L’abbaye de Silvacane et la chaîne des Côtes



img_3446r.JPGDes années que j’espérais faire cette randonnée de 3h dans la chaîne des Côtes. Elle a commencé bien mal : le gardien du parking de l’abbaye, sachant que nous partions en randonnée, nous a carrément assurés que notre véhicule serait visité pendant l’heure où il n’y aurait pas de gardiennage. Ces menaces ressemblaient fort à une volonté de réserver son parking aux seuls visiteurs payants de l’abbaye…

La météo aujourd’hui à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

img_3447r.JPGimg_3448r.JPGLa randonnée débute après le pont sous le canal de Marseille, entre chênes verts et pins d’Alep. Les collines sont boisées et c’est ce qui la rend agréable. Assise sur la première citerne, celle de Ménourque, j’allège déjà ma tenue. Cette journée d’avril promet d’être chaude. Depuis la crête, je ne reconnais pas les horizons lointains qui m’ont été promis : Sainte-Victoire, le pilon du Roy par exemple. Parvenue à la citerne de Caireval, le point culminant de la randonnée (434m), je crois reconnaitre au loin la falaise de Cassis ; pour m’assurer qu’il s’agit bien du sud, je me sers de la boussole. Mais oui, on peut voir la mer de cet endroit ! Continuer la lecture de L’abbaye de Silvacane et la chaîne des Côtes

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Le sommet du Bucher à Molines en Queyras



img_2110.JPGJe le vois de loin ce sommet, depuis le village de Molines, commune aux sept hameaux (Molines, La Rua, Clot la Chalp, Pierre Grosse, Le Coin, Fontgillarde et Gaudissard), et la curieuse église Saint Romain. Drôle de clocher carré (17ème siècle) surmonté d’un important toit en bois. A l’intérieur, le décor baroque est quelquefois jugé « de mauvais goût », « avec une profusion de couleurs, de volutes, d’angelots aguicheurs, de dorures, de peintures et d’entrelacs de plâtre sur l’arc et la voûte du choeur… Un choeur dans lequel s’inscrit un remarquable retable du XVIIIème siècle, sculpté par des artistes italiens de Saluces. Enfin, on peut voir à l’extérieur du bâtiment un cadran solaire d’angle de 1849 et sur le côté sud du choeur, des peintures en trompe-l’oeil du XVIIème siècle autour des ouvertures. »

La météo aujourd’hui à cet endroit :
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img_2119.JPGcrocus.jpgUne grande prairie pleine de crocus plonge de l’église jusqu’à la rivière ; je traverse le pont des Achins au dessus du torrent de l’Aigue Blanche, dans le hameau de la Rua où plusieurs habitations ont encore leur fuste en bois. J’entame une lente montée, pénible, dans les blocs rocheux qui glissent sous les pieds. A l’approche du col des prés de fromage, le sentier est un peu plus facile. De grandes prairies vertes sur lesquelles paissent tranquillement quelques vaches en liberté, s’étalent en mamelons sur le sommet. Sur les conseils d’un guide de randonnée, je ne m’approcherai pas d’elles. Ce paysage me fait penser aux photos de montagne que l’on voit parfois dans les livres de géographie : caractéristique et pourtant irréel. Sur la carte, vous pouvez voir plusieurs rifs : rif de l’Adroit de la Rose, rif des Combes, rif du Brasc. Il s’agit du nom local du torrent, ruisseau portant souvent de jolis noms. Itinéraire pour le Buchetimg_2123.JPG
Là, des sentiers courent dans tous les sens : j’en choisis un qui serpente à moitié dans les prairies et à moitié dans les bois. Quand j’aperçois le sommet du Bucher à 2254m d’altitude, je pousse un soupir de soulagement. Quelques conducteurs sont arrivés là sans fatigue mais ne sont pas aussi fiers que je le suis. De là haut, autrefois, était allumé un bucher servant d’alerte pour les habitants des vallées.

A la table d’orientation, la vue est grandiose, côté France et côté Italie, mais le vent est froid ; je ne m’attarderai pas.

img_2142.JPGSur le chemin du retour, je croise deux randonneurs perdus au niveau du col ; ils rentrent sur Molines mais ne savent pas quel chemin emprunter. Munie de mon GPS sur lequel j’ai enregistré la route avant de partir, je leur indique la bonne direction (ils allaient partir du côté opposé !). Nous ferons un grand bout de chemin ensemble jusqu’à la fameuse descente dans les pierres où je marcherai deux fois plus lentement qu’eux.

Que la randonnée m’a semblé difficile ! pourtant, elle n’est pas classée comme telle par les syndicats d’initiative des environs : si vous n’êtes pas montagnard, modérez  votre allure et prenez le temps !

img_2138.JPGPanoramique au sommet du Buchet

* Photos et itinéraires du site queyras.aparcourir.com

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 rif : riou (au sud), rua (nord), riu, rio, riev = ruisseau, torrent, canal

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Notre Dame du Château, un endroit idéal pour un pique-nique en famille



IMG_1534.JPGVoilà une petite balade dans les Alpilles, qui vous mènera à une chapelle du XIIème siècle restaurée, sur une colline où l’on a retrouvé les traces d’un oppidum, avec une esplanade pour le pélerinage annuel mais qui pourra servir d’aire de jeux ou de pique-nique. Premier repère : un vieil oratoire situé sur la propriété de Fontchâteau portant l’inscription « Notre Dame du Château priez pour nous ». * L’itinéraire vers Notre Dame du château

La météo aujourd’hui à cet endroit :
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IMG_1570.JPGLe trajet à pied n’est pas très long : il passe devant une habitation troglodyte à laquelle on accède parquelques marches de pierre : c’est un endroit idéal pour déjeuner s’il fait chaud !IMG_1549.JPG IMG_1541.JPGJ’arrive au pied d’un escalier de pierre qui monte jusqu’à la chapelle et qui semble « déplacé » à côté d’un édifice religieux. En visitant le IMG_1563.JPGpetit bois juste à côté, je découvre nettement des fondations de pierre ; non loin du trésor placé par Bobine84 dans le cadre du jeu de geocaching (* Notre Dame du Chateau), je trouve un fossé le long d’un mur de pierre (voir photo à droite) : à n’en pas douter, ce sont les ruines d’un ancien castrum. Je n’ai rien trouvé sur internet concernant l’origine de celui-ci. IMG_1551.JPG A quelques dizaines de mètres, deux tables d’orientation permettent de découvrir les environs. Depuis l’orée du bois justeIMG_1559.JPG , je domine la falaise sur laquelle je me trouve. Attention ! pas de protection !

Le pèlerinage de Notre Dame du Château est une tradition tarasconnaise religieuse et populaire. L’abbé Constantin nous conte sa légende : « En 1348, la ville de Briançon, désolée par la peste, fit voeu d’envoyer une députation au tombeau de Sainte-Marthe, dès que la contagion aurait cessé. […] quelques délégués se rendirent à Tarascon, portant avec eux une image de la Vierge qui était honorée dans une chapelle de la Vallouise… l’enthousiasme populaire nomma dès lors la Belle Briançonne. Deux ans plus tard, les Vaudois dévastaient la Vallouise. L’ermite Imbert préposé à la garde de la sainte image,… prit le chemin de sainte Marthe pour y porter son trésor. On lui bâtit une chapelle près du château comtal (d’où son nom). Les juifs qui avaient leur synagogue dans le voisinage, se plaignirent des désagréments que cette affluence [rassemblement le samedi, jour consacré à la Vierge] leur causait. Les tarasconnais transportèrent alors la Madone sur une colline… et les juifs soldèrent la dépense de la chapelle qui y fut bâtie… Le 5ème dimanche après Pâques, le peuple entier va chercher la Bénurade sur la colline et l’amène à la ville. » La fête religieuse des rogations consistait à demander le beau temps et les bonnes récoltes. La procession a toujours lieu mais je pense que la plupart des pélerins en ont oublié l’origine.

* Faits divers et histoire de Saint-Etienne du Grès, site GénéProvence

Les paroisses du diocèse d’Aix, leurs souvenirs, leurs monuments, abbé m. constantin, A. Makaire, imprimeur de l’archevêché, 1890. Au XIIème siècle, Sainte-Marie du Château existe déjà ; en 1213, on la retrouve sous le nom de Saint-Michel de Briançon. En 1242, on trouve déjà à Tarascon des prieurs de Notre Dame du Chateau. Le pélerinage est donc peut-être antérieur au XVème siècle. Le pélerinage par le guide du tourisme en Camargue. IMG_1576.JPG

J’ai terminé par la recherche de la Mourgue (c’est le nom provençal de la religieuse mais aussi l’autre nom de la fée Morgane, en Auvergne par exemple), statue du 1er siècle ap. J.C. Quelle surprise ! alors que je pensais la trouver en plein champ, elle est maintenant partiellement enterrée devant le portail d’une société de la Laurade ! C’est une divinité romaine Priape – divinité des jardins, des vignes et de la Génération – ou Terme – protecteur des limites représenté à la lisière des champs par une borne surmontée d’un buste.

La Mourgue de Saint-Etienne-du-Grès, MELCHIONNE Jacques, Mythologie française, 2003, no212, pp. 14-19 [6 page(s) (article)]. Vous pouvez acheter le document au CAT.INIST.

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La devise du village : « Direxit gressus »; Guidez nos pas.

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Le prieuré et la Croix de Provence après les travaux



IMG_1595.JPGIMG_1597.jpgAccès par le sentier des venturiers non soumis aux restrictions de circulation, sauf si le risque d’incendie est maximal : dans ce cas, le sentier sera fermé et une information l’indiquera clairement à la barrière d’accès.

Chemins clairement balisés et sécurisés : murs de soutènement du sentier qui mène au prieuré, cairns, marques repeintes, guides nature du « Grand site Sainte-Victoire » présents sur les lieux.

IMG_1599.JPGIMG_1600.jpgIMG_1603.JPGIMG_1604.jpgIMG_1605.jpg

Savez-vous d’où vient la Vierge en fonte du portail ? c’est la Vierge qui a trôné à l’entrée de l’usine de savons La Vierge à Marseille, au début du XXè siècle. Un généreux donateur l’offre à Henri Imoucha. Elle est montée, suspendue en litière à une grosse barre de bois (elle pèse 80kg), puis installée lors du roumavagi du 24 avril 1960. Extrait du bulletin n°31, octobre 2010, les Amis de Sainte-Victoire.

Le prieuré est en travaux : la cave des moines est en cours de déblaiement, la fosse va être vidée pour rétablir l’accès aux jardins (voir le site Les Amis de Sainte-Victoire)

IMG_1611.jpgIMG_1612.jpgIMG_1610.JPGIMG_1626.jpg IMG_1623.jpg

La Croix de Provence est restaurée : socle refait, croix consolidée, inscriptions sur les 4 faces lisibles.

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La Croix de Provence est restaurée : socle refait, croix consolidée, inscriptions sur les 4 faces lisibles.

Je me sens toujours aussi petite devant ces paysages grandioses…

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L’ermitage Saint-Jean du Puy



Encore un lieu découvert grâce au geocaching (pour savoir ce que c’est voir la note dans ce blog * Chasse au trésor high tech au barrage Zola ou cliquer sur la catégorie geocaching à droite). C’est le jour de la fête des mères et je retrouverai tout à l’heure mes 3 filles, rarement réunies toutes ensemble.

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Partie du monument de la Légion en bas de la piste forestière où les véhicules ont le droit de circuler en dehors de l’été, j’ai trouvé le trajet facile. Presque tout le long, je vois la Sainte-Victoire en entier côté sud. Elle me parait bien grande vue d’ici.

Le temps qu’il fait aujourd’hui à cet endroit :
Avec la température ressentie

tour-st-jean-du-puy_r.jpgL’ermitage a été fondé par Saint-Cassien au Vème siècle, le même qui a fondé l’abbaye de Saint-Victor à Marseille.

  • occupé par les moines cassianites jusqu’au XVè siècle,
  • détruit au IXème siècle,
  • reconstruit au siècle suivant par l’archevêché de Marseille,
  • administré par les Prêcheurs en 1295,
  • il devient la propriété du diocèse d’Aix en 1670,
  • occupé par plusieus ermites,
  • vendu après la révolution,
  • racheté par la commune de Trets en 1793,
  • abandonné un siècle plus tard,
  • servant de maquis aux résistants de la seconde guerre mondiale,
  • restauré enfin par l’association Les Amis de Saint-jean du Puy avec l’aide de la commune.

Que de péripéties pour ce site classé ! Source : Pays d’Aix puissance 34 – Entre vallée de l’Arc ry Sainte-Victoire, balade dans un site classé, Communauté du Pays d’Aix, hiver 2010, p.35

* Toutes les photos et la description de l’itinéraire sur le site week-ends et tourisme en Provence

medium_img_1158.2.jpg J’apprends que des maquisards de Saint-Jean du Puymedium_img_1168.jpg y ont trouvé refuge jusqu’à la libération de la ville de Trets en août 1944. Je passe sous l’arche qui indique l’entrée de l’ermitage. Je parviens alors dans un lieu de fraîcheur, sous les arbres : le refuge et la chapelle à gauche, un autre refuge, une tour de guet (1828) ou « oratoire géant » et la table d’orientation à droite, entre les deux, des tables de pique-nique. Je comprends pourquoi ce lieu est tellement fréquenté dès qu’il fait beau. D’ailleurs, je croise un couple de retraités, sac de pique-nique et baguette en main, qui cherche déjà un endroit pour s’installer. Je monte jusqu’à la table d’orientation où les vues sur la Sainte-Victoire, le plateau de Cengle, la Sainte-Baume, les monts Auréliens, le Garlaban l’Etoile, la vallée de l’Huveaune, méritent à tel point le déplacement que le conducteur croisé dans la montée, n’y est venu que pour les photos du point de vue. A vous de juger avec le panoramique en bas de cette note !medium_img_1180.jpg J’en profite pour chercher la boîte qui y est cachée dans le cadre du jeu de geocaching. Cette cache porte un nom significatif : « les vents de mistral ». Je ne pourrai faire d’échange ce jour là , les objets emmenés n’entrant pas dans la petite boîte.

Le retour par les crêtes (tracé bleu) contraste avec le tracé aller. Ce ne medium_img_1182.jpg sont que montées et descentes successives, dans la garrigue, sur un sentier pas toujours bien balisé. Je descends d’abord un ensemble rocheux qui m’oblige à mettre les mains. J’ai à peine le temps de me rafraichir lors de la traversée d’un petit coin de forêt. Il fait chaud et je me dis que j’aurais mieux fait d’inverser le trajet. Au loin je vois toujours la tour de l’ermitage mais pas la route. Quand je crois atteindre le pas de la Couelle, une autre colline me barre le regard. Le sentier longe la crête tout du long. Je ne croiserai qu’un amateur de vol libre (une maquette !). La dernière descente est raide, caillouteuse et longue, et fatigante. Que j’ai chaud ! bientôt il me faudra partir tôt, au lever du soleil et choisir des randonnées accessibles l’été.
Image de l’itinéraire en boucle Saint Jean du Puy – pas de la Couelle, 6km700, 2h dépl. seul, 173m dénivelée

IMG_0856r.JPGIMG_0859r.JPGEt si au retour vous passez par le hameau de Kirbon, n’hésitez pas à vous arrêter chez Hélène Lombardi qui élève des chèvres rustiques (chèvres du Rove) et vend de la brousse exquise, fine, légère, qui se déguste salée ou sucrée. Personnellement, je l’aime avec du sirop d’érable.
Vos enfants aimeront longer les enclos pour observer ces drôles de chèvres  à cornes arrondies et pouront saluer l’âne de l’autre côté.
La Pastorale du Regagnas,
Hameau de Kirbon, D.12
13530 Trets, 06 09 02 23 71

Vidéo d’un chevrier au Rove

Parlons Provence, André Gouiran et la brousse du Rove (A.O.C.)

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Merci à Serge Robert, grand geocacheur aixois, grâce à qui j’ai découvert ce site

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L’abbaye de Frigolet dans la Montagnette



Voilà un nom qui sonne la Provence avec un accent chantant : frigolet ! En pleine nature, niché au cœur de la Montagnette, ce monastère doit son nom aux innombrables touffes de thym (ferigoulo en provençal) dont sont parsemées les collines.

* Le site de l’abbaye
* Le site de Tarascon et son patrimoine
* Télécharger l’itinéraire de 7,220km A/R, 2h45 environ, dénivelé de 142m

Le temps qu’il fait aujourd’hui à cet endroit :
Avec la température ressentie

medium_img_0917.jpgmedium_img_0920.jpgPour y aller, j’ai choisi de partir de la commune de Boulbon par un sentier balisé de jaune au départ du château. Impossible de le louper : massif, en hauteur, soudé à la roche, il est vraiment impressionnant : collez-vous à la paroi et levez les yeux !

Le chemin démarre dans une gorge étroite : le vallon de Saint-Michel, un ancien lit de torrent bordé d’oliviers centenaires. Je marche sur les dalles rocheuses avant d’atteindre un sentier plus classique dans la garrigue. Le printemps annonce la couleur : hélianthèmes blancs au cœur jaune, géraniums luisants mauves, coquelicots rouges, la nature me met de bonne humeur. Presque au sommet, une étendue d’eau protégée d’un grillage, permet aux chiens qui accompagnent leur maître, de se désaltérer par une petite brèche ménagée dans celui-ci.

Les pistes sont larges et se croisent. Il s’agit de ne pas se tromper. medium_img_0925.jpgAu niveau des Rochers de Raous, je profite des superbes vues sur les paysages de la vallée du Rhône et de la Durance, le mont Ventoux et le Luberon. Soudain, après une petite descente, j’aperçois les toits si caractéristiques de l’abbaye de Frigolet. Impatiente de la découvrir, j’accélère le pas ; je traverse la piste de San Salvador et après quelques petites montées et descentes, je vois enfin l’abbaye en grand. Derrière celle-ci, un groupe de randonneurs est en train de pique-niquer sur l’herbe. Quel endroit agréable en effet ! j’en fais autant, profitant bien involontairement des discussions entre les membres du groupe voisin.

La chapelle romane construite près du monastère porte le vocable de Bon remède (remède = rédemption). medium_img_0935.jpgLa révolution supprime les ordres religieux et confisque leurs biens. Une habitante d’un mas voisin sauve la chapelle du pillage et du vandalisme en faisant croire justement qu’elle a déjà été dépouillée. De 1839 à 1841, le propriétaire y établit un pensionnat. Les parents de Frédéric Mistral l’y conduiront suite à sa mauvaise conduite !

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Puis des industriels y produisent des dragées, l’église Saint-Michel devient un abri pour les troupeaux. En 1858, l’abbaye est rachetée pour y installer une nouvelle fondation, celle des Prémontrés (« les Pères Blancs »). L’extraordinaire rayonnement de la Communauté donne naissance à plusieurs missions au delà des frontières. En 1880, le gouvernement décrète la dissolution de la communauté mais, dès la medium_img_0938.jpgToussaint, des milliers de fidèles montent au monastère pour tenter d’éviter l’expulsion. Une véritable armée installe un blocus et se déploie sur la Montagnette. Quand les portes sont défoncées, le père abbé lit une protestation solennelle et les Pères chantent l’office que personne n’ose troubler. Sous une pluie torrentielle, les gendarmes font évacuer l’abbaye. Les Prémontrés sont poussés dans des voitures puis conduits vers Tarascon. Pendant de longs mois, l’abbaye est gardée par des militaires. En 1903, la Communauté est chassée, la majeure partie s’exilant en Belgique, dans l’abbaye de Leffe, plus connue sans doute pour sa bière… Ils reviennent en 1920. Il est à noter que le R.P. Xavier de Fourvières s’est spécialisé dans la prédication en langue provençale ; il est même l’auteur d’une grammaire du provençal et d’un dictionnaire français-provençal.

Les murs de la chapelle romane sont recouverts de boiseries dorées, – offertes pas Anne d’Autriche pour remercier la Vierge d’avoir exaucé son vœu de mettre au monde un fils qui deviendra Louis XIV – , et de 12 tableaux attribués à l’école de Nicolas Mignard. medium_img_0944.jpgJe termine la visite par la boutique où se vendent des sirops de fruits, dont certains à servir avec de la bière : malheureusement étant à pied, je n’ai pu ramener cette bouteille bien trop lourde pour mon sac à dos ! Savons, cierges, livres, articles religieux, remèdes à base de plantes,… y sont également disponibles. C’est dans cette abbaye qu’Alphonse Daudet a situé sa célèbre nouvelle des Lettres de mon Moulin : * L’elixir du Révérend Père Gaucher. Quant à cette fameuse boisson qui enchanta le héros, curé de Graveson, vous la trouverez peut-être … ici. Le retour n’est pas aussi facile : je préfère quand même prendre le même chemin (187m de montée et 91m de descente) car la variante par la piste de San Salvador est bien plus longue (9,7km).

Abbaye Saint-Michel de Frigolet, T. Secuianu, H.Champollion, Editions Ouest-France, 1998

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Merci à Bobines84, geocacheur du Vaucluse (pour savoir ce qu’est un geoacacheur, voir l’article * chasse au trésor high tech dans ce blog), grâce à qui j’ai découvert ce site remarquable

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L’abbaye de Carluc



medium_img_0429.jpgCéreste est un petit village à la limite du Vaucluse. Les plus anciens éléments de patrimoine conservés se trouvent à Carluc (de kar=calcaire et locus=lieu) où je me rends, profitant d’un déplacement professionnel non loin de là. Après la traversée du pont roman (ni roman ni romain…, voir l’article de Céreste à Montjustin par les crêtes et la plaine), je prends le GR4 qui n’est pas difficile, sur une chaussée défoncée, dans un paysage dégagé, en montée douce jusqu’au prieuré, et dessert quelques propriétés. Seule la dernière partie est en sous-bois. On peut donc s’y rendre en voiture également, si on ne craint pas pour ses amortisseurs.

* La météo aujourd’hui à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

Dès l’arrivée, je sens l’humidité des lieux : un étang, un ruisseau, une prairie, des arbres et des pierres couverts de mousse. J’embrasse d’abord du regard l’ensemble du site qui ne ressemble à aucun autre de ma connaissance. C’est l’église Notre Dame que je vois en premier, construite en pierre de taille à joints fins et qui imite à échelle réduite les grands édifices de son temps. Les oiseaux dans les feuilles d’acanthe de la petite colonne sur le côté sont d’une finesse étonnante pour un travail si petit dans la pierre.

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L’abside pentagonale parait de la première moitié du XIIème siècle ; elle possède 3 fenêtres à l’instar des églises monastiques majeures. Deux sveltes colonnettes ornent les retours des murs de la nef. La contradiction viendrait plutôt de la voûte avec ses six nervures rayonnantes qui ne sont pas de la même époque, sans doute reconstruite.

medium_img_0396.jpgmedium_img_0393.jpgDépendant de l’abbaye de Montamajour (* Voir la note sur Montmajour dans ce blog) depuis le début du XIIè siècle, elle avait elle-même une douzaine de prieurés sous son obédience. Elle prospère grâce aux largesses de la haute artistocratie locale, en particulier à la famille de Reillanne dont était issu l’archevêque d’Arles : Raimbaud. Une seule église sur les trois reste debout. Les fouilles entreprises vers 1960 ont démontré l’existence d’une nécropole datant des premiers chrétiens.2 Elle constituait un lieu de pèlerinage où les premiers chrétiens cherchaient le repos près de saints martyrs locaux. D’où peut-être des tombes anthropomorphes d’enfants taillées dans le roc ?

img_4141r.JPGComme à Montmajour, un cloître reliait entre elles les trois chapelles du monastère, et recouvrait la nécropole. L’emprunter donne l’impression de traverser un cimetière profané. Au nord de la chapelle, une partie du site est creusée dans le roc. Quel travail cela a dû représenter !

C’est un lieu particulier, dans le calme et la verdure, incontestablement proprice à la réflexion et au repos.

Visites guidées du Prieuré de Carluc à CERESTE – HAUTE-PROVENCE
du 01/03/2007 au 31/12/2007
Descriptif : Découverte du Prieuré roman de Carluc, ouverture de la chapelle et commentaires autour des tombes anthropomorphes et des aménagements rupestres.
Horaires : Lundi à 16h30 , le mercredi et le samedi à 10h00
ATTENTION: l’inscription est obligatoire par téléphone au 04.92.79.09.84 ou à l’Office de Tourisme de Céreste. Contact : Office De Tourisme – Cereste – Tél : 0492790984 – Email : otcereste@club-internet.fr – Site internet : www.cereste.fr

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* Je vous propose un itinéraire de 1h50 environ, 6km600

Blog de slca04 avec de belles et grandes photos

img_0063r.JPGSuite à une deuxième visite en juin 2007, Ti’Mars… a pu faire des photos de l’intérieur de la chapelle.

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1Eglises et chapelles romanes de Provence, Andréas Hartmann-Virnich, Les éditions du huitième jour, 2001

2Les fouilles de 1960 à l’abbaye de Carluc, Bulletin de la société scientifique et littéraire des basses Alpes, t.XXXVI, n°227-228

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Notre Dame de Consolation à partir du village de Jouques



Je connaissais le village de Jouques pour y avoir animé des ateliers d’informatique à l’école primaire. Le village m’avait alors séduite. Le charme a opéré de nouveau. C’était un dimanche : j’avais repéré trois parkings. Le premier près de l’église Saint-Pierre était plein pour la cérémonie religieuse. Le second, sur la place, l’était aussi par les nombreux jouquards venus faire leur marché ; l’animation était aussi impressionnante qu’au marché d’Aix-en-Provence ! Le troisième, à la sortie du village, ne l’était pas encore mais le sera en fin de randonnée. J’ai donc dû traverser le village pour atteindre le début de la randonnée, en passant par les petites rues, leurs vieilles pierres, leurs fontaines, qui font le charme de ce village.

* La météo de ce jour à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

Le départ se fait sur un chemin pierreux au pied de villas bien gardées. Plusieurs oratoires balisent le chemin jusqu’à la chapelle (qui fait l’objet depuis plusieurs siècles, d’un pélerinage annuel en septembre). J’en ai même vu un en plein champ avec une fontaine ! Les couleurs du balisage, affadies par les intempéries, sont parfois insuffisantes. Certaines flèches bleues, ajoutées sans doute par des propriétaires soucieux de ne pas être ennuyés par les randonneurs, peuvent même vous emmener dans la mauvaise direction. Avant de trouver la dernière montée vers la chapelle, j’ai fait quelques allers et retours inutiles dans une forêt qui devenait hostile à force de ne pas me proposer le bon chemin. Sans doute fallait-il tourner à droite dans une propriété où l’on devinait, sur un écriteau, ces mots contradictoires : « Propriété privée. Aucune interdiction excepté le feu ». Si vous entendez les bruits de voiture de la nationale 96, c’est que vous l’avez manquée.
medium_photo_308.jpgAu nord près de l’ancien camp gaulois de Méry, la dernière partie est en montée raide, parfois un peu difficile. Une brèche dans la verdure offre une vision sur la Durance en contre-bas. Au sommet, une citerne privée est posée sur des parpaings : une inscription invite à ne pas y toucher. La chapelle n’est pas loin mais je ne la trouve pas tout de suite : elle est cachée derrière les arbres sur la gauche. Magnifiquement restaurée par l’association « les Amis de Jouques« , elle a été construite sur le site d’un ancien oppidum gallo-romain (300 à 100 ans av.J.C.) et comprenait un ermitage.

La légende de Notre Dame de Consolation raconte qu’une jeune orpheline, nommée Marie, menait paître les moutons sur cette éminence. Pieuse et pure, elle passait son temps à prier. Or, deux jours de suite, elle vit ses moutons se ranger en cercle et demeurer immobiles. Le troisième jour, un agneau entra dans le cercle, gratta la terre et se mit à bêler longuement. Intriguée, la pastourelle…., se met à creuser. medium_photo_305.jpgSa houlette atteint une dalle pesante sous laquelle repose une gracieuse statue de la sainte Vierge. Lui élever un autel fut son premier souci. Chaque jour elle déposait à ses pieds un bouquet fraîchement cueilli… Elle qui avait jusque là pleuré ses parents cessa d’être triste : elle nomma la statue Notre Dame de Consolation. Un soir des lueurs éclairèrent le plateau. Le lendemain un pèlera leur raconta qu il avait vu la bergère agenouillée, les yeux… fixés sur la Madone en un dernier regard d’amour. … l’extase de Marie s’était achevée au paradis. Les gens de Jouques adoptèrent la sainte demeure et en firent une chapelle1.

Avec plus d’une dizaine de chapelles sur le territoire de la commune (* Voir la randonnée à la chapelle Sainte-Consorce, sur le Concors), l’ancienne résidence des archevêques d’Aix, les églises, Jouques garde des témoignages nombreux d’architecture sacrée.
* Photos de Jouques et de la randonnée du site Provence balades
Le nombre de fontaines, dans le village, dépasse la douzaine. La plupart sont alimentées par la source de la Traconnade. Les romains, au premier siècle, l’avaient captée pour l’acheminer, par un acqueduc, jusqu’à la ville d’Aix-en-Provence. On peut en voir quelques vestiges à Meyrargues.
* Voir randonnée dans la forêt de Meyrargues

On ne peut parler de Jouques sans évoquer la famille noble d’Arbaud, qui a rendu d’importants services à l’Etat, aux armées ou dans la magistrature.
* Je vous propose un itinéraire de 3h environ, 8,5km, sur carte IGN réalisé à partir de CartoExplorer
* Office du tourisme de Jouques
* Site personnel de Pascal Cescon
medium_attention_herissons.jpgLe retour par le vallon de Saunaresse est plus compliqué, non balisé, entre propriétés entourées de murets de pierres et forêts. Je m’égare par deux fois, puis retrouve le chemin. Au hameau de Bèdes, je fais très attention de ne pas écraser un hérisson (!) ; curieusement, le chemin passe au milieu du jardinet d’une propriété puis descend entre les villas. medium_photo_314.jpgPour éviter de revenir à Jouques par la route, je descends vers le chemin sous le rocher de notre dame de la Roque ; à gauche, quelques grottes bien fraîches qui, parait-il, servaient autrefois de cave à vin. medium_photo_316.jpgIl s’agit de l’ancien tracé du GR que je trouve personnellement plus intéressant que le nouveau. En bas, la tour de l’horloge et l’église Saint-Pierre près du cimetière terminent la boucle de ma randonnée. Si vous avez du temps, ce village mérite une petite visite.

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1Les paroisses du diocèse d’Aix, leurs souvenirs, leurs monuments, abbé M. Constantin, A. Makaire, imprimeur de l’archevêché, 1890

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Un ermitage abandonné à Roquefavour



Un monument historique oublié, redécouvert par une randonneuse des environs de Ventabren

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De notre envoyé spécial de la Gazette des Randonneurs
Le 25 février dernier, une randonneuse Mme N. décide, contrairement à ses habitudes, de se laisser guider par son intuition. En regardant la carte IGN du territoire de Ventabren, elle remarque une étoile à côté de laquelle est écrit « l’Ermitage » et « Grottes ». N’en n’ayant jamais entendu parler, sa curiosité est éveillée et elle décide d’aller s’y dégourdir les jambes. Elle nous raconte :
medium_img_0230.3.jpg« Pour atteindre ce point, il faut descendre en bas d’un éperon rocheux dont la dénivelée est de 100m environ. Le chemin me semble interminable et j’ai l’impression d’entamer déjà la boucle du retour sans avoir rien vu. Progressivement enserrée dans un vallon humide, avec deux hautes murailles de calcaire qui me cachent la lumière du soleil (il n’est que 15h45), j’ai l’impression d’arriver dans un cul-de-sac. medium_img_0231.jpgAlors que je cherche un autre chemin, mes yeux se posent sur un escalier de pierre à ma gauche. Que fait-il là ? Cela me fait un choc. Des arbres blancs, maigres, torturés ou fiers, poussent dans un grand jardin à l’abandon : paysage totalement insolite sur lequel le soleil ne doit pas être présent plus de 6h par jour. Un grillage entrouvert, que je n’avais pas vu, m’invite à la découverte. L’entrée principale garnie d’une niche, a dà » contenir une statue ; au travers d’une autre porte, je peux voir plusieurs voûtes ; une construction en forme de parallélépipède présente une grande ouverture voûtée (endroit pour capter la source ?). Dans une grotte, j’imagine un autel de pierre. J’aperçois alors un autre escalier qui semble monter à un étage puis s’enfoncer vers l’arrière du bâtiment. medium_img_0246.jpgPar un passage étroit un peu risqué, entre un mur de pierre et un rocher, je rejoins le fond de la propriété. Je suis dans un cirque naturel sombre, étroit mais à l’air libre ; je pense aussitôt qu’il doit être possible de mesurer l’importance de cet ermitage en vue plongeante. Un peu partout, des pierres témoignent de l’état de délabrement des lieux ; il s’agit pourtant d’un monument historique : l’ermitage Saint-Honnorat de Roquefavour.  »
Notre envoyé spécial a pu recueillir pour nos lecteurs quelques renseignements historiques.medium_img_0247.jpg

Ce sanctuaire a été donné à l’abbaye de Lérins en 878, puis elle passe à celle de Montmajour . Les moines abandonnent la cella Rocca frondosa au moyen-âge et un prieur est nommé. En 1624, le chapitre1 donne sept charges de blé au prieur de Saint-Honoré de Roquefavour qui doit assurer une messe basse chaque année le jour de la fête de Saint-Honnorat. En 1770, à la mort du prieur de Blacas, trois candidats se présentent avec un titre de nomination : le premier nommé par l’archevêque, le second par l’abbé de Montmajour et le troisième par la cour de Rome. Un procès a dû les départager et c’est le dernier qui a gagné ! Le prieuré a été confisqué comme bien national et adjugé à un prêtre. En 1819, un négociant aixois vient y terminer une vie orageuse. Il est mort en priant et a été inhumé dans la chapelle avec cette épitaphe « Ici repose J.J. Porre,…résolu de finir ses jours dans la solitude, il choisit l'(h)ermitage Saint-Honnorat en 1819, mort le 30 mai 1825,… ». Thomas d’Aquin s’établit à Saint-Honnorat où plusieurs évêques et princes lui rendent visite.

En 1868, le prieur Jacques meurt après 40 ans de séjour. Une eau abondante se répandait par canaux. En 1992, l’ermitage, classé monument historique depuis cette date, appartenait encore à un propriétaire privé.

Parmi les visiteurs illustres de la fin du XIXème, figurent George Sand, lamartine et Napoléon III. (Voir site officiel de la commune de Ventabren, rubrique monuments)

A la lecture de ces informations, Mme N. ajoute :
– La chapelle Saint-Georges annonçait l’entrée : elle a été démolie en 1830. Le premier escalier de gauche devait y mener. Quant aux grottes, elles étaient converties en oratoires, l’un dédié à la Vierge, l’autre à Madeleine. Comme ont été retrouvées des monnaies du Xème siècle, on peut imaginer qu’ait existé un ermitage primitif avant celui des bénédictins.
– Quelle impression vous laisse finalement cette redécouverte ?
– Pour qui est capable de se laisser imprégner de l’ambiance d’un lieu, je pense que cet ermitage caché dans un vallon sauvage et solitaire, à quelques pas de la ville, peut apporter beaucoup d’émotion et combler les amateurs d’insolite.
– Y-a-t-il une manière plus rapide d’accéder à ce lieu ?
– Un itinéraire beaucoup plus rapide pour les curieux moins sportifs à partir de la D65, près du pont de chemin de fer.
* Je vous propose un itinéraire de 2h environ, sur carte IGN réalisé à partir de CartoExplorer
Quelques liens ayant un rapport avec l’ermitage :
* Voir l’article du blog sur * Montmajour
* Voir l’article sur * la grottte de Marie-Madeleine à la Sainte-Baume
Signalons que sur ce parcours, vous pourrez voir deux ouvrages d’art :

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Après la remontée sur le plateau, elle a poursuivi le chemin jusqu’au bout de l’éperon rocheux, aussi loin que le lui permettait l’étroit chemin. A sa gauche, à 100m à vol d’oiseau, un peu plus haut, elle savait qu’il y avait l’ermitage mais il était trop tard pour qu’elle tentât ce jour là de le voir « de haut ». Parions que ce sera l’objet d’une prochaine randonnée !

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1chapitre : corps des chanoines d’une église cathédrale ou collégiale.
[ndlr] : Je déplore que la commune qui a racheté le monument en 2001, n’ait pas encore pris en charge la restauration de cet ermitage ; j’y suis retournée en septembre ; la chapelle à l’entrée n’est déjà plus visible sous la végétation et le monument a fait l’objet d’une partie de paint-ball et de tags. A quoi a donc servi le chantier de réhabilitation des lieux en 2003 ? Fiche mise à jour en septembre 2006 et septembre 2007

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L’abbaye de Montmajour



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M O N T M A J O U R

MontMajour

La météo aujourd’hui à cet endroit :
La direction du vent et la température ressentie

Rien que le nom Montmajour1 évoquait pour moi noblesse, grandeur, mystère ; bien que non croyante, j’apprécie les édifices religieux, j’imagine le travail de construction, l’histoire, je m’imprègne de l’ambiance sereine des lieux. Comme elle accueille l’été des expositions dans le cadre des Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles, j’ai pu profiter de l’exposition et de la visite du monument avec un seul billet d’entrée. La balade, pour une fois, n’aura pas lieu dans la nature mais dans les différents monuments d’Arles servant de lieux d’exposition. Sur les cartes, vous verrez parfois indiqué « Ruines » à cet endroit : terme bien mal choisi vu l’état des bâtiments.

* Randonnée Abbaye de Montmajour-Moulin de Daudet, site Balade en Provence, avec photos
* De la communauté Provence de Expédia, album photos sur Montmajour

medium_100_0033.jpgLe nom de Montmajour est lié à l’éminence rocheuse qui émerge des marais à cet endroit… Selon la légende, la fondation de Montmajour est attribuée à Saint-Trophime, premier évêque d’Arles (début du Ve siècle)… Une première chapelle de taille réduite est construite au XIe siècle. L’abbaye croît rapidement grâce à la protection des comtes de Provence et au culte de la Vraie Croix.

Le monument est impressionnant et je me pose déjà quelques questions : est-ce une forteresse, un édifice religieux, un chateau ? elle est tout à la fois. Plusieurs fois détruite, reconstruite, elle porte des traces de construction de toutes les époques depuis le Xème siècle.

  • Forteresse par sa tour de défense construite par l’abbé Pons de l’Orme qui dirigeait la communauté. Une garnison y sera maintenue jusqu’à 1700 environ. De cette tour, on peut découvrir le cloître et un panorama qui embrasse Arles, Tarascon, la Crau et les Alpilles.
  • Edifice religieux grâce à saint Trophime qui a évangélisé la Provence ; saint Cézaire qui a posé la première pierre de l’ermitage de Saint-Pierre ; aux moines bénédictins qui ont assaini les marécages pour pouvoir s’y installer puis à la congrégation de Saint-Maur choisie pour relever le monastère et qui dut le reprendre de force. Pendant la seconde guerre mondiale, l’église abbatiale a servi d’entrepôt d’armes confisquées par les Allemands qui y mirent le feu. La chapelle de Sainte-Croix (1180 environ), un peu plus loin, servait lors des pélerinages organisés par l’abbaye. Ils sont de nouveau organisés.
  • Chateau car sur l’emplacement de la vieille abbaye, on a bâti cent ans plus tard une habitation spacieuse, avec des larges corridors, d’élégantes salles, des escaliers de pierre, une charmante terrasse.

* Site sur l’art roman
* L’histoire de l’abbaye par la revue l’Agenais, 1875, site de la France Pittoresque

Vendus en 1791, les bâtiments sont en partie achetés par la ville d’Arles. Prosper Mérimée fait classer l’édifice comme monument historique en 1840. De premières restaurations sont effectuées en 1872 (architecte Henri Revoil). En 1943, l’état fait l’acquisition de l’abbaye qui figure depuis 1968 au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO

medium_100_0036_r1.jpg Je me perds dans ce dédale de couloirs et d’escaliers, je suis surprise par bien des choses insolites. Le site est construit sur un ancien cimetière dont on voit encore les tombes creusées à même le roc. Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, les plus petites ne sont pas des tombes d’enfants mais des « réceptacles » pour les restes épars des morts les plus anciens.

La crypte est une véritable église basse. Son plan, unique en Provence, comprend en particulier une rotonde, un déambulatoire et des chapelles rayonnantes. (* site du Centre des monuments nationaux)

medium_100_0049.jpgIl ne reste de l’édifice du XIIIe siècle que le cloître avec ses tombeaux (seul celui de Geoffroy 1er de Provence a été conservé) et ses inscriptions. « Es à Mount-Majour que dormon, souto li bard di clastro, nosti rèi arlaten » (F. Mistral)2. Sculpté sur les chapiteaux, un bestiaire fabuleux : la Tarasque dévorant un homme (mur ouest), une tête de bélier (galerie nord), un chevalier luttant contre une chimère (galerie sud), etc. Van Gogh a consacré de nombreux dessins à Montmajour, lors de son année à Arles à partir de février 1888. « … par ce vent impossible de rien faire… Mais néanmoins j’ai vu des belles choses, une ruine d’abbaye sur une colline plantée de houx de pins d’oliviers gris… » (lettre de Van Gogh à son frère Théo)la plaine de la Crau avec la ruine de MontmajourMoisson avec Montmajour
Le prieuré de Carluc, rattaché à Montmajour, sera le but d’une prochaine randonnée. Rendez-vous donc ici dans quelque temps…

En attendant, ne manquez pas de visiter la grotte-dolmen du Castelet (hypogée), à un peu plus de 1km sur la IMG_1335.JPGgauche en allant vers Fontvieille. Le toit de l’hypogée est formé par de grandes et épaisses dalles de calcaires. La construction de cette tombe se situe vers 2500-2000 avant J-C. C’est la seule que l’on puisse visiter, les 4 autres se situant sur des propriétés privées.

Seconde visite le 29 septembre 2007 pour voir l’abbaye d’un autre angle et y trouver la cache de f5pvj l’abbaye de Montmajour II. Que de frayeurs ! un gros animal qui déboule lourdement du vallon à quelques pas de nous, des gros oiseaux qui s’envolent des bosquets, une meute de chiens, on s’est dépêché de grimper malgré les difficultés certaines pour atteindre l’objectif.

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1Majour, du latin major « majeur, plus grand » d’où Montmajour = grande montagne (40m de haut mais le seul relief dans cette région !) à moins que ce ne soit l’abbaye, monument majeur, qui ait donné son nom à ce mont… Montmajour a donné son nom à un rapace : le grand-duc de Montmajour.
2« C’est à Mont-Majour que dorment, sous les dalles du cloître, nos vieux rois arlésiens« 

L’abbaye de Montmajour, jean maurice rouquette, aldo bastié, Monum, Editions du patrimoine, coll. itinéraires

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