** Confluence Ubaye-Durance vue d’en bas puis d’en haut



Après un reportage à la télévision sur le lac de Serre-Ponçon dont le niveau n’a jamais été aussi bas, j’accepte l’invitation d’Yves qui me propose de faire le tour du lac et découvrir à pied, si possible, la confluence de la Durance et de l’Ubaye, sous le village de Le Sauze-du-Lac.

l’album photos complet de Serre-Ponçon

Arrêt n°1 Remollon, cascade pétrifiante, pas très grande mais rafraichissante tout de même. Une eau de source chargée de calcaire et de gypse dissous dévale la montagne et vient terminer sa course dans la vallée de la Durance par une chute du haut d’une falaise de tuf, au niveau de la fontaine pétrifiante.

S.P.01 – Autour du Lac : Remollon, la cascade, Ti’Mars…

Arrêt n°2 bassin de compensation, à l’aval du barrage, créé lors de l’extraction des alluvions nécessaires à la construction de la digue de Serre-Ponçon : il joue un rôle régulateur en contenant les déversements importants de l’usine aux heures de pointe. Les turbines de son propre barrage permettent de fournir un appui énergétique ; le bassin de compensation est devenu un lieu d’importants rassemblements d’oiseaux migrateurs d’octobre à avril.

Arrêt n°3, la Bréole, belvédère sur le lac : là où le geocaching joue son rôle, c’est en proposant des caches bien placées comme celle située à Sardanne ; on y accède par un sentier pentu qui mène à un belvédère sur le lac de Serre-Ponçon, bien sécurisé par des barrières en bois ; en chemin, vous aurez une vue sur le village de la Bréole (Altitude : 939 m, 320 habitants) et le clocher carré de l’église Saint-Pierre, surélevé à la fin du XIXe pour exaucer le vœu d’Honoré Charbonnier, bienfaiteur de la commune.
Au loin, à peine visible, Yves m’indique le viaduc de Chanteloube, spectacle bien insolite quand on le voit de près. Enjambant le torrent des Moulettes, il était à destination ferroviaire, mais n’a jamais été utilisé. En effet, la construction de la ligne de chemin de fer Chorges/Barcelonnette, amorcée en 1909, est modifiée en raison du projet Serre-Ponçon puis finalement interrompue en 1935 alors que la plupart des ouvrages d’art sont achevés. Le viaduc de Chanteloube… dans l’eau !

S.P.49 – Autour du Lac : Sardanne Panorama, Ti’Mars…

Arrêt n°4, la Bréole, un tunnel ferroviaire qui n’a jamais servi : une fois garés près du défilé, Yves se rend compte qu’il connait ce tunnel ferroviaire, il y est venu en vélo mais venait de l’autre sens. Les murs qui devaient protéger la ligne sont quasiment neufs, la voie est désormais utilisable par les vélos et les piétons mais attention, pas de panique, le tunnel est sombre et long…

S.P.31 – Autour du Lac : L’Ubaye, Ti’Mars…

Arrêt n°5 cimetière d’Ubaye, il a été patiemment déplacé par les habitants avant l’envahissement du village par les eaux de Serre-Ponçon ; rien de ce qui émerge du lac n’est reconnaissable. C’est le seul village qui n’a pas été reconstruit.

Nous nous arrêtons au port saint-Pierre à Sauze1 du Lac pour le déjeuner. A l’abri du vent sur une table de pique-nique, nous observons le paysage bizarre sous nos yeux : la base nautique est fermée, il n’y a personne ; des collines émergent, les pontons d’amarrage serpentent au sec, l’eau est bien loin du port. Sur les strates en face, se lit le niveau optimal du lac (780m) qui, aujourd’hui, est de plus de 40 m en dessous. Nous espérons donc pouvoir marcher dans le fond du lac si le limon est bien sec. Depuis le 24 mars, les dernières cotes ont encore baissé :

24 mars : 739 environ soit – 41 m sous la cote optimale de la retenue
26 mars : 737,53
27 mars : 736.90
28 mars : 736.76
29 mars : 735.85
30 mars : 735,72
31 mars : 734,98 … et le 11 avril : encore plus bas : 731.33

Arrêt n°6, confluence : c’est maintenant qu’il faut marcher un peu pour rejoindre la confluence des rivières Ubaye et Durance, au pied du village de Sauze-du-Lac ; parcours aventureux dont il faut bien mesurer les risques car ils sont réels. Il commence par un sentier qui monte puis sinue en balcon au-dessus du lac ; cette partie a été aménagée en début d’année 2012 par une brigade ‘Sentier’ et ça se voit.
Quelques mètres en dessous de nous, un petit pont sur lequel devait passer au XIXe siècle un chemin partant du Plan d’Ubaye. Nous atteignons un carrefour ; le sentier en face de nous mène au village du Sauze quelques 200 m plus haut ; nous optons pour celui de Champinas.

L’ANCIENNE ROUTE : Champinas, Mpoup

Il devient de plus en plus sauvage et dégradé ; le haut du pont sous lequel s’écoulait un ruisseau se jetant dans la rivière est abîmé mais solide en-dessous. Il y a de l’eau dans le lac, nous ne sommes pas loin du barrage, mais de plus en plus de terres émergent. Un haut mur de soutènement nous permet de passer avant de croiser un premier éboulis rocheux ; certes, il frôle le vide mais avec prudence, nous passons au dessus. Nous entendons le bruit d’une cascade sans la voir  ; elle s’écoule sous forme de ruisseau dans une petite anse du lac ; rien de prévu pour le traverser à part faire un pas de géant en se reposant sur des mottes de terre durcies. Nous continuons jusqu’à la cache.

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Balade improvisée dans les vignes de la commanderie de Peyrassol



C‘était un dimanche de novembre, avec Majo et Marie à qui je voulais faire connaitre ce lieu ; personne à l’accueil de la commanderie ; seuls la constellation de trois sphères Univers de Skoda posées sur le talus en pente, puis le  surprenant Cylindre ouvert et aux couleurs, réalisé in situ par Daniel Buren, nous guident vers la cour intérieure. L’entrée est libre et gratuite en ce dimanche hors saison, mais la page visite du site n’en parle pas. Un peu gênées tout de même, nous entrons dans la cour de la propriété ; bientôt un homme circulant dans une voiturette de golf s’arrête près de nous, les sourcils froncés ; sans attendre, je lui demande l’autorisation de circuler dans le domaine : il nous l’accorde – que peut-on refuser à trois grand-mères bien sous tous rapports ? – en précisant de ne pas pénétrer dans la partie privée du domaine, celle où habite le propriétaire.

(un clic ouvre une miniature, un autre clic ouvre la photo en grand dans une nouvelle fenêtre)

Nous déambulons au gré de nos envies, à la recherche d’une soixantaine d’œuvres d’art monumentales ; pour nous, certaines ne sont pas de l’art mais qu’importe ; celles qui sont humoristiques ou figuratives, représentant des animaux, ou celles qui interpellent notre fibre scientifique, auront notre préférence.
Vous pourrez marcher dans les jardins, les bois, au milieu des vignes, sur les terrasses de cultures d’oliviers.

Pour que ce soit différent de ma dernière note présentée sous forme de diaporama Les sculptures monumentales de la Commanderie de Peyrassol, je commenterai quelques sculptures, inspirée pour cela par les critiques de l’application mobile et payante Peyrassol : le jour de notre visite, l’application ne m’a permis de géolocaliser les œuvres…

L’album de novembre 2017

Arche de Noë

Avec les animaux rencontrés dans le parc, je constitue pour vous une arche de Noë. Certains artistes ont beaucoup d’humour. Je ne connais ni le nom ni l’auteur de la vache qui broute dans ce pré ; dans l’espace mitoyen, un cheval de trait, un vrai celui-là, est prêt à tirer la calèche pour une visite du domaine.

Accident de chasse, P. Bernier

Nous avons eu envie de le consoler, cet hippopotame blessé, grandeur nature, enroulé dans des bandages ! Il semble faire sa convalescence tranquille à Peyrassol

Grand wapiti, F.-X. Lalanne

Sculpture animalière de bronze, élégante, ce wapiti est réduit à des lignes pures, uniquement pour magnifier le domaine.

Thesis A et Thesis B, Kostis Georgiou

La thesis est un temps frappé de la mesure mais en grec ancien « l’action de poser, de placer ». Disposés de chaque côté du chemin, légers et prégnants, les deux destriers saluent le visiteur qui passe entre eux les deux.

Le Roi des chats, J.-M. Folon

Illustrateur de renom, à partir de 1991, Folon travaille le plâtre, la terre, le marbre ou le bronze. Cet homme à tête de chat qui nous attend est caractéristique du style de Folon. La figure humaine est rassurante mais par ses traits félins, se mâtine de mystère. C’est un roi !

Hedgehog, Kostis Georgiou

Kostis agrandit avec facétie son microcosme peuplé d’êtres et d’animaux étranges commencé en 1970. Sculpture touchante et facétieuse, paradoxe de la nature : ambiguïté de la force du hérisson et de sa fragilité.

Awe, B. Flanagan

Flanagan renouvelle l’art animalier ; depuis 1979, le lièvre est sa figure de prédilection ; l’animal aux cuisses musculeuses et à la cage thoracique puissante nous invite à une danse, au son d’un tambourin.

Maman hippo, P. Berry

Cette sculpture se trouve au bord de la piscine du propriétaire ; vous ne pourrez la voir que si celui-ci ne réside pas chez lui. Frère du comédien Richard Berry, d’abord directeur artistique d’une agence de publicité, P. Berry se fait connaitre pour ses affiches de cinéma et décors de théâtre, entre autre pour sa femme Josiane Balasko dont il divorcera en 1999. Présence surprenante au ras du sol, la ronde maman hippopotame, qui distille bonne humeur et tendresse, m’avait bien fait sourire en 2016.

Grande petite fille, F. Langlade

Trois pièces toute blanches, que l’on dirait fragiles. Le lapin blanc ne vous fait-il pas penser au Pays des Merveilles ? Contradiction dans le titre : Grande petite fille, contradiction dans la figure ronde mais plate en épaisseur, contradiction entre solidité de la résine avec l’apparence fragile du Biscuit de Sèvres. Selon les spécialistes, c’est une figure de style qu’on appelle un oxymore1, ici sur trois plans : verbal, visuel et pictural.

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Circuit des anciens puits de mine par la voie de Valdonne



Sur une idée de Michel Rémy, j’avais parcouru le circuit des puits avec plaisir ; je l’avais relaté dans le circuit des mines à Gréasque mais je n’étais pas passée au musée de la mine, ni sur le territoire des communes minières limitrophes. J’ai donc bâti un circuit me permettant de tout faire.

L’album photos du circuit
Le chiffre entre crochets dans les citations se rapporte au numéro de page du livre Des compagnies minières… aux Houillères de Provence, Gilbert Bagnis, Presses du service d’arts graphiques gardannais, 1980

En arrivant au musée (4€ adulte, 2.50€ enfant en 2017) par la montée du puits, c’est le puits Hély d’Oissel (en abrégé PHO) que je vois en premier avec son chevalement métallique de hauteur impressionnante (25.5 m), inscrit à l’inventaire des monuments historiques en octobre 1989. Celui-ci ne fait pas partie des plus vieux puits. D’une profondeur de 450 m, le Puits Hély d’Oissel fut en activité de 1923 à 1960. Courte vidéo de présentation

Ce que l’on peut découvrir : du matériel d’extraction du charbon, la salle des machines, les outils du mineur, une galerie reconstituée.
Le musée de la mine reçoit une classe : la guide me propose de les accompagner pour cette visite pédagogique : c’est exactement ce qu’il me faut. J’achète le livret en vente.
Musée de la mine, Pôle historique Minier – Association la Carbouniero de Prouvènço, 5.50€, date ?

  • l’eau était un véritable fléau car elle inondait la mine et obligeait l’arrêt des chantiers. Une venue d’eau lors du fonçage des puits de l’Arc a définitivement condamné l’exploitation dans ce secteur… mais permis le développement industriel de la centrale thermique de Gardanne et de l’usine d’alumine (Pechiney, aujourd’hui Altea) qui fait tant parler d’elle à cause de ses rejets toxiques dans la baie de Cassis… La Galerie de la Mer longue de presque 15 km a permis de sauvegarder la mine et éviter le pompage ;
  • le bruit important de la machinerie destinée à descendre les mineurs était insupportable et continu ;
  • les oiseaux emportés dans la mine détectent l’oxyde de carbone ; la flamme de la lampe du mineur s’entoure d’une auréole  en cas de grisou.

A l’extérieur, il y a beaucoup d’engins dont je ne connais pas la fonction, mais aucune trace de ces petites bennes attachées par des chaînes flottantes qui transportaient le charbon jusqu’à la zone de criblage 700 m plus loin, près de la gare de Gréasque. Cependant sur des vues aériennes anciennes on les devine encore (zoomer près des flèches rouges).

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