Sur les traces de l’ancien canal du Verdon, circuit du Collet Blanc



Variante du circuit du Collet Blanc, fiche n°7 du Topoguide Les Bouches-du-Rhône à pied, FFR, FFR, 2002 et 2005, elle permet de marcher dans l’ancien canal du Verdon, restée propriété de l’état ; à la fin du circuit, non citée dans le guide, vous testerez l’impressionnante voix emprisonnée du tunnel menant à la galerie souterraine de Saint-Hippolyte.

L’album photo

Avec un petit groupe d’aixois habitués à marcher ensemble, et Tatooine, le chien de ma fille récemment adopté, je reviens sur les traces de ce canal découvert la première fois fin 2005 (Lire Sur les traces des vestiges du canal du Verdon) et dont les berges sont de plus en plus dégradées. Pourtant, il a toujours la faveur des VTTistes et de quelques promeneurs du dimanche.

Le temps qu’il fait aujourd’hui à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

Le parking des Cigalons, chemin de la Campane, au plus près de la ligne ferroviaire, est déjà plein ce matin à 9h30. La période de chasse a débuté.

Campagne venelloise 8, team marcouille 13

Nous prenons le sentier à droite du parking. Sous le premier pont, juste après, nous repérons derrière nous le passage piétiné par les randonneurs qui montent dans le canal  ; attention de ne pas se tromper de sens ! C’est là que commence la variante du circuit, un peu plus longue que la version initiale ; en larges zigzags successifs, le canal garde une altitude à peu près constante ; sur notre gauche, à une bonne cinquantaine de mètres seulement, nous apercevons le canal qui forme une boucle dans lequel nous marcherons tout à l’heure.
D’abord dans le fond du canal lui-même, nous grimpons ensuite sur la berge côté gauche ; il faut passer sur un pont un peu haut et étroit qui enjambe un vallon : gare à ceux qui ont le vertige ! l’autre option consiste à redescendre dans le canal un peu avant.

Depuis Quinson, il [le canal du Verdon] apportait les eaux du Verdon jusqu’à Aix, traversant les massifs sur plus de 80 km en irriguant les terres agricoles.
Construit entre 1857 et 1875 par l’ingénieur Tournadre, c’est le premier grand ouvrage hydraulique dans le massif de Concors depuis les Romains, dont l’aqueduc de Traconnade acheminait les eaux de Jouques vers Aquae Sextiae, aujourd’hui Aix en Provence. Canal du Verdon, grand Site Ste-Victoire.
Cet ouvrage a été désaffecté en 1970 au profit du Canal de Provence.

Je suis étonnée de trouver parfois des parois lisses en béton, restées en bon état, presque à la verticale ou fortement inclinées ; la nature et la consistance des parois, leur inclinaison, la largeur du fond, peuvent limiter la vitesse maximale admissible à proximité de celles- ci. On se sert de ces paramètres pour accélérer ou ralentir la vitesse de l’eau.

Continuer la lecture de Sur les traces de l’ancien canal du Verdon, circuit du Collet Blanc

©copyright randomania.fr

Lac de Bimont à sec, Vauvenargues



Ces photos ont été prises entre mai et septembre 2018, au fur et à mesure que la retenue de Bimont se vidait pour les travaux du barrage. Lieu-dit Tournin d’Arles à Vauvenargues. Spectacle et marche insolites que vous n’aurez p!us jamais occasion de revivre…

Le temps qu’il fait aujourd’hui à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

Extrémité Est du barrage de Bimont :

La plante d’abord verte puis rouge : Persicaire ou Renouée à feuilles d’oseille

Le pont de pierre sur la Cause, habituellement sous l’eau :

Le lit de la Cause progressivement disparaît :

La remise en eau est prévue courant 2019 : quelques changements sont donc à prévoir.

Image d’un itinéraire possible 3km500, 1h déplacement, 52m dénivelée (+130, -130) ; en rouge un tracé possible ; en noir le niveau habituel de la retenue. On est bien en dessous !

©copyright randomania.fr

Pichauris, puits d’Arroumi, château de Ners



Pichauris1, ancien hameau rural rattaché à Allauch est devenu domaine départemental : c’est ma première visite ; j’emmène Claude et Majo.

Ce Parc Départemental a été acquis en 2006. Situé au coeur des Massifs de l’Etoile et du Garlaban, ses 1 368 hectares parcourent le paysage si cher à Pagnol.
Ce Parc présente un double visage, d’un côté marqué par les conséquences de l’incendie de 1997 sur l’Etoile, de l’autre riche d’une garrigue à chênes kermès, à thym et à romarin. Site du Conseil départemental, domaine de Pichauris

L’album photos Pichauris

Nous sommes arrivés tôt et heureusement car à notre retour, les automobilistes se battent pour une place. Avec son environnement sec et caillouteux, des collines et du dénivelé, des pistes mais aussi plein de sentiers alternatifs, cette randonnée n’est pas si facile.

C’est à l’auberge de Pichauris que Joseph, le père de Marcel Pagnol, rêvait de vendre la moitié des grives qu’il avait chassées (Relire Le château de ma mère) ; dans presque chaque livre de Pagnol, on parle de Pichauris et de la chasse dans ses bois ! Yves Robert y a tourné la majeure partie des scènes de La gloire de mon père et le château de ma mère. Sur le cadastre napoléonien, les postes de chasse y figurent clairement ainsi que les fours à chaux, richesse naturelle du domaine.

Le Marquis Pierre d’ALBERTAS, inféodé aux Evêques de Marseille, qui prit définitivement possession des lieux en 1357, et ce pratiquement jusqu’au début du XXè siècle […]. Pendant 2 ans (1791-1793), Pichauris fut rattaché à Peypin car les habitants fréquentaient plus facilement son église. C’est à la suite d’une pétition des habitants que le Domaine retourna dans le giron d’Allauch. Il est a noté que le Four à Chaux et la Plâtrière fonctionnèrent jusqu’en 1930. Selon le bulletin municipal 98 d’Allauch, 2007

Le pays de Pagnol n’est pas aussi sec qu’on le pense puisque nous croisons rapidement le puits de Baptiste Long et le lavoir de la ferme de Pichauris. Triton vert a répertorié 28 sources ou puits dans le massif du Garlaban et ses environs.

Le village de Pichauris se trouve sur la gauche, avec ses trois anciennes bergeries et sa plâtrière au bout du chemin de Regage. C’est dans une de ces maisons abandonnées que fut tournée la scène du film de Pagnol sur la bastide des vacances de Marcel. La vraie Bastide Neuve se trouve à la Treille.

Après un petit bout du GR 2013, nous quittons la grande piste pour un sentier qui sinue dans la garrigue jusqu’à la table d’orientation où un VTTiste, en un saut bien rapide, réussit à identifier Sainte-Victoire, l’Olympe et son curieux bec, les antennes du mont Marseillais à 3 km à vol d’oiseau et la plaine de Pichauris.

Cette partie que je vous décris maintenant, peut être évitée pour une randonnée plus courte et plus facile en famille. Au lieu-dit les Grands Chênes, il y avait au début du XIXe l’Entrepôt de bois de Baragne2 (parcelle 97, Pichauris C2, 1824) au croisement du chemin de la Bourdonnière à Pichauris et du chemin des Grands Ubacs ; non loin de là, un four à chaux était bâti près du chemin et adossé à la pente : le four devant être alimenté en permanence pendant la cuisson, il fallait donc que le bois soit disponible et proche, d’où la construction de cet entrepôt qui devait être de dimensions importantes puisque le propriétaire (Barthélémy Jeanne-Rose épouse Camoins en 1824) était imposé sur sa surface, et le volume de baragne devait permettre de cuire au minimum une à deux fournées de calcaire ;  pour calciner 1 m3 de chaux dans un four de 60 à 75 m3, il faut pour un feu de 100 à 150 heures - près de 2 m3 de bois de corde, ou 22 m3 de fagots, ou 30 m3 de fascines de genêt ou de bruyèreFours à chaux dans le Var . La chaux vive était probablement éteinte par de l’eau venant par une canalisation depuis la source proche mentionnée sur la carte. Lire aussi Fours à chaux du vallon de la Panousse.
Merci à UnDeBaumugnes pour son aide sur ce sujet.

Nous prenons la large piste sous les rochers des Grands Ubacs ; le terrain est plutôt agréable et facile mais quelle montée sur 2 km700 pour passer de l’altitude 422 à 631 avec la chaleur qu’il fait en cette fin d’avril ! aussi quand le puits d’Arroumi3 est en vue, je sais que c’est là qu’aura lieu le pique-nique ; la pompe a été bloquée, sans doute réservée à l’usage des bergers ; un cycliste essaie de récupérer un fond d’eau pas très propre qu’il traitera ; un autre groupe de randonneurs s’installe également à côté de nous. C’est LE lieu de rendez-vous incontournable mais sans eau : amenez la vôtre.

Continuer la lecture de Pichauris, puits d’Arroumi, château de Ners

©copyright randomania.fr

** Du vieil Eygalières au monastère de l’Epiphanie en passant par la chapelle Saint-Sixte



Une première courte visite de la colline surplombant le château m’avait séduite ; j’ai donc prévu une randonnée qui me donnerait l’occasion de circuler librement dans le village ; en me garant sur le parking face à l’école, j’étais certaine de n’avoir aucun problème pour trouver une place de stationnement. Le site Patrimoine en pays d’Arles y recense 20 points d’intérêt patrimonial : je ne les ai pas tous découverts, je reviendrai. Au IVe siècle, les Romains captent les sources dites guérisseuses du quartier Saint-Sixte AQUALERIA qui deviendra Eygalières (en provençal Eigaliero). J’ai privilégié la visite du village mais vous pouvez la faire après la randonnée.

L’album photos

La Grande Fontaine, fièrement, porte le buste de la Marianne républicaine.
L’église neuve Saint-Laurent (1905) a remplacé la vieille église : ses murs ne me semblent pas verticaux…

La place des Pago-Tard

fait référence aux habitants du lieu : dès lors que s’est installée une relative stabilité politique et sociale aux alentours du XVIe, l’agglomération s’est progressivement étendue vers la plaine, au sud. Les derniers occupants de la ville haute furent les ouvriers agricoles, les populations les plus modestes qui n’avaient pas les moyens de faire bâtir une nouvelle demeure et qui ne payaient leurs dettes qu’après la récolte, d’où leur surnom de « paye-tard ». Selon e-patrimoine en pays d’Arles

En passant devant cette place aux herbes, avec ses bancs de pierre qui invitent au repos, je reconnais la photographie du livre de M. Pezet : c’était la place de l’ancienne halle aux plantes fourragères construite en 1785 puis détruite en 1930.

La porte de l’Auro1 doit son nom au mistral qui s’y engouffrait. Dans la ruelle de la porte de l’Auro, étroite et fermée, quelques bouches à feu sont encore visibles dans le mur de droite.
Hors tracé : en se dirigeant vers l’ouest, en direction du moulin à vent, une bouche à feu ou canonnière2 d’angle, assez rare dans les fortifications, est encore bien visible malgré l’arbre qui pousse devant. Perché sur son socle rocheux, depuis la tour du moulin à vent (1711), vous aurez une belle vue sur les Alpilles et côté ville, sur l’hôtel Isnard.

En regardant avec attention, on trouve des traces de l’enceinte primitive (XIIe) qui entourait uniquement l’éperon rocheux, puis de la seconde enceinte (XIIIe-XVe) destinée à englober les maisons qui étaient venues s’agglomérer contre le premier rempart. Quelques vieilles et hautes maisons de pierre aux fenêtres à meneaux, des ruelles étroites, des voûtes de pierre complètent le tableau ancien. L’hôtel Isnard (XVIe) en partie restauré, en est un bel exemple ; Bruno Isnard (1656-1694) était un grand propriétaire terrien à Eygalières qui est dit bourgeois de cette ville dans un acte de vente de sa veuve du 09-12-1695 (Paul Bertrand, f° N°751) ; dans la société du XVIIe, la bourgeoisie est une classe de riches, travaillant beaucoup et possédant des terres ; la famille Isnard possédait également le mas de la Brune, classé monument historique.

Au croisement des rues Docteur Roque / Safranière, un grand calvaire dont je n’ai pas relevé la date. Hors tracé : la rue Safranière avec la façade de la maison de  la famille Estrangin et de leur moulin (appartenant, au début du XXe, à la famille Milhaud) situés à l’aplomb de la tour de l’Horloge. Il a fonctionné jusqu’en 1925. Cette rue se prolonge à l’est par l’ancienne draille des troupeaux, intéressante pour les randonneurs, mais presque impraticable, envahie par la végétation et coincée entre un mur et un grillage…

Un escalier caladé monte au sommet du rocher un peu accidenté tout de même, d’où vous aurez une vue sur les toits du village et sur la chaîne des Alpilles. Il y avait là le château, ses quatre tours rondes, le donjon et sans doute quelques habitations troglodytiques.
Au premier étage de ce donjon seigneurial éventré, logeait le seigneur. Derrière, le puits de 80 m de profondeur. Il ne reste de cette tour que le premier niveau  – une salle de garde – surmonté d’une Vierge : aucune preuve qu’elle rappellerait un miracle de 1893 comme le colporte la tradition.

En jetant un œil en contre-bas avant d’arriver à la tour de l’Horloge, vous verrez les ruines du  moulin à huile Estrangin, le dernier en activité dans le village, avec une arcade, un bac de pierre, des rigoles ; sur la photo ci-contre extraite du livre de M. Pezet p. 53, on peut voir la meule à rotation animale et les vis du pressoir à chapelle contre le rocher.

La tour de l’Horloge, reconstruite avec les pierres du donjon en 1676, commémore le rachat du village et des terres par la communauté, la libérant de la tutelle de son seigneur Henry de Guise.

En juillet 1652, le prince de Condé obtient la libération du duc de Guise détenu en Espagne depuis avril 1648 ; en 1660, Guise, lourdement endetté, vend aux habitants, pour la somme de 48 000 livres, tout le domaine de sa seigneurie mais il garde la justice, le château et le  péage de la Vallongue, au fort d’Ancize. A.C. d’Eygalières, registre « Vente de la terre d’Eygalières » f° 8 et 9 ou Les Alpilles, Eygalières et Mollégès des origines au XVIe, M. Pezet, Imprimerie Mistral, Cavaillon, 1949

Tour carrée, coiffée d’un campanile, ses arêtes sont protégées par des pierres de taille posées en harpage3. La cloche de 350 kg – prénommée Jésus Marie Joseph– fêlée en 1855, est refondue par Pierre Perron d’Avignon la même année. Son mécanisme datant des années 1850, est toujours activé mécaniquement par deux contre-poids. Bulletin municipal 94 mai 2016

Au-dessus de la porte d’entrée de la tour, une plaque de marbre rappelle que l’horloge fut restaurée en 1968 sous la mandature de Monsieur Breugne de Valgast Gaston, pour éviter l’érosion de celle-ci et la chute de pierres.
Le maire de l’époque Jean Roque, bonapartiste convaincu, fait graver sur la nouvelle cloche un aigle avec ses aiglons ayant en exergue la devise Aquilarum rupes (rocher des aigles) pour complaire à l’empereur Napoléon III. Bulletin municipal 79 de juin 2015.

En 2015, elle a dû être démontée par un cordiste monté en rappel sur la tour : les engrenages étaient bloqués.

De là haut, je vois bien la petite colline à l’est où se trouve la grotte Fernet appelée communément la « Baumo-Sourno », ce qui signifie en provençal, la Grotte sombre ; je me promets au retour de trouver comment y monter.

La chapelle des Pénitents Blancs, édifiée en 1581 contre le rempart nord-est, a servi de charnier lors de la peste de 1720 car les pénitents étaient chargés d’y enterrer les victimes. La tour de défense située dans l’angle est reconvertie en sacristie. A partir de la dissolution de la confrérie en 1881, la chapelle est laissée à l’abandon. En 1947, Maurice PEZET crée l’Association Les Amis du Vieil-Eygalières, qui après plusieurs années d’efforts, consolide le clocheton et restaure la chapelle des Pénitents. L’association en a fait un musée d’histoire locale, musée Maurice Pezet, D’après le site e-patrimoine en pays d’Arles

Le Musée Maurice Pezet, inauguré en 1967, regroupe et présente les découvertes, du paléolithique à aujourd’hui, faites dans la commune d’Eygalières. En complément, sous forme de panneaux manuscrits, les recherches de Mme Suzanne PEZET auprès des archives relatent en détail l’histoire du village.
Le Musée est ouvert de Mars à Novembre (tous les dimanches et jours fériés, + les journées du Patrimoine) par les bénévoles de l’Association qui continuent de mener l’action originelle de sauvegarde et des restauration du Patrimoine historique et culturel d’Eygalières. C. Delage, présidente de l’association, et J. Delage, par mail

Au zoom, je vois bien que le clocheton porte une inscription mais si je repère la date je n’arrive pas à la lire en entier. Supposant qu’elle a été laissée par un Compagnon, je contacte Jean-Michel Mathonière, spécialiste du compagnonnage qui a écrit plusieurs livres sur le sujet ; il me donne le texte en entier :

La Pansée du S. E[sprit C]ompagnon Passant Tailleur
M.M.                                    De Pierre 1743

La partie centrale avec [sprit C] a été détériorée (par la foudre ?) et n’est plus lisible. M.M. signifie « maître maçon » […]
Il y a une autre inscription juste au-dessous du fronton, au-dessus de l’arc, en capitales très soignées : MATHIVINARD.REC. Je pense qu’elle concerne le recteur en exercice de la confrérie des Pénitents blancs lors de l’érection du clocheton, un dénommé Mathieu Isnard.

Et comme je cherche la marque d’un outil ou un blason, il précise :

Il est rare, d’autant plus sur une partie visible d’un édifice religieux, que les compagnons tailleurs de pierre gravent leur blason. En l’occurrence, s’ils l’avaient fait, il se serait assez certainement composé du compas, de la règle et de l’équerre entrecroisés et entortillés d’une couleuvre, emblème de la Prudence, le tout entre des palmes. […] Le serpent compatissant

En lisant quelques pages sur son site dédié au compagnonnage, je constate que sur le millier de Compagnons passés par Avignon au XVIIIe et XIXe, 72 se surnomment La Pensée de [ville d’origine]. C’est sous cette identité compagnonnique qu’un Compagnon signe le Rôle4 à son arrivée dans la ville (s’il a déjà été reçu), ou au moment de sa réception.

Je suis descendue ensuite vers l’ancienne église Saint-Laurent (classée Monument Historique en 1983), dont j’aperçois le clocher. Reconvertie en temple de la raison après la révolution, elle accueillait donc les peuples sous la devise de la liberté et de l’égalité afin de revenir aux principes fondamentaux de la République.

Saint-Laurent fut édifiée au XIIe siècle dans le vieux village d’Eygalières. On en trouve déjà trace en 1155 dans une bulle du pape Adrien IV. Elle était bâtie contre le rempart, près du pont-levis, agrandie au XVe puis au XVIIIe. Le clocher détruit à la révolution est reconstruit en 1854. La porte a été exhaussée au moment de la construction des nouveaux remparts. Sous la nef, se trouvait un silo à grain destiné à recevoir les redevances de la dîme. En 1702, 36 familles avaient encore leur caveau sous la dalle de l’église. Elle est remplacée en 1905 par l’église neuve Saint-Laurent, non loin de l’école.

Continuer la lecture de ** Du vieil Eygalières au monastère de l’Epiphanie en passant par la chapelle Saint-Sixte

©copyright randomania.fr

Circuit Pagnol au départ de la Treille



Ce circuit Pagnol est organisé par l’Amicale des personnels du rectorat. Un peu inquiète de la difficulté, je demande à notre président, Franck, de m’envoyer le tracé que je prépare fidèlement à l’aide de mes outils cartographiques : 14 km avec un cumul de dénivelées de 774 m, sur des sentiers parfois escarpés ou caillouteux, difficulté 3/5 selon la nouvelle cotation de la FFRP (pour personnes ayant de l’entrainement physique moyen) ; je prévois une alternative plus courte. Sur une suggestion de Majo, les Aixois de la communauté d’OVS, plus tout jeunes, décident de se mettre en route plus tôt et d’attendre le reste du groupe à la grotte du Grosibou. Evidemment ça ne se passera pas ainsi…

L’album photos complet

Trouver l’ancien village de La Treille, coincé entre Allauch, Aubagne et Marseille (11e), à l’aide de deux GPS qui indiquent parfois des directions opposées, ne sera pas facile. Et nous n’avons pas de carte routière papier ! la technologie n’est donc pas toujours la meilleure solution…

Origine de La Treille : viendrait du nom d’une famille de Ligurie qui s’y installe avec ses deux enfants Claude et Jean Paul au XVIe. Jean Paul est toujours dans les textes affublé de son surnom : Jean Paul dit la Treille ! selon François Barby, revue Marseille

Quand nous arrivons, tout le monde est déjà là : c’est raté pour prendre de l’avance ! C’est dans ce village que se trouve la maison de vacances de la famille Pagnol.

– Vous n’allez pas me dire que vous allez à La Treille ?
– Nous traversons le village, dit mon père, mais nous allons encore plus loin.
– Mais après La Treille il n’y a plus rien !
– Si, dit mon père, il y a Les Bellons. Marcel Pagnol

Nous commençons par le cimetière de la Treille où est enterré Marcel Pagnol, sa fille Estelle et sa mère Augustine morte un 16 juin (1910) comme aujourd’hui ; la tombe se trouve face à l’entrée avec une épitaphe de Virgile : Fontes, amicos, uxorem, dilexit ; dans une autre sépulture Pagnol, sont enterrés son père et la seconde femme de celui-ci Madeleine ; Maurice, le petit Paul, Germaine, René (et sa femme Martine), ses frères et sœur nés du premier mariage de son père avec Augustine ; depuis 2016, sa nièce Andrée, fille de sa sœur Germaine. C’est là dans ce cimetière que sont enterrés également son ami Lili des Bellons (Baptistin David Magnan de son vrai nom), mort pour la France à 21 ans et le maçon Marius Brouquier.

La montée démarre aussitôt, passant devant l’église et la fontaine de Manon, la villa la Pascaline, louée par Pagnol dans laquelle il a écrit les premières pages de ses souvenirs d’enfance.

Ce devait être en janvier 56. Mon frère […] avait […] décidé d’aller, avec sa femme, s’installer pour quelques semaines à La Treille, dans […] la villa rebaptisée aujourd’hui La Pascaline, qu’il avait gardée en location depuis le tournage de Manon des sources. La nuit tombait vite, nous rentrions tôt. Marcel passait une partie de ces longues soirées à écrire. Germaine Gombert

Insensiblement, nous passons dans la commune d’Allauch ; dans la traversée des Bellons, je reconnais la fontaine devant la Bastide neuve où la famille Pagnol passait ses vacances au grand air, pour le bien d’Augustine, la mère de Marcel Pagnol, de santé fragile. S’ouvre alors un paysage de collines typique des films de Pagnol.
Les lieux de tournage des films d’Yves Robert ne sont pas toujours les lieux vécus par Marcel dans son enfance : par exemple, dans le film, la Bastide Neuve est aux Plâtrières à Pichauris.

La maison s’appelait La Bastide Neuve mais elle était Neuve depuis bien longtemps. Pagnol

Sous la Grande Tête Rouge, rouge de la bauxite, un grand abri sous roche sous les deux citernes DFCI. Au croisement marqué Escaoupre1 nous obliquons dans le lit d’un ruisseau à sec, sur de grandes dalles plates parfois creusées de marmites remplies d’eau, parfois circulant dans un étroit passage envahi par la végétation, signe qu’il y a encore de l’eau.

Après un petit arrêt photos – en haut de g. à d. : Marianne, Nathalie, Franck. En bas Maurice, Sylviane, Cédric, Marie-F., Sandrine, Majo, Claude – par un pas un peu haut dans la paroi rocheuse, nous rejoignons le sentier et poursuivons jusqu’au barrage non loin de la source du Chien ; Jean-Luc a pu y voir la cascade en furie. Au loin, Franck nous montre un petit abri sans toit où dans le film, Marcel trouve refuge le jour où…

Soudain, une ombre passa sur le taillis. Je levai la tête, et je vis le condor. […] Je pensai qu’il était venu par curiosité pure […]. Mais je le vis prendre un large virage en passant derrière moi et revenir sur ma droite : je constatai alors avec terreur qu’il décrivait un cercle dontj’étais le centre, et que ce cercle descendait peu à peu vers moi ! Je cherchai des yeux […] un refuge  : ô bonheur ! À vingt mètres sur ma droite, une ogive s’ouvrait dans la paroi rocheuse […] Je marchais tout droit devant moi, à travers les cades et les romarins, les mollets déchirés par les petits kermès […]. L’abri n’était plus qu’à dix pas : hélas, trop tard ! Le meurtrier venait de s’immobiliser […] Soudain, il plongea, à la vitesse d’une pierre qui tombe. Fou de peur, et mes yeux cachés derrière mon bras, je me lançai à plat ventre sous un gros cade, avec un hurlement de désespoir. Au même instant retentit un bruit terrible […] : une compagnie de perdrix s’envolait, épouvantée, à dix mètres devant moi, et je vis remonter l’oiseau de proie : d’un vol ample et puissant, il emportait dans ses serres une perdrix tressaillante […] Pagnol, la gloire de mon père

Au virage vers l’est, commence la plus rude épreuve de notre parcours : 131 m de dénivelée sur une distance horizontale de 401 m, soit une pente de 33%, piste classée de difficulté rouge, voire noire si l’on tient compte de la nature du terrain. Le groupe s’étire ; Franck organise plusieurs pauses à l’ombre. Je m’accroche parfois aux branches, souffle et sue à grosses gouttes, encourage Majo qui maintient l’intensité de l’effort bien qu’elle soit au bord du malaise.

Finalement tout le monde se retrouve au Pas du Loup : crâne, visage, bras ou mollets sont rougis par le soleil qui chauffe à plus de 25° et pas de vent ; pendant la longue pause, je cherche la gravure de berger la plus proche que j’ai repérée il y a deux ans avec Michel ; après 10 mn de recherche, c’est Franck qui l’aperçoit ; quelques gouttes d’eau versées sur le dessin et voilà la gravure qui apparaît en relief comme par magie ; nous n’en retrouverons aucune autre. Pourtant, sur ces dalles plates exposées au soleil, se cachent rosaces, fleurs, et un long serpent. Pour voir toutes les gravures de bergers, lire l’article Sur les traces des derniers bergers du Garlaban. Le petit Paul, frère de Pagnol, dernier chevrier d’Allauch, y aurait gravé un de ces dessins.
Au sud du Pas du Loup, vers les barres de la Garette, eut lieu la scène des Bartavelles de la Gloire de mon père.

Continuer la lecture de Circuit Pagnol au départ de la Treille

©copyright randomania.fr

Randonnée et interdiction de circuler été 2018 : Bouches-du-Rhône



Bouches-du-Rhône, 2018 : du 1er juin au 30 septembre (prolongé jusqu’au 15 octobre) – informations pratiques

Annonce le 28/09/2018 de la prolongation du dispositif jusqu’au 15 octobre 2018 en raison d’un épisode de mistral annoncé.

Attention ! changement de code couleur

Comment s’informer ?

  • Site de la Préfecture *** La carte du jour avec la légende des couleurs en 2018 ***, sur une nouvelle page
    En temps réel, la carte seule, disponible la veille de la randonnée, à partir de 18h :

    N’oubliez pas d’actualiser votre page chaque jour par la touche de fonction <F5> !
  • Le serveur vocal dédié du Comité Départemental du Tourisme au 08.11.20.13.13 (tapez 1 pour ne pas entendre le message d’accueil – par massif ; par commune, il faut saisir le code postal sur le clavier du téléphone)
  • L’application iPhone ou androïd MYPROVENCE BALADE – Massifs
  • Le service départemental d’incendie et de secours
  • La mairie de la commune où se trouve la randonnée que vous avez projetée qui peut avoir restreint davantage que la préfecture.
  • Rappel :  www.prevention-incendie-foret.com. Le département Information et Prévention de Entente Valabre a créé ce site internet dédié à la protection de la forêt contre les incendies ; il regroupe des informations essentielles habituellement dispersées sur le site de la préfecture (le risque incendie, la réglementation et les Obligations Légales de Débroussaillement). L’application PREVENTION INCENDIE permet de signaler en temps réel un incendie dont on serait témoin.
! Ce qui change en 2018 ! : oubliez les codes couleurs des années précédentes ; risque noir supprimé, deux niveaux de risque ajoutés : vert et orange. En niveau ROUGE, la circulation des personnes, la circulation et le stationnement des véhicules sont interdits ainsi que les travaux : amis randonneurs, c’est donc le niveau ROUGE que vous devez surveiller.
Bouches-du-Rhône, 2018 : du 1er juin au 30 septembre – dispositions générales

Quatre niveaux de danger. Du 1er juin au 30 septembre, le niveau de danger feu de forêt est défini chaque jour à partir de 18 heures pour le lendemain ; en plus de la carte ci-dessus, l’information peut être affichée sous forme de tableau, par grand massif forestier et commune : Array (Attention ! lien dynamique qui change chaque jour en fonction de la date).

  • En niveau VERT, accès, circulation, présence des personnes autorisés, y compris pour travaux
  • En niveau JAUNE, accès, circulation, présence des personnes autorisés ; les travaux de 5h à 13h
  • En niveau ORANGE : accès, circulation, présence des personnes autorisés ; travaux interdits
  • … et si aucune disposition plus défavorable n’a été prise par la commune : arrêtés municipaux pris en 2017 par Rognac, Vitrolles, le Rove, Allauch, Auriol, etc. Array. Les arrêtés communaux 2018 n’ont pas encore été mis à jour par la préfecture.

L’amende forfaitaire est de 135€ pour qui ne respecte pas la réglementation.

Sur certains sites particulièrement touristiques et fréquentés, le gestionnaire peut demander explicitement une dérogation pour accueillir le public.
! Ce qui change en 2018 ! Sur le site de la préfecture, la liste des Zones d’Accueil du Public En Forêt (ZAPEF) a été mise à jour en 2018 (10 au lieu de 9) ; elles peuvent accueillir le public quel que soit le niveau de danger :

    1. Peypin : Peypin, Le Bois des Lutins
    2. Salon-de-Provence : Salon-de-Provence, Secteur accrosportif
    3. Salon-de-Provence : Salon-de-Provence, Secteur familial
    4. Charleval : Charleval, Parcours aventure du Bois
    5. Charleval : Charleval, Zone de loisirs du Bois
    6. Venelles : Parc des sports de Venelles
    7. Fontvieille : Site des Moulins
    8. Tarascon : Abords de l’Abbaye Saint-Michel du Frigolet
    9. Martigues : Parc de Figuerolles à Martigues
    10. Miramas/Saint-Chamas : Parc de la Poudrerie

! Rappel : les ZAPEF dans le massif de la Sainte-Victoire n’existent plus ! : vous ne pourrez plus jamais y randonner en niveau rouge.
* Télécharger l’arrêté préfectoral pris en 2013 (Arrêté préfectoral n°2013343-0007 du 6 décembre 2013) avec les planches annexes qui contiennent la délimitation des massifs forestiers.
* ! En 2018 ! Télécharger l’arrêté préfectoral publié le 28 mai 2018 (sans référence) : il contient les règles d’accès, de circulation dans les massifs forestiers pour les piétons, les travaux, les manifestations ainsi que les imprimés à retourner pour les dérogations.
Bien que ce ne soit pas précisé, l’arrêté de n°13-2016-02-03-003 de 2016 est probablement abrogé…

Merci à RSD Martigues , qui m’a informée en premier sur le sujet.

Continuer la lecture de Randonnée et interdiction de circuler été 2018 : Bouches-du-Rhône

©copyright randomania.fr

Roumavàgi au prieuré de Sainte-Victoire à partir du parking des Amandiers



Grand jour au Prieuré de Sainte-Victoire : c’est l’inauguration des nouveaux vitraux de la chapelle et le traditionnel pèlerinage (roumavàgi en provençal) qui se perpétue le dimanche le plus proche du 24 avril, sur la montagne Sainte-Victoire.
# Liste de tous les parcours menant au Prieuré dans ce blog
Je me suis garée sur le parking des Amandiers, 3 km après le hameau des Bonfillons, pour laisser libres les places du parking des Venturiers. Partie vers 8h, je découvre le sentier qui va rejoindre le GR9 ; Philippe l’a balisé de ruban rouge et blanc, et apposé quelques pancartes là où le doute s’impose.
Ce sentier passe au pied des coteaux du Tounin d’Arles (cadastre napoléonien, E2, 1829), un bien drôle de toponyme qui m’évoque un nom propre (diminutif provençal d’Antoine ?), ou un oronyme signifiant hauteur (selon UnDeBaumugnes), mais en tous cas lié à la grande transhumance des troupeaux d’Arles ; la carraire arlésienne passait au nord de la route d’Aix à Vauvenargues à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau ; la carraire des Nègres (sans doute Négrel) arrivait au pied de cette colline, en venant de Beaurecueil et celle de Trotobas la poursuivait vers le nord jusqu’à la carraire d’Arles.
D’après le cadastre napoléonien de Vauvenargues, c’est donc bien sur les pas des bergers que je commence la randonnée. Le parking des Amandiers était-il un lieu de repos avant la rude montée sur le plateau ? Je serais prête à parier que la plus grosse pierre couchée au sol qui matérialise l’entrée du parking est une ancienne borne de transhumance : si je trouve la seconde, puisqu’elles étaient plantées par paire, j’en aurai la preuve définitive…

Avant de tourner à gauche pour longer la rivière, si la curiosité vous pousse à faire un saut jusqu’à l’extrémité orientale du barrage de Bimont actuellement à sec (2017-2019), passez le gué, probablement à pieds mouillés après les pluies ; vous découvrirez habituellement sous l’eau, un ancien pont de pierre sur la Cause, rivière qui coule sous vos yeux comme avant le barrage ; le petit chemin passant sur le pont rejoignait les Nègres (aujourd’hui les Sages) au Tounin d’Arles. Spectacle curieux que ces ilôts verdoyants qui côtoient des espaces caillouteux et secs et sur lesquels gisent des objets insolites ou des vestiges de murs de soutènement.

Le sentier longe les champs, passe dans un agréable sous-bois, traverse la rivière de la Cause sur un passage aménagé de pierres plates émergentes. Les enfants Alibert, qui vivaient ici au XIXe, étaient tous des bergers, filles ou garçons, sauf le père qui était agriculteur ; ne vous étonnez pas d’y retrouver encore des troupeaux de moutons.

Plus loin, un second gué rejoint le parking des Cabassols mais il ne faut pas le prendre mais monter vers l’est jusqu’à la jonction avec le GR9.

Ce petit parcours bien agréable n’enlève rien à la difficulté du tracé : vous retrouverez la montée raide et régulière, les parties bétonnées parfois entrecoupées de chemin de terre ; je croise le groupe des chanteurs qui va participer à la messe au Prieuré puis une dame en difficulté qui marche bien lentement mais sûrement. A la cote 710, je pars discrètement faire la maintenance de ma geocache ; je retire le logbook « all-weather writing paper » pour y lire les commentaires tout à fait lisibles malgré les intempéries qu’il a forcément subies : un anglais, des hollandais, un allemand, des autrichiens, un suisse, un tchèque,… et des français de tous horizons, sont passés par là. Presque tous écrivent qu’ils sont contents d’y faire une pause avant le dernier effort vers le Prieuré. Ci-contre un extrait de ce carnet de passage.

Summer #3a : le prieuré, la pause, nicoulina

Dernière partie, dans un sous-bois dans lequel vous apercevrez une stèle portant le nom de Lou ; puis la partie rocheuse, tout en virages aigus, zigzags, avec quelques pièges tant les roches sont hautes ou patinées ; je croise en cours de route un ami qui descend du Prieuré ; à peine le temps d’évoquer la Favouillane, dernière grande bergerie de Camargue, que je repars vers le Prieuré où l’inauguration a lieu dans une demie-heure.
Tous les Amis de Sainte-Victoire (AdSV) portent un brassard fluo les identifiant ; les bénévoles, trop nombreux pour être tous cités ici, connaissent la tache qu’ils ont à faire et, vu leur sourire, je pense qu’ils sont fiers de ce moment qui concrétise leur travail acharné durant plusieurs années.

Vous visiteurs, le temps d’une prière ou d’un échange avec un Ami de l’association, vous découvrirez les nouveaux vitraux de la chapelle et le cloître reconstruit.

Les vitraux ont été conçus par le maître verrier Gérard Tessier, fabriqués par les Passeurs de lumière de Massalia Vitrail, installés par les bénévoles de l’association. Une vidéo des Amis de Sainte-Victoire, des vitraux pour la chapelle, résume les différentes étapes de cette magnifique réalisation. A l’élégante montagne aux couleurs froides près de l’entrée, succède celle aux couleurs chaudes dans le fond de la chapelle.

Continuer la lecture de Roumavàgi au prieuré de Sainte-Victoire à partir du parking des Amandiers

©copyright randomania.fr

De l’abbaye de Silvacane au château de Janson



Nous quittons Aix-en-Provence, à trois, avec la pluie à laquelle succéderont rapidement le soleil et un léger vent d’ouest. Le parking de l’abbaye de Silvacane est désert.

Mon album photos

Nous longeons la route sur une voie parallèle puis nous passons d’un trottoir à l’autre jusqu’au centre du village de la Roque d’Anthéron ; Claude levé tôt s’arrête à la boulangerie pendant que je me renseigne sur la possibilité de visiter le parc du château ; une habitante me suggère de revenir pour le Festival international de piano car il ne se visite qu’a cette période ou aux journées du patrimoine. Je me glisse discrètement par une porte cochère entrebâillée pour voir le château de la Roque d’Anthéron qui abrite la clinique de Florans.

Nous revenons sur nos pas pour dévaler la rue de la dévalade. Les ânes viennent nous saluer. Dans le jardin du château, les oiseaux chantent à tue-tête ; la longue allée du parc fermé ne laisse rien voir du Petit château renaissance et du Grand château. Nous passons sous le pont-canal EDF aux berges surélevées. Au fond du pré de la Petite Camargue, les chevaux nous observent sans s’approcher. Nous allons suivre ce canal sur des kilomètres, sans difficulté, en évoquant les prochaines randonnées. D’abord route macadamisée puis piste plus ou moins boueuse, à partir de Gontard, les berges se rapprochent de la Durance qui ne ressemble plus à la tumultueuse rivière d’autrefois.

Sur le côté gauche, des vestiges de l’ancien canal de Craponne dont le tracé est encore reproduit sur la carte IGN de 1950 ; sa dernière prise d’eau (xviiie) n’a pas été emportée par la Durance.

Creusé de 1554 à 1559 par Adam de Craponne, il avait sa prise à La Roque d’Anthéron au site de Gontard. C’est l’essai le plus ancien de dérivation des eaux de la Durance vers la Crau ou la mer. […] Jusqu’à la création du Canal EDF, il remplit parfaitement ce rôle, malgré quelques sécheresses difficiles. D’après le livret du patrimoine de l’office du tourisme de Charleval, ou MyProvence

Au panneau d’interdiction posé par l’EDF, le canal alimente une usine EDF. Marie, respectueuse des lois, hésite à passer ; pourtant un passage piéton est aménagé sur le côté du poste EDF, unique moyen de suivre le PR peint de rose et vert délavés. Ensuite nous arrivons au déversoir du bassin de Saint-Christophe.

Son parcours [le canal EDF] chemine ensuite près de Meyrargues, à l’écart de la Durance, puis près du château de Fonscolombe, de Puy-Sainte-Réparade, et du château d’Arnajon. […] Près de Mallemort, une troisième centrale est alimentée par une chute d’eau sur le canal. Selon wikipedia

Petit écart au pont suspendu de Cadenet, enfin ce qu’il en reste, soit les deux piliers, à chaque extrémité. C’est en 1974 qu’il est définitivement déclaré hors d’usage et remplacé par le pont actuel.

Pour franchir la Durance à cette hauteur, un bac est présent depuis le XIè siècle. Comme tous les bacs, leur utilisation est très difficile pendant les hautes eaux, et donc en 1834, le Conseil général de Vaucluse, ainsi que la commune de Cadenet demande en remplacement la construction d’un pont suspendu.
[…] le pont suspendu est ouvert à la circulation en Octobre 1839 moyennant droit de péage. Un règlement de police spécifique réglemente l’usage du pont : Il limitait à 6000 kg le poids maximal des attelages à deux roues, A 8400 kg le poids des attelages à 4 roues […] Les chevaux devaient marcher au pas, les attelages devaient être distants d’au moins 50 m, Les troupeaux de bœufs ou vaches devaient passer par fraction de 10 bêtes, Les hommes de troupe devaient passer sur les flancs en deux rangs, et la cavalerie par pelotons de 20 cavaliers.
Le pont devient propriété des départements des Bouches du Rhône et de Vaucluse en 1883 […]. D’après Base d’ouvrages en service ou construits au XIXème siècle en France

Claude nous rappelle un bout d’histoire de la seconde guerre mondiale : Henri Blanc originaire de Lambesc a saboté le pont de Cadenet, qu’il a rendu inutilisable le jour même du débarquement en Provence. Les ponts suspendus de la Moyenne Durance, site de Claude

Continuer la lecture de De l’abbaye de Silvacane au château de Janson

©copyright randomania.fr

La montagne de Vautubière à partir de Rians



Aujourd’hui nous partons à l’assaut de la montagne de Vautubière orienté NO-SE, entaillée par la cluse de la Durance. De là haut, les points de vue sur la vallée et les montagnes environnantes sont exceptionnels : pratiquement toutes les montagnes provençales sont visibles à moins de 100 km à vol d’oiseau.
Les photos de Yves Provence
Mes photos
Les photos d’Emotion
Les photos de David

Nous partons du chemin de Saint-André qui traverse les Espargades et nous stationnons à l’angle du chemin de Langouste et du chemin de Simiane. Après le ruisseau de Saint-Paul dont la surface est gelée, j’enfile mes gants car le froid est mordant. Un virage en épingle à gauche et la montée commence, longeant bientôt le vallon de Vaudet. Au niveau du lieu-dit Guentié, Daniel nous montre Cadarache dans la vallée de la Durance et son impressionnante ferme de panneaux solaires. Par intervalle, une trouée laissant passer le soleil, nous ne serons jamais totalement à l’ombre.

A la cote 632, Yves propose d’aller à la recherche d’un ancien point géodésique ; le sentier est étroit mais visible. Au sol des centaines de pois blancs, ronds et lisses tapissent le sol. Ressemblant de loin à des petites billes de polystyrène, ils sont enveloppés d’une petite peau comme les pois chiches. Nous n’en verrons qu’à cet endroit là. UndeBaumugnes est venu une nouvelle fois à mon secours : il a reconnu la boviste plombée, champignon sans pied, blanc quand il est jeune, reliée au sol par une masse de fibres qui se rompent à maturité exposant l’enveloppe interne blanchâtre qui prendra plus tard la couleur du plomb.
Les pieds se tordent sur un pierrier en arc de cercle dont on devine le reste d’un mur bas. Classé comme oppidum de la Vautubière 1 d’âge du fer par le service d’archéologie, cette enceinte ovale (32 m x 42 m) serait un ancien lieu de culte gaulois.

Les gaulois possédaient des enceintes sacrées (téménos) où ils avaient commerce avec leurs divinités au travers d’offrandes. Culte pratiqué par des guerriers, riches propriétaires, druides : seuls les druides pouvaient comprendre la volonté des dieux. la Gaule une redécouverte, Documentation Photographique 8105

Ne ne trouverons pas le point géodésique mais une vue plongeante sur la métairie de Simiane coincée entre des champs cultivés ; nous passons insensiblement du Var aux Bouches-du-Rhône, de Rians à Jouques.

Nous repartons vers la vigie de la Vautubière en commençant par une longue descente caillouteuse qui en met mal à l’aise plus d’une. La dernière montée vers la vigie est dure mais sur large piste ; à peine arrivés, nous nous installons au soleil pour le pique-nique. Pas de pompiers pour nous offrir la protection du bâtiment de la vigie.

Après le repas, un groupe se détache pour sinuer sur la crête de Vautubière, ses arêtes anguleuses et ses passages légèrement escarpés qui lui donne des allures de petite Sainte-Victoire ; depuis cette ligne, les points de vue sont multiples ; en partant de Sainte-Victoire que vous reconnaîtrez par sa silhouette en dentelle irrégulière, en tournant sur vous-mêmes vers la gauche (boussole et jumelles recommandées) :

Continuer la lecture de La montagne de Vautubière à partir de Rians

©copyright randomania.fr

Rognes, le sentier des vignerons sous la neige



Nous devions partir à quatre, nous ne fûmes que deux ; quand les premiers flocons sont tombés dès 7h du matin, deux se sont désistées ; les plus téméraires, Claude et moi, ne le regretterons car le silence et la blancheur ont transformé les paysages, renforçant le caractère insolite de la balade. Inspirée de l’Ecobalade de Rognes j’y ai ajouté une variante en altitude vers la crête de la chaîne des Côtes.
Inauguré le 12 juin 2010, ce sentier des vignerons (Rognes), après celui de Puyloubier, fait désormais partie du Réseau des sentiers des vignerons coopérateurs des Bouches-du-Rhône. Par chance nous trouvons une place sur le petit parking près du lavoir ; de toutes façons, le grand parking à l’entrée de Rognes, avant la chapelle saint-Denis en venant d’Aix-en-Provence, a toujours des places disponibles (ajouter 1km A/R).

L’album photos le sentier des vignerons sous la neige

La première photo prouve bien qu’il neige : on voit les flocons devant le lavoir du XVIIe siècle, le lavoir de Fontvieille, restauré au XIXe siècle. Nous commençons sur route ; dès le premier écart sur un sentier, un paysage surprenant mais enchanteur s’offre à nous. Nous rejoignons la route ; les vignes sont couvertes de neige et taillées à la mode du cordon de Royat : les coursons verticaux leur donnent une allure d’épouvantail.

La taille en Cordon de Royat est une taille courte sur une charpente longue, caractérisée par 1 ou 2 bras horizontaux de 40 cm environ, portant 2 à 5 coursons ou porteurs, installés dans le sens du palissage sur le fil porteur, au minimum à 60 cm du sol.

De temps en temps, un panneau de bois marqué sentier des vignerons en écriture manuscrite appliquée, balise le chemin. Nous pénétrons dans le bois par un sentier très empierré : après la montée raide et courte vers la crête, à partir de la citerne de Menourque, nous marchons sur un chemin totalement vierge : personne n’est encore venu jusque là. Au loin côté nord le Luberon a changé d’allure, comme strié de gris et blanc. Les collines les plus proches portent une chevelure grisonnante. Au sud, côté village de Rognes, une mosaïque de champs blancs. Au zoom, le rocher de Castellas dresse sa façade de pierre dominée autrefois par une tour castrale : ce serait l’emplacement du Castrum de Tarron du Xe qui donnera le nom de La Roque d’Anthéron.

A l’emplacement du cairn sommital (ne pas continuer tout droit), nous devons redescendre avec prudence jusqu’à la piste en contre-bas que nous allons suivre tranquillement ; nous croisons quelques VTTistes aventureux ; il ne neige plus. Claude commence à avoir faim : Il me faudrait un banc maintenant pour le pique-nique ! ; un banc dans les bois, cela semble peu probable et pourtant à midi et quelques minutes, non loin de Caïre Val, un banc providentiel sous les arbres, nous accueille. Nous n’y restons que le temps de récupérer des forces car la température, même s’il ne neige plus, n’est pas favorable à un stationnement prolongé.

Nous contournons l’institut Bouquet, maison de retraite de Caïre Val situé à l’emplacement de l’ancienne bastide de Caireval détruit en 1909. Le domaine du Caïre a été cédé aux institutrices du département par le docteur Bouquet en 1903 pour servir de lieu d’asile aux retraités.

Dans la vallée, il y a moins de neige ; la piste traverse les champs de vignes ; de ce côté, les arbres sont aux couleurs d’automne. Au loin c’est bien le Mourre Nègre et ses antennes hertziennes et à quelques mètres devant l’ancien canal du Verdon. Sur le chemin de Traspigut, une sentinelle de neige veille…

Le sentier rejoint la route non loin de la chapelle romane saint-Marcellin, notée en ruines par l’IGN en 1950 et reconstruite par des chantiers de jeunes. Lieu habité depuis longtemps comme en témoignent l’autel paléochrétien du Vè après J.-C. et les monnaies romaines découverts à Saint Marcellin à l’occasion de fouilles archéologiques.

La chapelle de Saint-Marcellin, près des ruines des Cannes, est reconstruite en 1136 (f). … Après le saint sacrifice, des prières sont faites pour les victimes des Sarrasins, sur le lieu même où elles périrent en plus grand nombre. A l’occasion de l’avènement de la Maison de Barcelone au comté de Provence, au préjudice de la Maison des Baux, les habitants de Rognes ont dû se retrancher dans leur castrum. Revue de Marseille et de Provence, Volume 31, 1885

La statue de l’évêque est encastrée dans la façade ; la massive croix de pierre face à l’édifice porte la date de 1989 qui correspond sans doute à la date de restauration. L’enclos au pied de l’ermitage sera bien agréable aux beaux jours. Aujourd’hui les traditions, interrompues en 1909 après le tremblement de terre, sont reprises : la messe, la bénédiction des vendanges et un repas.

Continuer la lecture de Rognes, le sentier des vignerons sous la neige

©copyright randomania.fr