablière Perrin). Le point d’accostage s’appelait alors le capoul.

Pour se rendre au pélerinage à la chapelle de la Roquette, soit les pélerins traversaient à gué, soit ils empruntaient le bac. La fonction de barquier était obtenue par adjudication. Sur le recensement de 1826, figurait encore Peyrin Sauveur, barquier.

Cassini_le_Muy_Roquebrune.jpegCe bac devint, pour la cité, un véritable service public, affermé dès 1546 par la communauté pour ‘passer chacun, tant allant que retournant, franc et sans faire payer personne, étrangère ou privée’. En fait, les étrangers et les animaux payaient une redevance par homme ou par tête de bétail.
Il fallait souvent réparer ou changer la barque malmenée par les troncs d’arbres charriés par le fleuve en temps d’inondation, et « nourrir » la corde avec du goudron ou la changer. […] Les ouvriers agricoles perdaient beaucoup de temps pour franchir la rivière ; il fallait parfois toute une journée pour faire passer un troupeau d’une rive à l’autre ; il n’était pas rare de voir des bêtes effrayées tomber à l’eau et se noyer.

Sur la carte de Cassini (1778), le bac y figure bien à côté de la chapelle Saint-Roch. La solution fut la construction d’un pont. Ce n’est qu’en 1829 que l’Argens cessa d’être pour la cité un obstacle à l’ouverture au monde. L’Argens et le vieux pont par le Comité pour la Protection des Monuments Historiques et des Sites de la Commune de Roquebrune-sur-Argens.

img_0881.jpgPetit cours de géologie avec M. Blanc qui a amené son graphique sur le terrain. J’entends pour la première fois le terme d’arkose. Le rocher de Roquebrune est constitué de granites et gneiss vieux de 560 millions d’années […] ; et si la surrection de ce relief est très récente (environ 30 millions d’années) le granite est un reste du socle hercynien. Extrait de Geoforum. L’arkose est la roche issue de l’altération et de l’érosion de ces granites et gneiss.

IMG_0883r.JPGExtrait du site ifrance, le rocher de Roquebrune :
A l’ère tertiaire, des mouvements tectoniques […] font remonter le conglomérat à la surface. Sa couleur caractéristique est due à une quantité inhabituelle d’oxyde de fer. Selon notre géologue, le soulèvement continue, les reliefs s’élèvent de 2 à 3mm par anIMG_0894r.JPGimg_0890.jpg. Avant de repartir après le pique-nique pris en commun, alors que je m’apprêtais à marcher bien involontairement sur une fleur poussant au ras du sol, une dame de l’association me crie stop ! vous allez écraser une orchidée !
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Le vallon de la Piche, Faucon du Caire


Note  : après la parution de cet article, suite à nos remarques, l’office du tourisme des Hautes Terres de Provence a revu le balisage de cette randonnée.

Première randonnée conseillée par l’office du tourisme intercommunal (situé au pied de la via ferrata au Caire) classée difficile. Celui qui nous conseille nous laisse une photocopie, et un numéro de téléphone au cas où nous serions perdus : l’idée est curieuse mais nous comprendrons plus tard pourquoi il a pris cette précaution. Il nous montre un croisement sur la carte où il se pourrait bien que le panneau indicateur ne soit pas encore remis en place ! En tous cas l’accueil, la rapidité et la qualité des réponses sont meilleurs que dans les grandes villes. Bravo, nous reviendrons !

Nous allons à Faucon du Caire1 que le Chevalier de l’Ordre du Croissant Hélion de Glandevès reçut en récompense de ses services dans la conquête du royaume de Sicile au XVème siècle. Comme à Bras d’Asse, je suis surprise qu’il existait un baron dans ce village.

Télécharger le descriptif de la randonnée, site de l’O.T. des Hautes Terres de Provence

faucon_geologie.gifLa route longe le Grand Vallon, une vallée profonde que ne parcourt pourtant qu’un petit ruisseau. Ce n’est pas lui qui a pu creuser la vallée mais les écoulements de langues glaciaires du nord-est qui ont fondu. Le tracé de cette vallée a été dirigé par une grande fracture qui a mis  côte à côte deux compartiments très différents, d’un côté des calcaires argileux sombres, de l’autre des alternances de grès et marnes de Molasses rouges. Terres noires, marnes rouges, grès verts, toutes les couleurs de la géologie locale sont à Faucon. Si vous regardez la carte géologique (extraite du site Geol-Alp), vous verrez d’ailleurs qu’elle a plein de couleurs différentes.

img_0226.jpgÇa commence bien : un beau panneau tout neuf à l’entrée du sentier, comme celui qui est à gauche « le Caire par le Viéraron » ; nous longeons les terres noires du img_0230.jpgravin de la Bouchouse dont la surface a été rougie par les actions du climat. Le sentier est parfois à peine visible sous la végétation. La montée est raide et continue. Nous cherchons souvent le balisage tant il est situé soit trop haut, soit trop loin, soit absent ou invisible. Une petite cascade au loin, attire nos oreilles par son léger clapotis.

IMG_1423r.JPGIMG_1425r.JPGAu fameux croisement où il faut tourner à gauche (le panneau est bien présent…), la piste s’élargit et nous savons que les vaches l’empruntent également. Sur le petit coin de prairie avant la descente, nous observons les papillons et les fleurs de printemps qui ont eu tant de mal à sortir cette année. Nous passons à côté d’un effrondrement rocheux naturel qui semble avoir été dynamité tant les blocs sont tombés de façon désordonnée. La voie est barrée par un arbre en travers du chemin : impossible de le contourner, il nous faut l’enjamber.

Au changement de vallon, mon compagnon de route s’éloigne par la droite, enjambant les arbres et marchant sur les ronces ; il a toujours de bonnes IMG_1428r.JPGraisons pour me convaincre qu’il s’agit du bon chemin : « il faut revenir par l’autre vallon [de la Piche] » et en plus, « je vois bien le chemin sur mon GPS « . Au bout de 100m, nous nous trouvons en haut d’une barrière rocheuse dominant la rivière et il est impossible d’aller plus loin. Si le ravin de la Piche porte ce nom dérivé de pis – avec ses variantes pisse, pich, pissoun = cascade – c’est sans doute que des cascades y tombent en pluie fine mais nous n’en verrons pas de ce côté bien qu’ayant souvent côtoyé l’eau en traversant à gué le ruisseau. Vocabulaire et toponymie des pays de montagne, R. Luft, Club Alpin Français de Nice-Mercantour, 2006. J’ai d’ailleurs déjà rencontré une cascade de la Piche lors de ma montée au refuge de l’Estrop.

IMG_1435r.JPGDemi-tour puis descente dans la forêt par une piste que l’on devine plus qu’on ne la voit : elle n’est plus sur la cartographie du GPS. Quelques marques jaunes reviennent, manifestement rafraichies depuis peu. A nouveau, elles se font trop discrètes ; dans cette forêt au côté sauvage, nous parlons d’égarement possible, de couverture de survie, de briquet que nous aurions dû emporter, de coordonnées que nous aurions dû laisser à nos enfants, enfin de tout ce qui rassure quand on songe qu’on peut se perdre…

img_0232.jpgimg_0233.jpgSur la crête, je ne vois que plus tard la croix jaune qui nous indique une fausse piste : il fallait tourner à gauche en épingle à cheveu. Bientôt nous arrivons sur le promontoire où se trouvait un ancien castrum ; désormais s’y trouve un « rocher qui parle« , rocher artificiel qui diffuse un conte ou une anecdote reliée à un jeu thématique : je vous en reparlerai dans un autre article. La descente se fait par un escalier aménagé retenu par des traverses rondes en bois dont certaines ne maintiennent plus la terre. Manifestement, l’entretien du sentier n’est pas terminé.
IMG_1437r.JPGAu final ma curiosité n’a pas été rassasiée sur ce parcours dont l’intérêt réside dans la dépense physique et des fleurs que je n’ai vues nullement ailleurs ; certaines sont des espèces protégées comme cette orchidée qui ressemble à Ophrys bécasse, ou abeille, bourdon, mouche, les différences sont si subtiles et mon ignorance si grande… certaines fleurs sont rares comme l’Ephedra Negri qui se cache dans les marnes noires mais je n’en verrai pas.

Consulter Inventaires et protections réglementaires de l’environnement Région PACA – FAUCON-DU-CAIRE

Vallon de la_Piche itinéraire_4.400km 2h05 déplacement_(2h20 au total) 561m de dénivelée

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1caire : du celtique car, ker = pierre, sommet rocheux, le plus souvent accessible par escalade ; d’où la Motte du Caire, le Caire, Faucon du Caire