* Rando et rand’eau dans le Colostre



Une idée d’Yves Provence, particulièrement originale et appréciable avec l’arrivée des grosses chaleurs de l’été : une randonnée sur terre le matin, un pique-nique au bord du Verdon à midi, et une remontée de la rivière Colostre l’après-midi… tant que les forces le permettent. Une randonnée aquatique donc.

J’avais emprunté avec un réel plaisir une partie du sentier de randonnée il y a quelques mois en y incluant la visite du village de Saint-Martin de Bromes. Le long du Colostre

Nous ne sommes que 9 au départ mais c’est un groupe de randonneurs qui, pour la plupart, se sont déjà croisés sur d’autres chemins. Nous partons du parking devant la mairie, traversons le pont sur le Colostre puis grimpons jusqu’à dominer la rivière de quelques mètres ; passerelleune ancienne barrière électrifiée abandonnée devait autrefois empêcher l’accès à ce sentier rocheux, pas si facile que cela ; puis nous cheminons en lisière de champ plus ou moins à l’abandon ; la première passerelle donne accès à des champs de l’autre côté du Colostre : il ne faut pas l’emprunter. La fragile porte du domaine de Payanet est ouverte : nous la laissons ainsi. Après la deuxième porte, nous retrouvons le Colostre.

Les passages ombragés alternent avec des passages au soleil ; deux descentes raides et glissantes dans une terre fine nous ralentissent : l’une des deux est accompagnée d’une bienheureuse main courante mais pour l’autre, rien. Une deuxième passerelle de bois, posée sur des rails métalliques, traverse le Colostre, sans doute pour permettre aux propriétaires de la rive gauche d’accéder à leurs cultures.

Nous passons sous le canal de Pontoise qui débouche à la confluence du Colostre avec le Verdon. Il a dû bénéficier de quelques réparations car il fuit moins que la dernière fois.

Le canal de Pontoise (photo Yves Provence)Le canal d’arrosage de Pontoise est dû au marseillais Félix Gueyraud, héritier en 1840 du domaine de Pontoise ; par décret impérial en 1869, le canal est décrété d’utilité publique ; plus tard, un canal de secours dérivé du Verdon, vient compléter l’alimentation en eau du canal de Pontoise.

Nous cherchons un peu d’ombre au bord du Verdon mais il n’y en a quasiment bas ; seul un petit bosquet peut nous accueillir au bord de l’eau pour le pique-nique.

L’après-midi, nous repartons le long du Colostre ; très vite les premiers courageux se jettent à l’eau et commencent la remontée de la rivière ; je me poste quelques centaines de mètres plus loin pour immortaliser leur exploit sur une courte vidéo ; au bout de 10 mn, ne les voyant pas arriver, je fais demi-tour ; quatre d’entre eux, trouvant trop difficile l’épreuve physique, sortent de l’eau.

Le Colostre est un affluent du Verdon de 36 km de long, de régime typiquement méditerranéen ; entre Saint-Martin de Brômes et Riez, c’est une des seules zones de reproduction de la truite fario. Le castor y est recensé. D’après remise en eau des méandres du Colostre

Encouragée par Claude, je me mets à l’eau sans difficulté, une paire de vieilles baskets au pied en guise de chaussures d’eau (chaussures pour marche dans l’eau et sur les rochers, pas type MEDUSE, dit Yves) ; j’ai emballé du linge sec et mes papiers dans un sac poubelle, mis mon téléphone dans une boîte hermétique transparente (moins de 7€ dans les magasins de sport) que j’accroche à mon cou. L’eau est fraîche et agréable ; rapidement il faut vaincre quelques obstacles comme des ronces qui envahissent la rivière au niveau des yeux  ou des bras ; armé de son sécateur, Yves ouvre la route laissant glisser la liane au fil de l’eau ; de temps en temps, nous sommes surpris par des trous d’eau jusqu’à la taille ou enjambons un tronc, passons des seuils dans lesquels le courant tente de nous entraîner. Un bâton de randonnée s’avère une aide précieuse pour résister au courant. Dans les passages de faible profondeur, la mousse nous alerte sur des passages glissants.  Mais rien de dangereux avec un peu d’attention. Ce parcours dans une rivière sauvage et méconnue est un régal, même si j’en sors avec quelques griffes  ; nous ne croiserons que deux groupes de randonneurs mais il n’y a que nous dans l’eau !
Les photos de la rand’eau

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** Rando découverte du Val de Cuech et Val d’Hugon



Pour concevoir ce circuit inédit, il m’aura fallu deux visites sur le terrain, repérer les caches du coin placées souvent sur des points dignes d’intérêt, des kilomètres de tâtonnement pour éviter les propriétés privées et les routes, enfin éclaircir quelques confusions historiques lors de mes recherches sur internet. Le résultat, même s’il n’est pas idéal car empruntant en partie des routes dans une zone urbanisée, me semble un bon compromis ; en une demie journée, il vous fera voyager à Pélissanne, Salon et Aurons. A éviter par fortes chaleurs – une grande partie à découvert – et après de fortes pluies si vous accédez à Sainte-Croix par le sud.

Je stationne sur le parking recommandé par liodan13, sur la commune de Pélissanne, pas très loin du canal de Craponne. Après un passage sur quelques traces d’ornières dans la pierre, je rejoins le vieux chemin de Lambesc à Salon dans le quartier de Redourtières où se trouverait, selon l’archéologue Valérian, l’ancienne cité romaine de Pisavis (Salon-de-Provence). Isidore Valérian, archéologue, 1909
En hommage à un salarié d'EurocopterSur une ruine, la marque du GR 2013 qui rejoint Salon. Tentant d’accéder à une cabane de pierre sèche au détour d’un champ, je tombe sur une croix plantée sur un petit monticule « A notre collègue regretté ses amis d’Europter »…

La croix de missionLes Alpilles depuis la croix de missionUtilisé la semaine précédente dans l’autre sens, mais à peine repérable, le sentier d’exploitation contourne un champ d’oliviers avant d’attaquer la pente ; pas facile de grimper sur le sentier fortement raviné, sec et étroit, qui domine le Val d’Hugon1, devenu Valdegon sur la carte IGN d’aujourd’hui. Blocs rocheux dans la montéeLe sentier raviné et secDe gros blocs rocheux jalonnent le sentier sur la gauche ; au sommet, après un coup d’oeil sur la piste de Salon, par un raccourci avec un haut pas rocheux, j’arrive à la croix de mission (270m d’altitude) qui a été plantée en 1873. Un socle ancien, sans rien dessus, gravé 1873 (?), se trouve juste à côté ; peut-être la croix précédente est-elle tombée avec le vent ? Au nord ouest, une superbe vue sur la chaîne déchiquetée des Alpilles.

En commémoration de la mission de 1873, Aranarth13

Je repars dans la garrigue, en suivant la via crusis sur quelques dizaines de mètres pour me retrouver au pied de la vigie ; en 1722, pour répondre au vœu des Consuls pour conjurer la peste, les confréries de pénitents montèrent en pèlerinage à Sainte-croix, par cette voie le long de laquelle chaque oratoire était fleuri. L’ancien chemin qui mène en douceur au sommet à partir de l’abbaye n’est plus praticable : il faut donc prendre celui du XIXè, fortement dégradé, qui dérape, et nécessite parfois de mettre les mains ; il débouche au pied de la baume fortifiée en bon état, et à l’abri sous roche protégé d’un long mur de pierres. C’est sans doute là que vivait le frère Reymond, dernier ermite de Salon de Provence. La façade est percée de cinq meurtrières et deux fenêtres. Une étroite vire rocheuse a été creusée pour empêcher l’accès à la baume. Lors des périodes troublées, depuis le sommet de la colline, on y accédait au moyen de cordes et d’une passerelle de bois amovible.

Chroniques souterraines, Sainte-Croix avec plusieurs schémas

On franchit la falaise sur des marches de pierre dans un étroit goulet. Et là on découvre la chapelle rupestre Sainte-Croix. D’après la légende, elle aurait été construite par l’Archevêque saint-Hilaire d’Arles (401- 449) pour l’accomplissement d’un vœu […]. Il en rapporta un fragment de la croix du Christ qu’il fit insérer dans la croix de la chapelle. D’où son nom.

Vue vers le sud depuis l'enceinteVestiges des mursSubsistent les ruines de la chapelle médiévale et de quelques bâtiments qui servaient à loger des moines. Elle est enchâssée dans la roche, un peu écrasée tout de même par la vigie construite au dessus. La façade composée de belles pierres tranche avec le reste de la maçonnerie plus modeste. Impossible d’en visiter l’intérieur dont vous trouverez quelques photos dans les chroniques souterraines. Vue imprenable à 180° au nord comme au sud.

l’oppidum du Salounet, lulla

L'abbaye Sainte-CroixLa croix au pied de ND de CuechJe redescends lentement par le même sentier puis par la piste en direction de l’hôtel-restaurant 3* Abbaye de Sainte-Croix qui devrait porter plutôt le nom de Notre Dame de Val de Cuech puisque c’est son nom original ; au XVIIè quelques religieux y ont construit un couvent. Le comte de cadastre napoléonien 1814Florans est alors propriétaire des lieux. Nicolas de Montgallet s’y est retiré dans le courant du XVIIè avec le frère Jehan Paris ; monseigneur de Grignan, archevêque d’Arles, le restaura et l’agrandit. Congrès des Sociétés savantes de Provence, Marseille Comptes-rendus et mémoires…,, Nicollet, F.-N. Éditeur scientifique, 1907
Provincia, bulletin de la Société de statistique d’histoire de d’archéologie de Marseille et de Provence, F.-N. Nicollet, 1921

portail d'entrée abbaye Sainte-croixJ’emprunte la voie de contournement de ce lieu privé ; c’est le long de celle-ci que se garent les clients ; même si le premier et le second portail sont fermés, il est possible de passer à pied en dehors des heures d’ouverture. La route DFCI qui mène à la vigie démarre justement aux portails, précédés d’une croix.

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La rando des pivoines sauvages



AdrechJusqu’à la veille de la rando, j’étais en liste d’attente sur O.V.S. Marseille ; vers 19h, j’apprends que j’intègre la liste principale et peux participer ; Maurice, notre guide, m’écrit un mot pour me rappeler qu’il y a plus de 800m de dénivelée, sous-entendu : ce n’est pas une rando facile. Mais je suis confiante : à mon rythme, habituellement je peux vaincre le dénivelée. A 7h le matin, je confirme le covoiturage avec Pascale qui me donne rendez-vous à la Chevalière. Voiture remplie avec 4 personnes : en route pour les Omergues, petite commune des Alpes-de-Haute-Provence dans la vallée du Jabron ; aujourd’hui composé de hameaux et maisons isolés, ce village, au moyen-âge, avait un habitat groupé et perché avec un château, au quartier de la Fontaine. Mouralis D., Les phénomènes d’habitat dans le massif des Baronnies (Préalpes du Sud), In: Revue de géographie alpine. 1924, Tome 12 N°4. pp. 547-644

Population des Omergues 1836 : 743 ; 1881 : 496 ; 1906 : 310 ; 2011 : 129 soit 3.8 habitants au km2. Vers 1884, 30 habitants sont morts du choléra en une seule journée. Gazette agricole n°237 17/08/1884

cafe-restaurant-franceMaurice nous attend devant le bar des Omergues ; le panneau coloré Bistrot de pays évoque ce concept inventé dans ce département pour redonner vie aux petites communes rurales. Souvent, ces bistrots sont les seuls points de services de proximité encore présents au sein des villages.

Le label Bistrot de Pays a été créé en 1993. Un Bistrot de Pays est un café ouvert à l’année et situé dans un petit village rural. […] Les Bistrots de Pays s’engagent à constituer un point d’information touristique. Ils mettent en valeur autant que possible les produits et recettes du terroir.

Quel plaisir d’y déjeûner après une rando… ou entre deux petites balades ! j’ai dégusté l’agneau de Sisteron à Niozelles, une tarte à Chateauneuf Val Saint-Donat à la fin d’une rando, un repas gastronomique à Mallefougasse et suivi une conférence sur ‘le sexe des bories’ dans celui d’Ongles ! Une idée à suivre pour les randonneurs : les randos-bistrot.

Tapis de fleursAprès un peu d’attente des retardataires, la longue file de plus de 20 personnes venant de toute la région paca et même d’au-delà, s’échauffe en prenant la route ; rapidement un sentier prend la relève et traverse des champs de fleurs sauvages. Le quartier s’appelle l’Adret et bénéficie en effet de l’exposition au Soleil. Après un chemin partiellement pavé, c’est un sentier classique caillouteux qui monte, monte, et montera ainsi jusqu’à 1433m d’altitude avec quelques passages un peu plus plats. Mais cela représente quand même une pente à presque 8% !

Le fruitD’abord nous découvrons le fruit de la pivoine, formé par 3 à 5 follicules tomenteux1 étalés horizontalement ; c’est la forme qu’a pris le carpelle après la fécondation ; à l’intérieur de l’enveloppe protectrice, se trouvent l’ovaire, le style et le stigmate muni de papilles pour mieux capter le pollen ; après plus de 3 km de marche depuis le départ, la première pivoine sauvage grande ouverte séduit les marcheurs venus pour elle. groupe de pivoinesPivoine ouverteA la différence des pivoines cultivées qui comptent de nombreuses rangées de pétales imbriquées les unes dans les autres, la Pivoine sauvage possède des fleurs à une seule rangée de 5 à 8 pétales. Avec ses grandes fleurs rouges, ses étamines jaunes aux stigmates rouges, ses grandes feuilles aux multiples divisions, elle peut être identifiée facilement en lisière de certains bois clairs des Alpes du sud. Les fleurs sont pollinisées par les insectes. La floraison se fait en une semaine, entre avril et juin. C’est pour cela qu’il vaut mieux partir avec un guide qui saura quelle est la meilleure période d’observation. Il en existe plusieurs sous-espèces  qui se différencient surtout par leurs folioles2 (nombre, couleur, aspect dessous). Je n’ai ni compté ni observé le dessous des feuilles : je ne peux que supposer qu’il s’agit de la pivoine mâle. Plante rare et protégée, elle ne doit pas être cueillie.

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** De la colline Sainte-Propice au domaine de Meynes et au jas des vaches



Sur une bonne idée de A. Roubaud, fidèle lecteur de randomania – et chanteur dans la chorale acantari, j’ai tenté ce circuit. Autant le dire tout de suite, je pense avoir traversé bien involontairement deux propriétés privées : l’une en bas de la descente de la colline Sainte-Propice côté est, l’autre au Val des Vignes ; dans le premier cas, j’ai débouché sur un carré de vignes que j’ai longé avant de rejoindre la route par un chemin d’exploitation ; je vous propose un itinéraire de contournement sans être tout à fait certaine qu’il soit entièrement public ; dans le second cas, ne sachant si cette partie du Val des Vignes appartenait au département ou à un propriétaire privé, j’ai trouvé un itinéraire de contournement.

La randonnée n’est pas si facile que cela, pas longue mais avec plusieurs descentes un peu raides et caillouteuses dans lesquelles on a tendance à glisser avec les cailloux. Vous passerez plusieurs fois à côté ou sous les pylônes à haute tension mais pour une fois, l’un d’eux vous réservera une surprise plutôt agréable.

L’ensemble des photos de la randonnée

La météo à cet endroit aujourd’hui

Début du sentierDépart sur le chemin du moulin à Velaux, en bordure de forêt. Première étape : la colline Sainte-Propice dont le nom a été déformé puisqu’il s’agit de Sainte-Eutropie, martyre du IIIè siècle, torturée pour avoir refusé de renier le Christ. La piste monte doucement, passe devant la bastide de Pépé, longe les vignes. L’AREMS – Association pour le Reboisement et l’Entretien du Massif de Ste-Propice – restaure les restanques dans les vignes, partie intégrante, et particulièrement esthétique, de nos paysages calcaires. Mur de soutènement pierre sècheBancaus restaurés par ARCEMSIl vaudrait mieux utiliser le terme bancau, terrasse soutenue par un mur. La restanque est à l’origine  un mur transversal construit dans une zone d’écoulement, comme le lit d’un torrent. Fait de pierres sèches – donc non liées –, il laisse passer l’eau tout en retenant en grande partie la terre, en amont. Paul Colombier, secrétaire du Ròdo de Velaurs Restanque dans le vallon de MionExtrait du Bulletin de liaison de Velaux, juillet 2013. J’en ai vu de beaux exemplaires dans le vallon de Mion.

Le sentier menant à l'oppidumLe sentier s’enfonce par un étroit sentier dans la végétation faite de genêts odorants et de cistes cotonneux. D’en bas on peut encore voir un large morceau du mur d’enceinte, les autres côtés de l’oppidum étant protégés par des falaises. J’arrive à l’entrée du site archéologique.

De l’oppidum préromain (Ier siècle av. J.-C.) il ne restait que des traces. Du Ve au VIIe siècle, un habitat se met en place. La plupart des objets trouvés sur le site sont profondément brûlés, même déformés.

Chapelle Ste Eutropie

Abside chapelle

A l’époque romaine ou paléochrétienne, la chapelle Sainte-Eutropie a été implantée : autrefois un haut lieu de pèlerinage, aujourd’hui, une ruine oubliée ; c’est elle que vous pouvez voir au sommet ; 12,60m par 7,40m, constituée d’une abside en cul-de-four s’ouvrant sur la nef unique. Histoire de Velaux, période antique. Vue sur VentabrenUn tour de la colline offre deux points de vue : celui au nord vers Ventabren et le plateau avec l’aqueduc de Roquefavour en fond ; au sud, celui sur Velaux, la tour de guet de l’Arbois.

L’oppidum Sainte-Propice, bob_13

Deuxième étape en sortant de l’oppidum par l’est, d’abord sur la crête puis dans une descente caillouteuse que je redoute toujours. Lorsque j’atteins une piste, en quelques lacets et un raccourci que je n’ose vous recommander, j’atteins une propriété sur laquelle des travaux d’irrigation sont en cours ; je longe les vignes, descends du talus pour rejoindre le sentier d’exploitation qui mène sans barrière jusqu’au chemin en contrebas.

Une pente à 15% !De là, par un sentier autrefois barré, je rejoins le point à 151m d’altitude : une montée particulièrement raide qui n’a rien à voir avec un sentier : j’ai préféré rallonger grâce à un petit détour par la gauche pour que la pente (entre 10 et 16% !) soit moins raide et moins dangereuse.

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Tête du marquis et vallon des Sepas



Contrairement à la plupart des randonneurs qui stationnent à Vauvenargues, ce n’est pas du côté de Sainte-Victoire que je pars mais côté opposé du côté de la Tête du Marquis : parcours moins connu mais qui offrira, je l’espère, de beaux points de vue sur la montagne mythique des Provençaux.

Le GR9Le château de VauvenarguesLe GR 9 grimpe à l’assaut du plateau et n’a rien de facile : passages rocheux, pas nécessitant un peu d’attention ; le château de Vauvenargues joue à cache cache entre les bosquets. Le tracé du GR ayant un peu changé à proximité du plateau, guettez bien les traces rouges et blanches.

Mur de pierre sècheAncienne charbonnièresortie du GR9 sur le plateau

Progressivement le couvert forestier se raréfie, les rochers parsèment le sol : nous arrivons sur le plateau après avoir croisé des vestiges d’activités d’autrefois : un mur de pierre, une ancienne charbonnière, des ruines de cabane.

Crête sous les nuagesAu carrefour de quatre pistes, celle qui mène à Saint-Marc, large et facile, traverse le plateau désert ; passant sous le mamelon de la Tête du Marquis, elle offre une vue moutonnée sur la Sainte-Victoire : crête et nuages se confondent ; Monolithe de pierre ?de curieux monolithes de pierre sont plantés dans les champs : délimitaient-ils autrefois des champs ? Le lac de Bimontles 4×4 des chasseurs stationnent près d’une fenêtre ouverte sur le lac de Bimont. Serai-je obligée de changer mon itinéraire pour éviter de me trouver dans un vallon dans lequel les chasseurs rabattent le sanglier ?

Les chasseursJe délaisse la longue piste du plateau pour prendre celle qui mène aux ruines du jas de la Keyrié, ruines que je ne trouverai pas. Une battue étant annoncée, je quitte la direction du Terme1 de Judas ; j’emprunte le vallon des Sepas, d’abord accueillant et clairement visible. Progressivement, il se rétrécit, dévoile quelques champignons : celui de la première photo ressemble à une amanite rougissante, conique avec des  squames blanches sur le chapeau. Bientôt le sentier titube sous Champignon conique à pelures blanchesun couvert végétal plus sombre, plus sauvage et plus inquiétant ; Champignonsles sangliers ont fouillé la terre à plusieurs endroits. Alors que je croyais les éviter, je commence à craindre de les rencontrer, dévalant le vallon à toute vitesse alors que je le monte à vitesse d’escargot.

J’accélère le pas, pressée d’en sortir : finalement, Sortie du vallon des Sepasje me trouve coincée dans les broussailles d’une forêt touffue où le bois mort craque sous mes pas et où les branches basses m’agressent ; plus de sentier ; j’avance et recule, change de direction plusieurs fois ; quelques mètres seulement me séparent d’une vraie piste ;  stress ; c’est mon GPS qui me sauvera grâce à l’itinéraire préparé avant de partir. Face à la trouée de la sortie providentielle du vallon, je m’assois pour reprendre mon souffle.

Sainte-Victoire et la Croix de ProvenceIl y a encore un sommet à passer à 625 m d’altitude ; sur l’autre versant, le sentier rejoint le carrefour de pistes : Saint-Marc – Venelles – Terme de Judas d’un côté / GR9 Jura Côte d’Azur – le petit Sambuc – Jouques de l’autre. Je redescends par le GR9 : quel contraste avec les pistes plates et linéaires du plateau de la Keyrié !

Une randonnée inédite au dénivelé cumulé assez important donc de difficulté moyenne ; mieux vaut ne pas la faire seul en hiver à moins d’aimer l’aventure !

teteMarquis_itineraireImage de l’itinéraire 14km100, 241m dénivelée (+ 827, -827), 4h45 déplacement (4h au total)

1Terme : borne limite de territoire ; ici, il s’agit du point limite des communes de Peyrolles, Vauvenargues et Venelles.
Le dieu romain Terme, de la famille des Faunes et des Sylvains, était le protecteur des bornes que l’on met dans les champs, et le vengeur des usurpations. Le dieu Terme fut d’abord représenté sous la figure d’une grosse pierre quadrangulaire ou d’une souche ; plus tard on lui donna une tête humaine placée sur une borne pyramidale ; mais il était toujours sans bras et sans pieds, afin, dit-on, qu’il ne pût changer de place. Extrait du dicoperso

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Sentier du Badaïre, parc départemental de l’Arbois



Mireille m’a passé la fiche éditée par le CG13 « Parc départemental de l’Arbois » au départ du pavillon de la garde à cheval. Entrée du parc (piétons à droite)Ne connaissant que le parcours du GR 2013 qui traverse l’Arbois, je réserve ce circuit pour un jour de temps incertain. C’est aujourd’hui : léger mistral. Le sentier porte désormais un nom : le sentier du Badaïre, celui du promeneur curieux qui musarde. Cette interprétation semble mieux convenir que le sentier du muflier, autre traduction de « Badaïre ».

Les travaux consisteront à créer un parking de 200 places, un accès aux personnes à mobilité réduite, un pavillon d’information, une maquette du parc, et des signalétiques pour les marcheurs et adeptes de la petite reine. Le parking étant fermé par une grande grille, je questionne le garde qui brosse son cheval ; il me dit que je peux stationner devant la grille, le parking n’étant pas encore terminé. balisage du sentierPont de bois au départ du parc Balisé par de solides pierres recouvertes d’une plaque portant le nom du sentier, il passe par un pont de bois au dessus du ruisseau, délaisse sur la droite quelques tables de pique-nique, puis grimpe vers le pont au dessus du TGV : vu le nombre de TGV qui passent, vous avez de fortes chances d’en voir passer au moins un !

En choisissant de rester sur les sentiers aménagés, les paysages évolueront entre roche apparente et pinède luxuriante. Vous pourrez également admirer des végétaux typiques de la Provence, le thym et le romarin qui poussent à foison dans le domaine de l’Arbois.
cuestascanal de MarseillePanneau d'information sur le canal de MarseilleLes abords du large sentier ayant été nettoyés et aplanis, je peux voir une gorge peu profonde et le ruisseau qui y circule ; le canal de Marseille zigzague et s’enfonce sous la terre par une bouche bétonnée ; un panneau d’information nous rappelle les origines de sa bienheureuse construction mise en service en 1849.
A gauche un pylône de télécommunications, en haut de la côte, deux lignes de pylônes à haute tension qui se croisent. Difficile de faire des photos sans qu’un fil électrique ne vienne zébrer le paysage. Mais de chaque côté, des vallons verdoyants larges et prometteurs de fraîcheur.

Passage à guéFerme de la VautubièreObligée de passer à gué un ruisseau habituellement intermittent, je me mouille les pieds avant d’arriver dans le fond du vallon bordé d’un champ cultivé. Le long du sentier en corniche, au loin, la ferme de Vautubière surgit au milieu d’un vallon déserté ; ancienne dépendance du château de la Tour d’Arbois, la plus petite, elle produisait des céréales. Pont de pierre Un rustique pont de pierre traverse le ruisseau puis repart à l’assaut de la colline. Construction de pierre (?)Un peu plus loin, à un carrefour de pistes, je cherche vainement l’usage de cette construction de pierre placée sous un grillage ; une pierre plus petite semble servir de bouchon. Deux pièces de métal recourbées sont fixées en bas de l’une des faces. Qui me dira ce que c’est ?

Sur le plateau les roches sont perforéesRuines de MionLa version longue du sentier du Badaïre m’amène en pleine garrigue sur un sentier beaucoup plus rustique. Depuis les hauteurs du plateau, je mesure l’importance des ruines de la ferme de Mion : nombreux bâtiments dont une bergerie dans le vallon éponyme le long de la rivière.

J’ai choisi d’ajouter une variante vers l’ancien camp de transit américain installé pendant la seconde guerre mondiale sur le plateau de l’Arbois.L'eau envahit le sentierruines de MionLe réservoir du vallon de Mion Je longe donc le ruisseau de Mion qui regorge d’eau, parfois en petites cascades ; le vallon bien frais doit être agréable l’été : un grand réservoir recueille les eaux d’une source captée. Dans le hameau de Mion, les ruines dangereuses sont grillagées mais déjà forcées par des curieux.

bergerie de MyonMyon : Ancien domaine de 200 ha comprenant une maison de maître de deux étages, une remise, trois écuries, un hangar, deux chenils, cinq loges à porc, une source et un grand bassin, et deux bergeries pouvant contenir 1000 moutons. Le domaine ainsi que celui de la Tour d’Arbois et Valloubières ont été mis aux enchères après expropriation en 1898. Informations extraites du Mémorial d’Aix, 1er mai 1898

A la sortie du hameau, la piste grimpe jusque sur les hauteurs du camp (Continental Central Prisoners of War Enclosure – CCPWE404). Qu’en reste-t-il ? deux pylônes électriques, des dalles de béton supportant les baraquements, d’anciennes voies de circulation rectilignes à l’intérieur du camp.

Pylônes au camp américainDalle de béton vestige du camp américainLes prisonniers en transit attendent d’être attribués à un Commando de travail, ou sont des invalides attendant un rapatriement, ou des SS concentrés dans des ‘compounds’1 spéciaux, ou des prisonniers de guerre à disposition de la Sécurité militaire, ou des criminels de guerre. Les prisonniers allemands aidaient à la construction et à l’entretien du camp.

D’une manière générale, les prisonniers de guerre disposent de 2 uniformes, deux jeux de sous-vêtements, deux paires de chaussures (travailleurs), ou une paire (non-travailleurs), une capote, une ou deux couvertures.
Les prisonniers de guerre sont parqués à raison de 2000 environ dans chaque ‘compound’1, sous des tentes d’armée américaine du petit modèle. Ils couchent à même le sol.
Dans certains ‘compounds’1, les « Red line2 men » (personnel d’administration), lagerfürher [officier chef de camp de concentration] et adjoints, cuisiniers, [personnels] sanitaires, sont logés dans de petites baraques de bois comprenant quatre lits de bois et de sangles. Baraques étanches et bien construites. Extrait du compte-rendu de la visite du CICR du camp de prisonniers de guerre de l’Axe CCPWE 404

US Camp (Calas) – CCPWE 404, Serge Robert

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Première marche populaire du patrimoine : Mallemort



Un concept nouveau que Majo et moi avions envie de tester ; organisé par la l’office du tourisme de Mallemort et la ffsp (fédération française des sports populaires) le parcours sans difficulté, est balisé avec des rubans rouges et blancs et des barrières métalliques ; pas de stress : nous disposons d’un numéro de téléphone, d’un carnet de route, d’une petite assurance (1.80€) et sur le parcours, de deux points de ravitaillement avec étape culturelle ludique. Les groupes partent au fur et à mesure, parfois se rejoignent, parfois s’étirent. C’est la liberté encadrée.

Donjon de l'ancien châteauMajo et la journalisteInscrites en 88è et 89è position, nous partons en milieu de peloton ; une petite grimpette nous mène vers l’ancien château de Mallemort, du XIIè siècle autrefois propriété des évêques de Marseille. Détruit et remplacé peu à peu par les habitations, il ne subsiste que le donjon. Rapidement, par un petit sentier humide entre deux rangées de maisons, nous rejoignons le pont sur le canal EDF. l'étang des pêcheursNous longeons alors le canal, accompagnées par une journaliste qui teste la marche pour son reportage. Sur le côté droit, la roubine des Vernégaux alimentée par les eaux de la Durance, fait le bonheur des promeneurs et des amateurs de pêche tout comme la vaste retenue d’eau gérée par une association de pêcheurs.

Barrage de MallemortPeu après le barrage, nous trouvons le premier point de ravitaillement : gâteaux, eau fraîche, photo de groupe et quizz sur les oiseaux de la Durance qu’il faut identifier : pour le cormoran dont c’est la zone d’hivernage, et le héron, pas de problème mais pour les oiseaux migrateurs comme le guêpier c’est plus difficile. Saviez-vous que les pattes de la buse ne sont pas de la même couleur que celles de l’aigle ?

Oiseaux sur la DuranceNous contournons le barrage de Mallemort et faisons face à l’observatoire de Mallemort le long de la Durance. Pas de castors en vue, ce n’est pas l’heure. La fiche qui nous a été remise nous informe :

En avril ou mai naissent 2 à 4 castors en moyenne ; toute la famille s’occupe d’eux (parents, les grands frères et sœurs). Chaque génération respecte l’autorité de la précédente ; au troisième printemps, ils partent fonder une famille à leur tour.

Fleurs sauvagesCulture hors sol de fraisesAprès 1km500 sur ce sympathique chemin, la route est goudronnée jusqu’au second point de ravitaillement ; là, nous nous désaltérons, nous mangeons un morceau avant d’aller discuter avec le jeune Cyprien qui nous parle de la culture hors-sol de ses fraises. Les plants sont enfermés dans un sac suspendu et percé de trous ; ils sont déposés sur un substrat tout déjà préparé auquel on ajoute de l’engrais. La route après le second ravitaillementle LuberonLes fraises poussent et retombent sur le côté du sac : pas besoin de se mettre au sol pour les ramasser. Arrosage automatique contrôlé par un ordinateur : quand on est peu nombreux dans l’exploitation, c’est une solution indispensable. Par contre leur prix de revient est sensiblement plus élevé qu’avec une culture en pleine terre mais avec ce système sous abri, il serait possible de récolter des fraises en automne. Nous reviendrons les goûter en octobre chez Cyprien chezcyprien@gmail.com, chemin belle plaine à Mallemort.

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Du Verdon à l’ancienne draille des troupeaux



Pour ‘inventer’ cette randonnée, j’avais plusieurs contraintes : peu de dénivelée et une descente en pente douce pour ménager mes adducteurs, aller à contre-courant des vacanciers de retour de vacances. J’ai donc décidé de remonter vers les Alpes de Haute-Provence, tenter de longer le Verdon de Vinon-sur-Verdon à Gréoux-les-Bains et retourner par la draille1 des troupeaux de la Crau. Le problème c’était qu’aucun sentier continu ne reliait Vinon à Gréoux sur la carte IGN.
Je me suis garée sur le parking du centre commercial mais j’aurais pu me garer sur le parking du Verdon en bas de l’impasse de la scierie.

le VerdonLe long du Verdon à VinonTout a bien commencé : la promenade le long de la rivière est pendant longtemps praticable ; balade ombragée au bord de l’eau, une rivière assez calme avec quelques aménagements hydrauliques ; plus je m’avance, moins elle ressemble à une promenade touristique ; je dois par deux fois traverser à gué : une première fois sur une maigre branche d’arbre, une seconde fois sur Premier passage à guédeuxième passage à gué sur un chenal du VerdonRochers écroulés un vieux pneu immergé mais rien de vraiment critique. J’entre alors dans une zone peu fréquentée qui donne parfois l’impression qu’un cataclysme est passé par là : des rochers écroulés, des arbres tombés. J’arrive finalement au bout d’un sentier qui frôle dangereusement le vide au dessus de la rivière puis se termine dans un recoin sauvage et ombragé qui ferait sûrement le plaisir des pêcheurs de truites ; demi-tour pour prendre un sentier qui remonte vers la route en évitant judicieusement la propriété privée.

La route est fort fréquentée et c’est une partie qui m’inquiète un peu. Je redescends vers le Verdon par un sentier bien visible qui débouche dans un champ de maïs que je contourne puis, ravie, retrouve le Verdon… jusqu’au panneau ‘propriété privée, domaine des Iscles’ (ils auraient pu le mettre avant, leur panneau d’interdiction !). Demi-tour. Impossible de continuer jusqu’à Gréoux en longeant le Verdon.

Domaine de Lineau (aqueduc derrière les arbres)Ne voulant pas me payer la route sans aménagement piéton, je décide donc de rejoindre le domaine de Lineau – autrefois un château et une ferme – et emprunte une toute nouvelle voie forestière que je devrai terminer à vue (direction Est) à travers bois et broussailles : elle rejoint l’autre piste forestière de Lineau (que vous pouvez emprunter également juste avant le portail du château), et ses traditionnels galets. Depuis la butte, sous la ligne à haute tension, se profile le village de Gréoux. La drailleLa piste croise ensuite la draille des troupeaux d’Arles, le sentier emprunté autrefois par les moutons de la région d’Arles pour rejoindre les Alpes, notamment l’Embrunais et l’Ubaye, une belle draille bien large, bien différente de celle que j’avais empruntée à Eguilles.

Les drailles étaient bornées de pierres plantées par couples, de part et d’autre, tous les quatre ou cinq cent mètres, des tas de pierres délimitant le tracé afin que les troupeaux puissent également les emprunter de nuit. Ces routes étaient des voies publiques donc inaliénables. Elles étaient entretenues à l’aide des redevances versées aux communes par […] les propriétaires [capitalistes] des troupeaux arlésiens.
Au fil des siècles, ces routes pastorales furent difficiles à maintenir contre les empiétements de plus en plus grands des riverains, qui en contestaient notamment la largeur, et l’envie croissante des communes de les récupérer. […] Cela donna lieu à de multiples affrontements, que des réglementations ponctuelles ne parvenaient pas à éviter. […] Les transhumants, lassés d’une lutte sans fin et sans résultat, abandonnèrent dans le courant du XIXe siècle ces routes traditionnelles pour emprunter celles de la vallée. Extrait du site la routo
Jusqu’aux années 50, l’organisation des alpages était fort différente de l’organisation actuelle. Le bayle, chef des bergers, était accompagné de plusieurs bergers.
Le bayle […] « gardait » ses montagnes et en assurait la gestion quelle que soit la provenance des bêtes. […]. Cette pratique du couple bayle-bergers a peu à peu disparu, à la fois pour des raisons économiques mais aussi pour des raisons techniques : l’évolution des systèmes et des techniques d’élevage a conduit à une simplification des modes de conduite des troupeaux et des alpages, […] Association d’anthropologie méditerranéenne

Un peu de conifères le long de la drailleDans un « mémoire de la route de l’abeillier2 qui va dépaitre pendant l’été à la montagne de Larche et celle de Josiers […], en l’année 1752, parti le 14 juin de la même année, composée de 10402 bêtes, on passe par Salon Meyrargues, [ndlr : Vinon], Gréoux, Digne, Seyne, Barcelonnette, ou on arrive le 28 juin. Dépense 974 livres 87 deniers, 8 sols.
Il fallait donc 2 semaines de marche à pied pour rejoindre le nord des Alpes de Haute-Provence depuis Arles.

BorneBorne 50 de transhumance ?Le long de cette importante draille des troupeaux, il y a plusieurs bornes portant des numéros ; elles délimitent la voie de transhumance mais ne sont pas des bornes de transhumance. le poteau de TelleLe poteau de Telle, au bout du plateau de Valensole, est un carrefour pour les troupeaux transhumants. Une carraire permettait alors de descendre droit sur la Bégude puis Estoublon.
Statut juridique d’une carraire, OFME

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Le château de Saint-Estève-Janson



Centrale hydro électrique de Saint-Estève-JansonVoilà une randonnée que j’ai ‘inventée’ pour mélanger histoire et nature ; non balisée, je me doutais qu’elle pourrait réserver quelques surprises. Mais ça valait la peine d’essayer. Je me suis garée à côté de l’usine hydroélectrique de Saint-Estève-Janson, deuxième aménagement hydroélectrique de la Basse-Durance qui utilise les eaux turbinées de Jouques par un canal de 27km. La porte du château au loinSentier barré pour les véhiculesLe canalJe remonte la route D561, tourne en direction de Tournebride en circulant parallèlement au canal de Marseille. Au loin, j’aperçois la tour du vieux château de Janson que je visiterai tout à l’heure. Je rencontre plusieurs fois des passages barrés par de grosses pierres équarries mais il n’y avait pas d’interdiction pour les piétons. J’ai donc continué bien qu’ayant quitté la route prévue : je vérifierai régulièrement le maintien de ma direction ; un balisage d’un vert fade est apparu une ou deux fois puis plus rien.

Ruines de l'ancien déversoir de PonserotLe sentier étant assez évident, j’ai continué ; plutôt étroit et mystérieux, il a longé pendant un certain temps les ruines de l’ancien déversoir1 de Poncerot du canal de Marseille : le canal d’introduction puis le canal de ceinture délimite un large bassin.

Le mur de l'ancien déversoir de PonserotAncien déversoir de Ponserot (photo site http://lecanaldemarseille.fr)Un déversoir d’une superficie de 32 m sur 25 m de long, recevait le trop plein des eaux de pluie amenées dans le vallon. la construction, en 1864, des canaux latéraux, la rive gauche, portant 81 vane(tte)s [petites vannes] de 0 m 40 de largeur, et l’autre, rive droite, 72 vane(tte)s du même modèle, permirent le nettoyage automatique du bassin par chasses d’eau, avec un débit de 500 litres secondes. Vers 1885 un accident grave vint interrompre le fonctionnement du bassin : la vase obstrua les orifices du tuyau de vidange ; aucun écoulement ne put se produire dans le bassin dégrossisseur ; la différence de niveau provoqua la rupture de ce mur qui n’était pas construit pour supporter une telle pression. Extrait de le canal de Marseille au fil de l’eau, Ponserot Sentier d'exploitationRuines de Ponserotfalaise rocheuse et grotteLe sentier se rétrécit, passe non loin de petites falaises, zigzague dans le fond d’un ruisseau à sec, s’en écarte, y revient, traverse d’anciennes terres agricoles par des chemins d’exploitation : un côté sauvage bien sympathique.

J’atteins enfin les ruines de Ponserot dont une énorme ferme. Je tombe à nouveau sur des installations bétonnées qui devaient appartenir au canal de Marseille mais dont j’ignore la fonction. Bassin de saint-ChristopheLa piste est maintenant large et rejoins le bassin de décantation de Saint-Christophe par un chemin en cours de débroussaillage qui sent bon le bois coupé. Pilier de l'ancien pont suspendu de CadenetJe traverse prudemment la route (que de circulation !) pour longer le bassin ; un groupe de touristes m’interpelle pour une photo de groupe. Je dois rejoindre le pont de Cadenet et ce ne sera pas facile de couper le flot de voitures plusieurs fois.

Le pilier de l’ancien pont suspendu (1838) est encore visible, l’un des nombreux ponts du genre construits sur la Durance. Pilier d'une propriété privée près du pont de CadenetLa Durance et ses isclesUn sentier de galetsAprès le pont, un sentier tourne à droite le long du canal ; une jolie propriété s’annonce par un pilier sculpté et daté. Je continue entre le  canal et la Durance qui se montre de temps en temps. Parfois le sol est limoneux, parfois couvert de galets, ceux qu’a laissé la Durance autrefois, à l’époque de ses crues dévastatrices. La piste plate est agréable et fleurie.

Le mur du châteauPuits aux abords du châteauQuand j’identifie le puits, je devine que je ne suis pas loin du château mais je préfère découvrir d’abord l’environnement en suivant au hasard d’étroites sentes ; l’une d’elle mène au bord de l’eau où s’est installé un pêcheur ; une autre mène à une falaise rocheuse que l’on ne s’attend pas à trouver ici. Je ne vois le château qu’une fois à 20m à peine, au travers des arbres : un long et haut mur de pierres porte la trace d’un ancien escalier de pierre, une tour ronde.Une pièce du château avec banc de pierre Je grimpe au niveau supérieur d’où je peux voir les différentes pièces du château. Lorsque les murs d’un château présente une assez forte épaisseur, on réserve des bancs en pierre dans les ébrasements, à l’intérieur des fenêtres : j’en devine un ici.

Entrée remaniéeLa porteSculpture ?Je me tourne alors vers le vestige de cette ‘tour‘ que je voyais au loin tout à l’heure. Je me pose pas mal de questions sur celle-ci, fortement remaniée. N’étant pas spécialiste des fortifications des portes au moyen-âge, je ne peux qu’émettre des hypothèses. Plusieurs indices m’ont d’abord fait penser à un système défensif de porte du moyen-âge avec pont-levis à flèche et à chaîne introduit en France durant la seconde moitié du XIVè : la grande hauteur de celle-ci, les saignées de chaque côté (pour recevoir la flèche2 ?), l’ouverture interne à l’intérieur du couloir (assommoir3 ?), pont levis a fleche et a chaine site flandre au lion l’ouverture externe (bretêche4 ?) mais d’autres indices l’ont contredit : les trous de boulins visibles à deux niveaux (construction à deux étages), des amorces de voûtes sur le côté droit qui devaient assurer la jonction avec le reste du château, des murs droits en avant de la ‘tour’ militent en faveur d’une pièce d’habitation avec cheminée à chaque étage ; et que dire des pierres différentes de celles du château qui font penser à une construction indépendante… qui ne figure pas sur le cadastre napoléonien ? Fortification des portes au moyen-âge, Jean Mesqui

C’est bob_13 qui m’a donné envie d’aller là-bas grâce à la cache qu’il a placée Le château de Saint-Estève Janson. Comme souvent quand je suis captivée, je n’ai plus pensé à chercher la cache mais comme je dois y retourner…

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La voie de Valdonne



Marcher le long d’une ancienne voie de chemin de fer, voilà ce que je vous propose. Bientôt ce ne sera plus possible. Mieux vaut placer un véhicule à la fin du parcours pour ne pas refaire le même trajet en sens inverse.
Nous partons d’Aubagne après avoir organisé le dépôt des véhicules près du terrain de sport à Roquevaire. La balade, dans le cadre d’une rencontre de geocacheurs 2013 Apérocache organisée par l’association des Geocacheurs de Provence, sera collective et donc avec des promesses d’amusement.

Créée en 1868, cette voie fut longtemps l’épine dorsale entre Aubagne et la Barque : 80 ans de trafic voyageurs, 120 ans de trafic marchandises ; elle fut lancée pour répondre à des besoins de transports de marchandises : les usines de savon et de soude de Marseille utilisaient le charbon extrait des carrières de lignite de Fuveau, Peypin ou Auriol. D’autres marchandises comme le ciment ou le plâtre ont ensuite emprunté la ligne.
Puis ce fut le tour des ouvriers qui se rendaient dans les usines du nord ou de l’est de Marseille. La gare de Valdonne, sur la commune de Peypin (Bouches-du-Rhône), est ouverte le 27 janvier 1868 par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
L’arrivée des lignes d’autobus concurrencent le train : en 1939, le trafic passager est interrompu. En 1987, les voies sont déposées  à la Barque mais les 17km entre Aubagne et Valdonne sont conservées avec leurs rails, leurs tunnels. Les documents d’urbanisme réservant cet espace à un usage de transport, ont empêché toute construction privée sur la Voie. Accents, Hors série, Conseil général 13, été 2013

Nous rejoignons la voie ferrée 500m environ après la gare d’Aubagne, dans un quartier résidentiel, du côté du Clos Marie-Antoinette. A notre droite, un tuyau vert bien apparent nous accompagnera tout le long de la balade.
Au niveau du grand rond-point au dessus de l’autoroute A501, nous passons sous un pont joliment taggué et graphé, par des artistes de la rue qui ont souvent de la graine de génie. Certains personnages me font penser à l’artiste choisi pour le futur design du tramway. Le tuyau vert s’est paré de couleurs vives.

Nous allons cheminer maintenant entre le chemin de Longuelance et les propriétés privées ; parfois les rails sont envahis par la végétation ; nous passons tant bien que mal tantôt à gauche, tantôt à droite du tuyau vert. Les enfants partent en avant pour chercher les caches, parfois avec l’aide d’adultes qui jouent avec autant de plaisir qu’eux.

Nous passons sous un petit pont, comme le fait le tuyau vert clair, couleur de la verdure mais qui ne contient rien de naturel. Les rails sont de plus en plus difficiles à suivre ; nous continuons sur la route qui nous offre après le clos des Arnauds, une jolie vue sur la Sainte-Baume.

Après la cache n°7, moyennant un court détour, vous trouverez la maison de celle qui peint ; la façade colorée de  la maison de Danielle Jacqui vaut le déplacement, que l’on aime ou non. Débutée en 1981, l’œuvre monumentale qui la rendra célèbre est la décoration de sa propre maison : pas un seul centimètre carré sans peinture, mosaïques, ou décor. Le blog

la maison de celle qui peint, par sylberfil

Après le chemin de la Baume, le sentier s’enfonce dans une petite prairie où nous trouvons le bâtiment ruiné de l’ancienne gare du Pont de l’Etoile. Avant le tunnel, nous posons pour la photo de groupe ; lampe de poche à la main, à la queue leu leu, nous entrons dans un tunnel sombre ; nous prenons plaisir à entretenir gentiment la légère crainte du noir exprimée par les enfants…

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