La Candolle par le GR 2013

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Autrefois le parcours passait par le monument romain, le Pennelus, en haut de l’escalier qui débute près de l’église de la Penne sur Huveaune, dont la construction remonterait à la fin du Ier siècle av. J.-C. Le Pennelus a été inscrit le 12 juillet 1886 à l’inventaire des Monuments historiques de France. Notice Patrimages. Le sentier désormais inclus dans une propriété privée, est piétiné désormais par un troupeau de chèvres du Rove.

Au dire des gens du pays et même de plusieurs écrivains, ce monument appelé Pennelle est un tombeau élevé à la mémoire d’un général romain, mort pendant le siège de Marseille par Jules César. Extrait de Répertoire des travaux de la Société de statistique de Marseille…, Société de statistique de Marseille, Éditeur : [s.n.?] (Marseille, puis : Valence), 1872.

Elle aurait servi ensuite de vigie, de fortification militaire. Sa fonction n’est pas clairement connue. Pour certains il s’agirait d’un ancien tombeau, pour d’autres un monument érigé pour célébrer une bataille romaine ou un mausolée. La cuve anépigraphe du mausolée de la Penelle a été transportée au prieuré Saint-Jean de Garguier. Gallia, 1964, vol. 22.

Je passe sous l’aqueduc de la Candolle, un des nombreux édifices du canal de Marseille. Il se compose de seize arches, mesure 122 mètres de long et jusqu’à 12 mètres de haut. Il a été construit à La Penne-sur-Huveaune en 1866 et sa mise en eau eut lieu en 1873 ; il conduisait l’eau de la Durance sur les terres agricoles de la Commune.  L’aqueduc de la Candolle, d’après l’office du tourisme.

Départ sur une piste forestière large et facile puis le sentier s’échappe sur la gauche, étroit et pierreux. Quand le tracé jaune se sépare en deux, un Y peint sur la roche invite à accéder par la droite à un spectaculaire surplomb au-dessus du vallon des Escourtines. Mais moi je vais à gauche vers la Candolle, croisant alors le GR 2013.

Pendant toute la montée, les bruits de la ville et de la vallée m’accompagnent : peut-être est-ce tout simplement parce que le sommet de la Candolle n’est pas très élevé (404m). Le sentier grimpe et vire sur les cailloux ou entre les rochers de calcaire blanc. Dépassée par un animateur qui prépare une grande randonnée pour ses adhérents, je m’aperçois qu’il a la même bible que moi : le GR 2013 Marseille-Provence, sentier métropolitain autour de la mer de Berre et du massif de l’Etoile, Cercle des marcheurs, excursionnistes marseillais, comité départemental de la randonnée pédestre des Bouches-du-Rhône, Editions Wildproject et FFR, 2013 ; nous discutons de son projet : aller de la gare de Saint-Marcel à la gare d’Aubagne par le GR 2013 puis revenir en train sur Marseille. Cela lui permettra de faire ses 21 km dans la journée. Sous la barre calcaire, le sentier se rétrécit, passe en corniche, puis semble s’interrompre sans que je trouve de traces à suivre. J’escalade les rochers (que faire d’autre ?) puis cherche vainement le GR 2013 ; intuitivement, je passe là où ça me semble le plus facile et le retrouve jusqu’au plateau près du sommet. Curieux de trouver là un endroit presque plat avec quelques arbres, un petit aiguier et la possibilité d’escalader la Candolle moyennant quelques mètres de dénivelée supplémentaire. Pause repas avant la redescente.

Descriptif de la randonnée par Loulou la Cigale

Alors que tout à l’heure je voyais les montagnes côté Aubagne, maintenant c’est le mont Puget, et le cap Canaille qui me montre son imposante façade à contre-jour. Un groupe de VTTistes déjeune sur le bord de la piste qui descend tranquillement sur l’autre versant.

Quel contraste ! des arbres, des plateaux verdoyants autour de la Gélade ; au loin, la tour de guet de la colline de Carnoux. Je frôle le camp militaire de Carpiagne puis retrouve l’animateur marseillais qui déjeune face au ravin. Le sentier jaune et le GR 2013 quittent la piste, s’inclinent sur la gauche vers les crêtes et la tour du télégraphe qui n’a plus que son socle. Les jeunes du Chantier éducatif ne l’ont restaurée que sur un mètre de hauteur, juste pour se souvenir de ce moyen de communication du XIXè : à l’aide de signaux visuels transmis par des bras articulés, deux tours voisines de quelques kilomètres (Saint-Marcel et Roquefort pour celle d’Aubagne) peuvent émettre ou recevoir des signaux codés. Quand tous les signaux parviennent à la dernière tour, le message peut être décodé.

Haute, belle et libre Candolle, descriptif de la randonnée par P. Teisseire du CG13

Au croisement avec le chemin de Cassis, le GR continue de son côté, tandis que j’emprunte une longue rue entre pinèdes et pavillons, typiquement urbaine, qui rejoint le centre ville de la Penne : idéal en fin de parcours parce qu’il n’y a plus de difficulté. Une dernière suggestion avant de repartir : en bas des escaliers qui démarrent place de l’église, se faufile l’androne1 des bastides. Tout à droite, dans un transat, un monsieur imperturbable, vous regarde descendre la ruelle ; dans un recoin d’accès à une cave, un autre, chapeau rouge sur la tête, retient son chien qui pourrait sauter de ses genoux ; quant à la sorcière, elle vous guette avec son manche à balai tandis qu’un vrai provençal s’attable à la terrasse pour le pastis. Passé le premier moment de surprise craintive, – on a l’impression d’entrer effrontément dans le jardin des riverains – les adultes apprécieront l’ambiance des lieux tandis que les enfants vont courir d’un personnage à l’autre !

Image de l’itinéraire 10km800, 323m dénivelée, 3h30 déplacement, 4h au total – à droite, détail du sentier vers la tour du télégraphe

1androne : d’un mot occitan et catalan qui désigne un petit passage entre deux maisons

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