Le sportif a soif



On ne va pas se mentir. Les sportifs sont la fierté nationale de notre pays. Ils procurent un plaisir immense à la nation et aux individus. Ils sont le symbole de l’effort, du courage et de la réussite. Régulièrement, certaines disciplines sont éclaboussées par des affaires de dopages, de tricheries ou de gros sous mais le sport en question persiste et se relève de ses petits désagréments.

On parle du sportif et de sa santé financière, sexuelle récemment, mais rarement de sa santé médicale. Je ne parle pas de sa santé immédiate, celle qui est visible et/ou pénalisante pour son activité sportive. Je fais allusion à sa santé sur le long terme, sa santé loin derrière les projecteurs… une fois à la retraite ! La notion de sucre lent, rapide, simple, complexe est une embrouille intellectuelle terrible. La composition d’un sucre et sa constitution n’a pas grand chose à voir avec la façon dont le corps va l’accepter, le digérer et le métaboliser. Robert Masson le clame depuis longtemps, et Thierry Souccar et Isabelle Robard ont proposé parmi un collectif, de modifier les étiquettes afin de ne voir figurer que l’indice glycérique d’un aliment, comme c’est déjà fait (sur la base du volontariat) dans certains pays. Mais personne ne veut de cette info, enfin du moins, pas les industriels. Ils y voient là une information terriblement efficace qui remettrait en doute le paquet que l’on tient dans la main lors d’un achat.

Nos sportifs n’échappent pas à la règle et combien de sportifs médiatisés ou non, se sont retrouvés 20 ou 30 ans plus tard… diabétiques ou atteints de maladies liées à leur alimentation ?
Prenons le cas des pâtes de blé. Quel sportif ne pratique pas la mono-diète à base de pâte ? Les pâtes ont un indice glycérique très élevé. Elles font grossir, favorisent le diabète, pourraient contribuer à augmenter le risque de cancer et le riz n’est pas mieux dans de telles quantités. Les média indépendants en parlent très simplement. Mais j’entends encore dire que c’est un aliment indispensable pour l’énergie de nos sportifs et de nos enfants.

Le gras est exclu de nos repas, nous sommes dans une peur lipidique datant des années 70. Les médias affirment que le gras est un ennemi et le sucre un allié de l’effort. Arrêtons de faire croire cela à qui veut l’entendre. Le sucre n’est pas un allié. Il est responsable de bien des maux en quantité et le site de la nutrition.fr nous rappelle que ce lobby pourrait bien nous faire oublier sa vraie nature. Le sucre se transforme en graisse, qu’il soit sous sa forme de sucre ou d’amidon et il n’échappera à personne que lorsqu’on consomme du sucre en quantité…, on grossit !! Je n’ouvrirai pas ici le débat entre sucre raffiné et sucre brut. Dans le cadre d’une alimentation équilibrée, le gras est bien plus indispensable et le cerveau en prendra 85 % à lui seul pour l’énergie de votre corps. Oui, vous avez bien lu, le corps et le cerveau ont besoin de gras !! Mais entendons-nous. Le gras en tant que matière noble et utile, telles les huiles poly-insaturées ou mono-insaturées (huile d’olive, noix, noisette,…) et non les gras trans et gras saturés (palme, huile hydrogénée, coprah, coco, palmiste, beurre, …). Le marché du sport est une manne financière non négligeable et l’on a vu fleurir ces 15 dernières années, un marché en pleine expansion. Un temple du vêtement et des accessoires, des enseignes diététiques sportives pour l’alimentation et compléments et récemment des produits grand public distribués en rayons avec comme argument « faites du sport ». Chacun d’entre-nous devient le sportif en herbe de nos industries agro-alimentaires et nous intéressons de très très près leurs marges bénéfiques.

Teisseire sportJ’ai découvert à ce sujet le dernier sirop Teisseire ® … pour le sport et je vous invite à découvrir leur site pour découvrir les explications complètes de la nécessité même de ce produit. Les explications commencent par le : « pour qui ? C’est le 1er sirop pour le sport, il est spécialement adapté aux besoins de tous les sportifs, amateurs ou réguliers, qui cherchent à se faire plaisir dans leur pratique sportive, quelle que soit l’activité pratiquée (athlétisme, natation, running, vtt, surf,… » Ce qui me rassure c’est que ce sirop est en fait conçu pour ceux qui cherchent … « à se faire plaisir » et non pour améliorer les performances ou la santé de nos champions. Un sirop pour le sport ? Est-ce possible ? Je ne sais plus mais la lecture des ingrédients me laisse sans voix. Il s’agit bien d’un produit transformé et ne ressemble en rien à ce que peut produire la nature…, ne ressemble en rien à ce que ma mère nous mettait dans la gourde…: de l’eau, de l’eau, et de l’eau parfois coupée avec une demie orange ou un citron pressé.

LES INGRÉDIENTS :

  • Sirop de glucose fructose : Ca commence fort !! Lire ceci
  • Eau.
  • Maltodextrine : Hydrolyse de blé ou de maïs ou pomme de terre, constituée de différents sucres (glucose, maltose, maltotriose, oligosides et polyosides) directement issus de cette réaction. La maltodextrine est un sucre souvent utilisé pour une meilleure solubilité des arômes et épices dans les boissons.
  • Jus d’agrumes à base de jus concentré 7% : Citron, pamplemousse rose, orange. Les jus à base de concentré sont des jus reconstitués à partir de jus concentré auquel on ajoute la quantité d’eau extraite au moment de la concentration. La loi réglemente l’ajout de sucre dont la quantité doit être précisée sur l’étiquette. Ils peuvent contenir autant de vitamine C que les purs jus de fruits.
  • Acidifiant : Acide citrique et Citrate de sodium. Pourquoi encore acidifier un jus de citron, pamplemousse rose, orange ?
  • Arômes dont extrait naturel : Remarquez qu’il n’est pas écrit ‘arôme naturel’ mais… « dont » extrait naturel.
  • Colorant : Lutéines (extrait de tagète), Citrate de potassium (ce produit s’il s’agit du E332, est un produit régulateur de l’acidité, séquestrant et stabilisant.
  • Conservateur : Sorbate de potassium. Appelé aussi E202, il s’agit d’un produit de synthèse autorisé en France sous certaines conditions et mutagène au contact de sulfite. Mais au fait, dans mes livres de recettes d’antan, j’ai recherché la définition du sirop et son principe. Il s’agit d’une boisson à base de sucre faisant office de conservateur !! Ils ne mentionnent pas le sorbate de potassium
  • Stabilisant : E445, nommé Esters glycéroliques de résine de bois, Esters glycériques de résine de bois ou encore Gomme ester. Un site spécialisé signale quelques cas d’irritation (cutanée et buccale) sans gravité. Aucun effet chez les rats à doses normales. A hautes doses les foies et reins étaient un peu plus gros que la normale.
  • Édulcorants : Acésulfame K (nommé E 962 : Un site spécialisé signale que le E962 est suspecté d’être cancérigène, suspecté de dérégler la production d’insuline chez la souris. Ne doit pas être consommé par les personnes atteintes de phénylcétonurie. A haute dose il peut être dangereux du fait des divers produits toxiques (mais que le corps sait gérer) que sa décomposition entraîne), sucralose (nommé E955), Vitamine B1.

Pour ma part, je ne suis pas un adepte de ces cocktails et cela ne m’encourage pas à devenir… sportif 🙂 Le sportif a soif, l’article dans son contexte où vous pourrez laisser vos commentaires : le blog de Stéfane Guilbaud, formateur en changement de comportement alimentaire.

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[ndlr] Je connais personnellement Stéfane ; je sais qu’il étudie l’alimentation avec objectivité, se basant sur des études indépendantes. Ce qui valorise son discours, c’est qu’il ne fait pas que parler, il agit au quotidien conformément à ses dires, dans ses achats alimentaires comme dans sa manière de cuisiner. nicoulina

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