Roumavàgi au prieuré de Sainte-Victoire à partir du parking des Amandiers

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Grand jour au Prieuré de Sainte-Victoire : c’est l’inauguration des nouveaux vitraux de la chapelle et le traditionnel pèlerinage (roumavàgi en provençal) qui se perpétue le dimanche le plus proche du 24 avril, sur la montagne Sainte-Victoire.
# Liste de tous les parcours menant au Prieuré dans ce blog
Je me suis garée sur le parking des Amandiers, 3 km après le hameau des Bonfillons, pour laisser libres les places du parking des Venturiers. Partie vers 8h, je découvre le sentier qui va rejoindre le GR9 ; Philippe l’a balisé de ruban rouge et blanc, et apposé quelques pancartes là où le doute s’impose.
Ce sentier passe au pied des coteaux du Tounin d’Arles (cadastre napoléonien, E2, 1829), un bien drôle de toponyme qui m’évoque un nom propre (diminutif provençal d’Antoine ?), ou un oronyme signifiant hauteur (selon UnDeBaumugnes), mais en tous cas lié à la grande transhumance des troupeaux d’Arles ; la carraire arlésienne passait au nord de la route d’Aix à Vauvenargues à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau ; la carraire des Nègres (sans doute Négrel) arrivait au pied de cette colline, en venant de Beaurecueil et celle de Trotobas la poursuivait vers le nord jusqu’à la carraire d’Arles.
D’après le cadastre napoléonien de Vauvenargues, c’est donc bien sur les pas des bergers que je commence la randonnée. Le parking des Amandiers était-il un lieu de repos avant la rude montée sur le plateau ? Je serais prête à parier que la plus grosse pierre couchée au sol qui matérialise l’entrée du parking est une ancienne borne de transhumance : si je trouve la seconde, puisqu’elles étaient plantées par paire, j’en aurai la preuve définitive…

Avant de tourner à gauche pour longer la rivière, si la curiosité vous pousse à faire un saut jusqu’à l’extrémité orientale du barrage de Bimont actuellement à sec (2017-2019), passez le gué, probablement à pieds mouillés après les pluies ; vous découvrirez habituellement sous l’eau, un ancien pont de pierre sur la Cause, rivière qui coule sous vos yeux comme avant le barrage ; le petit chemin passant sur le pont rejoignait les Nègres (aujourd’hui les Sages) au Tounin d’Arles. Spectacle curieux que ces ilôts verdoyants qui côtoient des espaces caillouteux et secs et sur lesquels gisent des objets insolites ou des vestiges de murs de soutènement.

Le sentier longe les champs, passe dans un agréable sous-bois, traverse la rivière de la Cause sur un passage aménagé de pierres plates émergentes. Les enfants Alibert, qui vivaient ici au XIXe, étaient tous des bergers, filles ou garçons, sauf le père qui était agriculteur ; ne vous étonnez pas d’y retrouver encore des troupeaux de moutons.

Plus loin, un second gué rejoint le parking des Cabassols mais il ne faut pas le prendre mais monter vers l’est jusqu’à la jonction avec le GR9.

Ce petit parcours bien agréable n’enlève rien à la difficulté du tracé : vous retrouverez la montée raide et régulière, les parties bétonnées parfois entrecoupées de chemin de terre ; je croise le groupe des chanteurs qui va participer à la messe au Prieuré puis une dame en difficulté qui marche bien lentement mais sûrement. A la cote 710, je pars discrètement faire la maintenance de ma geocache ; je retire le logbook « all-weather writing paper » pour y lire les commentaires tout à fait lisibles malgré les intempéries qu’il a forcément subies : un anglais, des hollandais, un allemand, des autrichiens, un suisse, un tchèque,… et des français de tous horizons, sont passés par là. Presque tous écrivent qu’ils sont contents d’y faire une pause avant le dernier effort vers le Prieuré. Ci-contre un extrait de ce carnet de passage.

Summer #3a : le prieuré, la pause, nicoulina

Dernière partie, dans un sous-bois dans lequel vous apercevrez une stèle portant le nom de Lou ; puis la partie rocheuse, tout en virages aigus, zigzags, avec quelques pièges tant les roches sont hautes ou patinées ; je croise en cours de route un ami qui descend du Prieuré ; à peine le temps d’évoquer la Favouillane, dernière grande bergerie de Camargue, que je repars vers le Prieuré où l’inauguration a lieu dans une demie-heure.
Tous les Amis de Sainte-Victoire (AdSV) portent un brassard fluo les identifiant ; les bénévoles, trop nombreux pour être tous cités ici, connaissent la tache qu’ils ont à faire et, vu leur sourire, je pense qu’ils sont fiers de ce moment qui concrétise leur travail acharné durant plusieurs années.

Vous visiteurs, le temps d’une prière ou d’un échange avec un Ami de l’association, vous découvrirez les nouveaux vitraux de la chapelle et le cloître reconstruit.

Les vitraux ont été conçus par le maître verrier Gérard Tessier, fabriqués par les Passeurs de lumière de Massalia Vitrail, installés par les bénévoles de l’association. Une vidéo des Amis de Sainte-Victoire, des vitraux pour la chapelle, résume les différentes étapes de cette magnifique réalisation. A l’élégante montagne aux couleurs froides près de l’entrée, succède celle aux couleurs chaudes dans le fond de la chapelle.

La restauration du cloître (plutôt un déambulatoire mais c’est le terme que l’on retrouve dans les textes anciens) avec les techniques et matériaux de l’époque, a nécessité des années de préparation et une patiente collecte de fonds. Les murs anti-sismiques sont plus épais qu’autrefois mais c’est à peu près la seule entorse au XVIIe. La voûte a été construite comme autrefois avec un gabarit de bois – le vau – que l’on déplace au fur et à mesure de l’avancement des travaux entre deux arches de pierre taillée ; tout vous sera expliqué lorsque vous monterez là-haut.
Après la messe célébrée par l’archevêque d’Aix et Arles, Monseigneur Dufour, et la bénédiction sur l’esplanade, vient l’heure des discours puis du partage du vin d’honneur ; le vent s’est levé mais n’entame pas la bonne humeur des marcheurs. Danses, musique et chants agrémenteront la journée.

La réhabilitation du cloître, AdSV

Depuis le XVIe, les membres de la confrérie de Sainte-Victoire venaient jusqu’ici depuis Pertuis ; au Prieuré une chambre portant les armes de la ville de Pertuis, leur était réservée. Le pèlerinage avait un coût évoqué dans le registre de la confrérie : le passage du bac, la location de mulets pour le portage des provisions, d’un cheval pour le prêtre. Fabriquées par centaine, des torques1 étaient vendues.

Les Amis ont tout rangé, la pluie s’annonce dans l’après-midi ; avant de quitter les lieux, je grimpe sur les rochers à côté du Prieuré. De gros nuages bien sombres menacent : aurai-je le temps de descendre sans être mouillée ?

Je dois faire la maintenance de ma geocache d’où l’on peut voir le porche du Prieuré et la croix de Provence. Elle n’a jamais disparu depuis 2008 alors que tant de monde circule à quelques mètres. C’est l’occasion de faire venir ici des joueurs qui, sans cela, n’auraient peut-être pas songé à visiter le Prieuré.

Summer #3b : le prieuré, pélerinage, nicoulina

Les fleurs de printemps sont là dont la tulipe sauvage qu’Yves m’avait fait connaitre un certain jour de travaux et fouilles au Prieuré de 2008. Et puis deux autres que ma nouvelle application mobile Pl@ntnet identifie comme Dactylorhiza elata (ci-contre à gauche) et scorzonera hispanica, scorzonère qui ne semble pas hispanique puisqu’elle a des longues feuilles au bord gondolé. Mais tout botaniste a le droit de me contredire !

La redescente est plus rapide, les 4×4 me doublent, la pluie se met à tomber mais c’est rafraîchissant quand on a bien chaud. A partir du croisement avec le sentier venant des Amandiers, la pluie s’intensifie ; enlever les pancartes posées à l’occasion de l’inauguration, et ôter le ruban de balisage du sentier devient bien moins agréable, surtout quand le ruban de chantier rouge et blanc est placé bien haut avec un nœud serré. Quand je parviens au parking, je suis trempée. Les deux jours suivants, les muscles seront encore douloureux des efforts effectués mais c’était un événement à ne pas manquer.

Pour tout savoir : Association les Amis de Sainte-Victoire

Image de l’itinéraire 11km420, 3h30 déplacement (4h30 au total), 569 m dénivelée (+610, -610) – variante Bimont à sec ajouter entre 600 m et 1km300 selon le temps de marche dans le lac (trace couleur ocre).

Télécharger la trace au format .gpx


1torque : Nom donné en Provence à des pains (ou gâteaux) en forme de couronne ; un torque était un collier comme celui porté par les Celtes puis les soldats romains, formé d’une épaisse tige métallique ronde.

©copyright randomania.fr

 
Dernière modification le 20 Mai 2018

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