*** Le sentier de l’Imbut dans les gorges du Verdon

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—– mai 2011 : les travaux nécessaires dans la descente des Cavaliers ont été réalisés, les randonneurs peuvent de nouveau parcourir le sentier de l’Imbut par la rive gauche du Verdon. De quoi boire et manger, de bonnes chaussures, une protection contre le soleil et les intempéries sont toujours nécessaires. Cette randonnée n’est pas conseillée aux personnes en mauvaise condition physique, à celles ayant le vertige et aux enfants. On n’y emmènera pas de chien non plus. —- Message reçu de l’office du tourisme d’Aiguines ce jour, 13 mai 2011.

Si j’avais su avant ce que j’ai lu au retour de la randonnée, je ne serai peut-être pas partie sur ce sentier de l’Imbut1 dans les gorges du Verdon. C’est un sentier reconnu difficile. Des difficultés techniques tout le long du parcours, il faut faire continuellement attention mais la sensation de vivre une aventure extra ordinaire dans un lieu hors du commun, est omniprésente. Un bon équipement de randonneur prévoyant est indispensable. Le poste de secours n’est pas loin du parking mais il est impossible de le contacter par téléphone : seul un randonneur lors de sa remontée par le sentier Vidal, peut prévenir les secours. Et sans doute se passera-t-il plus d’une heure avant leur intervention… Les sentiers des gorges du Verdon ont été inaugurés en 1930 à l’initiative du Touring Club de France.

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Les étapes marquantes :

IMG_0156.JPGIl faut d’abord descendre la falaise des Cavaliers jusqu’au fond des gorges tantôt par des marches patinées taillées dans le rocher, tantôt par un escalier métallique.

Plage dans le fond des gorgesIMG_0188.JPGAprès 30 à 40mn de marche, une plage de galets accueillante : une invitation à la baignade que nous déclinerons à l’aller mais pas au retour.

IMG_0157.JPGAvertissement sur la brusque montée des eaux : pensez à étudier la météo, les orages notamment. Chaque année, des randonneurs se font piéger.

IMG_0164.JPGLa Passerelle de l’Estellié, structure métallique moderne, permet de franchir le Verdon et de rejoindre le Sentier Martel. L’ancienne a été emportée par les fortes crues du Verdon en novembre 1994.

La nouvelle est fermée aujourd’hui.

IMG_0168.JPGPlus loin une grotte à laquelle on accède par une simple planche.

 

IMG_0178_le_styx.JPGPuis un lieu de toute beauté, surnommé le Styx, où les eaux turquoises du Verdon s’enfoncent sous la roche en tumultes inquiétants.

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IMG_9243r.JPGLa grande vire, avec corde ou câbles, sous le rocher, 30m au dessus du Verdon. Impressionnant mais pas vraiment difficile.

IMG_9253r.JPGle Vidal, sentier sur paroi verticale, que l’on emprunte dans un seul sens, en remontant, très impressionnant vu d’en bas : gare au vertige et au coeur fort sollicité ; un guide essaiera de nous convaincre de l’emprunter mais j’étais seule à vouloir tenter l’expérience.

plage_imbut_site_provencecanyon.jpgLa plage de l’Imbut où le Verdon disparait (photo Provence Canyon) ; E. Martel l’avait surnommé « Perte du Verdon » ; il écrivait vers 1930 ‘ »Ici nous touchons à la sorcellerie » ; une grande plage souterraine, abritée par une voûte immense ; « lors de crues, ne pouvant s’écouler, l’eau remonte le long de l’entrée, matérialisant ainsi un barrage naturel pour repartir sur le chaos de blocs », Verdon : le sentier de l’Imbut, Le Monde, 27 mai 2005

Descriptif de l’itinéraire par le site Montagne Photos
Vidéo du sentier avec les principaux passages techniques

Le sentier de l’Imbut par wikipedia

Descriptif de l’itinéraire par le site Net Verdon (extraits)

IMG_0179_le_styx.JPG« Le «Styx», lieu nommé ainsi par le spéléologue français Édouard-Alfred Martel, lors de son exploration du Verdon, avec une équipée d’hommes et de matériel, en 1905. Le « Styx » est dans la mythologie grecque, l’un des fleuves menant aux Enfers. […]. Cet endroit est un mini canyon, à l’intérieur du Grand Canyon. On y voit des vasques et des marmites creusées par l’érosion dans la roche calcaire blanche des gorges. […] Il faut être très prudent en ce lieu, afin de ne pas tomber dans la rivière.
Le Sentier Vidal ou Accès Vidal tire son appellation du nom d’un ingénieur français qui a ouvert cette voie lors des travaux entrepris pour aménager le Verdon au début des années 1900. C’était probablement une voie de secours pour remonter les ouvriers accidentés.
[…] Le courant devient plus fort, et soudain la rivière disparaît sous un énorme chaos rocheux, à l’endroit où les deux falaises forment une sorte d’entonnoir. »

IMG_9261r.JPGAu retour, le plaisir de déguster une boisson fraiche et une tartelette, est forcément plus grand qu’à l’accoutumée. De la terrasse, nous dominons alors les gorges et constatons combien elles sont profondes : nous étions en bas tout à l’heure.
Une randonnée difficile mais spectaculaire ; je ne suis pas loin de penser que c’est le plus beau parcours aménagé du fond des gorges du Verdon. 6 à 8 kilomètres, avec près de 340 mètres de dénivelé en descente et en 400 mètres en montée, 4 à 6 heures. (La plupart des photos sont de Ti’Mars… et quelques unes de nicoulina)
imbut_photo_downlord.jpgPour les amateurs de geocaching extrême (photo ci-contre deux geocacheurs, photo empruntée au site geocaching-france.com) : earthcache Gorges du Verdon de fogelfrey

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1Imbut : entonnoir en provençal

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Dernière modification le 29 Jan 2018

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A la découverte du diamant noir

Publié le Catégories ----- * Enclave des papes 84, 84 Vaucluse, En voiture ou en train ou en bateau, et à pied, Rando à thèmeMots-clés , Un commentaire sur A la découverte du diamant noir
 

enclave_pape_vaucluse.gifQuelle est cette bizarrerie ? Nous venons d’entrer dans le département de la Drôme du sud vers le nord quand nous nous retrouvons de façon inattendue dans le Vaucluse ! Le canton de Valréas est entièrement enclavé dans la Drôme et partout les publicités nous rappellent que nous sommes dans l’enclave des papes !

Un peu d’histoire pour comprendre. Le 7 août 1316, le deuxième Pape d’Avignon Jean XXII est nommé : c’est un homme chétif, malingre et souffreteux. C’est par une cure assidue des vins de Valréas, dit-on, qu’il se serait assuré guérison et longue vie (il est mort à 89 ans…). Pour être certain de disposer en permanence de son élixir de santé, il achète, dès le 27 septembre 1317, les droits seigneuriaux de la cité de Valréas à laquelle il ajoute bientôt les communes de Visan, Grillon et Richerenches. L’Enclave des Papes est née. Elle est délimitée par des bornes papales que l’on peut encore voir à certains endroits. Randonnée des bornes papales à Valréas (format pdf)

Une petite bande de terrain appartenant au Dauphiné sépare le Comtat Venaissin de la Région de Valréas. Le Pape s’efforce donc de la racheter mais le Roi de France s’y oppose, inquiet de l’avancée du Saint-Siège dans le Midi. Toute communication entre les deux possessions pontificales est donc impossible, sans franchir le territoire français.

L’église hérite des biens des templiers : Richerenches, Visan en 1344, puis Grillon en 1451 complétent cette propriété des papes d’Avignon. Valréas devient une ville commerciale et juridique renommée et prospère.

Le rattachement à la France ne se fait qu’après la Révolution en 1791 lors de l’annexion des biens de l’Eglise. Les habitants de l’Enclave des Papes revendiquent leur identité lors de la constitution du département du Vaucluse : ils veulent rester provençaux ! aucun gouvernement n’a osé modifier son statut d’Enclave ! on comprend mieux pourquoi les descendants des vignerons guérisseurs de Jean XXII tiennent tant à ajouter l’appellation « enclave des papes » à leur vin des Côtes-du-Rhône. Résumé de l’histoire à partir du site Tourisme en Provence une histoire qui rejoint la légende, et du site de la commune de Richerenches

Extrait de Ventoux magazine, 19 novembre 2009, Guerre des appellations : les vignerons de l’Enclave des Papes déboutés :

Il ne peut pas y avoir de vin portant l’appellation « Enclave des Papes » mais seulement celle de « Châteauneuf-du-Pape »…. C’est la conséquence du jugement qui vient d’être rendu la cour d’appel de Nîmes et qui considère que le terme de « Pape » doit être réservé aux seuls vignerons de Châteauneuf-du-Pape, portant ainsi un rude coup à leurs collègues de l’Enclave.
« Cela peut entraîner une confusion avec Châteauneuf-du-Pape », avaient tranché les magistrats donnant ainsi raison aux vignerons de l’illustre vignoble qui, par l’intermédiaire de deux de leurs syndicats, avaient porté plainte pour « usurpation de l’appellation d’origine contrôlée (AOC) Châteauneuf-du-Pape », de « publicité mensongère » et de « commercialisation de vins sous une présentation de nature à créer une confusion ».
Le vin de table Vieux Papes en 1961 et le côtes-du-rhône Le Chemin des Papes en 2005 ont obtenu devant la justice le droit de conserver leur nom. Autant dire que c’est bien un schisme qui divise aujourd’hui les vignerons de Châteauneuf-du-Pape et ceux de l’Enclave des Papes.

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L’arrivée à Valréas, en suivant le GPS, nous amène par le gué sur la Coronne bien loin d’être à sec. A moitié rassurés, nous le passons. A peine arrivés, nous sommes accueillis par notre hôte qui est déjà sur le pas de sa porte. Rapidement, il entre en conversation. Nous attendons le deuxième couple qui, comme nous, va passer un « week-end truffes passion » avec René et sa femme.

IMG_0004.jpgIMG_0006.jpgIMG_0022.jpgIMG_0026.jpg

Début de la découverte : le (fameux) marché aux truffes international de Richerenches que j’ai vu plusieurs fois à la télévision en janvier ; mais là, ce n’est pas du cinéma, mais du vrai. Les courtiers ont sagement aligné leur véhicule de chaque côté de la rue, le coffre arrière ouvert cachant la balance, les truffes et les boîtes de billets de banque, de beaux billets verts que je n’ai jamais eu occasion de tenir en main.  Beaucoup de monde, des touristes, des vendeurs de truffes, des acheteurs mais pas de brouhaha, des chuchotements, des coups d’oeil entendus ; on se connait, on se comprend. René fait d’abord le tour du marché pour estimer le cours du jour. Il n’a qu’un petit sac de truffes mais ce sont de belles truffes, grosses et bien noires. L’odeur si caractéristique prend aux narines. Nous serons bientôt capables de reconnaitre à l’odeur la Tuber Mélanosporum de la brumale qu’il vaut mieux manger presque crue. En parcourant l’autre allée réservée à la vente aux particuliers, on détecte les vendeurs peu scrupuleux, ceux qui vendent trop cher des truffes trop petites, ou gelées tout en faisant une publicité tapageuse. Les cours des professionnels varieront autour de 500€ le kg. Les truffes partiront le jour même vers Paris ou les grands retaurants. Acheteurs ou vendeurs, mieux vaut qu’ils soient bien escortés en quittant les lieux.

« Tuber Melanosporum. La truffe appartient à la famille des ascomycètes. C’est avant tout un champignon vivant sous terre. […] il a besoin d’un arbre hôtes et saprophyte car il se nourrit de matières organiques de végétaux en décomposition. La naissance de la truffe est avant tout une symbiose avec l’arbre hôte. Une fructification d’un mycélium se développant au contact de l’arbre. Les arbres hôtes qui lui sont indispensables sont dans notre région les chênes verts (yeuse, kermès) et chênes blancs (pubescent ou pédonculé) ». Informations extraites du site truffes.org sur la truffe et son cycle de reproduction. Un commerce autour des plants truffiers est d’ailleurs florissant ; et comme il faut 10 ans pour qu’il produise, il est probable que les réclamations ne seront guère possibles…

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Dernière modification le 06 Juin 2017

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La chapelle Saint-Quinis

Publié le Catégories 83 Var, Geocaching et jeux, Rando sportiveMots-clés 4 commentaires sur La chapelle Saint-Quinis
 

img_0379r.jpgimg_0381r.jpgNuageux avec quelques ondées avait dit la météo pour la Provence Verte. Nous décidons de nous lancer sur la barre de St-Quinis dont le point culminant est quand même à 635m d’altitude. Le GPS nous emmène sur le chemin de Saragan ; arrêt brusque et étonnement face au gué sur l’Issole. Le panneau annonçant un danger imminent est implanté à 10m du danger au lieu des 100 à 200 m réglementaires hors agglomération ; debouche_sur_quai_ou_berge.jpgon ne voit plus le gué. Le chemin de Saragan est impraticable. Nous passerons finalement la rivière par le pont dans le village de Sainte-Anastasie sur Issole pour rejoindre la piste des Ribas.

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Un diaporama avec de grandes et belles photos de la randonnée, site de randonnées par andraph (un grand merci pour le retour d’informations)

Le sentier passe le long du champ d’atterrissage des parapentes désespérément vide ; le sentier est balisé de jaune : on voit bien les marques ; en haut de la barre rocheuse, quelques chaises vides attendent les spectateurs qui regardent s’élancer habituellement les parapentes. Nous longeons la crête vers l’est, guettant le moment où il faudra obliquer sur la droite. Dès que nous pénétrons en forêt, nous escaladons des rochers moussus et glissants ; enjamber, contourner, sauter, glisser, éviter les obstacles à chaque instant, cela devient dangereux car la pluie n’a pas cessé ; par moment nous regrettons d’être partis. Ce qui devait être des points de vue spectaculaires sur les vignes et les falaises se transforme bientôt en voile humide qui ternit les couleurs de la nature déjà si tristes en hiver.

img_0384r.jpgimg_0387r.jpgEn pleine forêt, plus nous avançons, plus nous cherchons le balisage !  nous nous demandons si nous n’avons pas perdu la trace jaune que baragatti nous invite à ne jamais perdre de vue. img_0393r.jpgIMG_0394r_1.JPGLa végétation est dense et nous devons parfois nous frayer un chemin parmi les ronces et branches basses. Seule l’intuition nous aide à ne pas nous perdre car il n’y a aucune trace de passage visible. Les rochers sont moussus, certains complètement verts.

Au vu de la clairière qui surgit à travers les arbres, nous savons que nous approchons de la chapelle Saint-Quinis, le but de notre promenade. Ce sont les chats qui nous accueillent en recherchant des caresses, puis la chapelle elle-même, simplement fermée par un crochet de fer. Intérieur surprenant mais accueillant. Des dizaines d’ex-voto témoignent de la reconnaissance des croyants à Saint-Quinis, saint dont je n’ai jamais entendu parler mais bien connu dans la région (il s’agit du patron des village de Gonfaron et la Motte). De grands tableaux peints, un bénitier en forme de coquillage posé sur trépied, une statue du saint, quelques livres de prière, sont autant d’invitations au recueillement. C’est si rare de trouver une chapelle rurale ouverte ! Quelques randonneurs ont pu se réchauffer dans l’ermitage à côté où séjourne le père François.

img_0398r.jpgimg_0395r.jpgimg_0400r.jpgimg_0403r.jpg

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