Oraison, le bois de Saint-Martin



Départ sur le parking du terrain de sport à Oraison, près du camping les Oliviers où les Geocacheurs de Provence avaient organisé une rencontre en 2014. La randonnée est organisée par Yves dans le bois de Saint-Martin et reprend partiellement le circuit n°5 proposé par l’office du tourisme de la commune.

Le long du contre-fosséTêtards

Nous marchons tranquillement pendant un bon moment sur le chemin des plaines de Saint-Martin en contre-bas du canal ; les champs d’oliviers bordent le côté gauche ; dans le fond d’eau du fossé, des milliers de têtards gigotent. Nous profitons de la vue sur la plaine colorée et le village perché de Lurs.

Canal EDFVue sur LursNous passons au-dessus du contre-fossé pour grimper jusqu’au large canal EDF et rejoindre le bois de Saint-Martin, marchant sur le pas des bergers par une des drailles1 qui partaient de la plaine pour rejoindre probablement la voie de transhumance des troupeaux d’Arles dans les plaines de la Basse Montagne aux Mées. Je suis assez surprise de constater qu’il y avait dans ce bois trois drayes1 différentes et presque parallèles (celle du Pont de Mme Marin du Bosquet, celle de la Partie, celle de Saint-Martin). Bois de Saint-MartinLa piste est d’abord confortable puis, sans qu’on s’y attende, Yves la quitte pour un sentier étroit vers le nord, bien à l’ombre, sous les chênes. Petit arrêt après 120 m de dénivelée : il fait chaud ! Nous traversons à gué un modeste affluent de la Font de la Baume.

La Baume est une ancienne et importante ferme du XVII ou XVIIIe siècle qui figure déjà sur la carte de Cassini (1778). Sous la première voûte, une chaise vous attend. Cinq unités d’habitation contiguës y étaient bâties, tout en galets transportés par la Durance d’autrefois ; l’une des habitations prend appui sur le rocher, à l’endroit d’une grotte, d’où le nom de la Baume. Sur les hauteurs, une ancienne voûte a pu protéger une source.

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Revest des Brousses, oppidum Saint-Pierre et Majargues



Paysage typiqueNous retournons à l’oppidum Saint-Pierre et au lieu-dit les Pierres Percées mais en partant du village du Revest1 des Brousses au lieu de Limans (Limans, les Ybourgues et l’oppidum Saint-Pierre). Mêmes paysages : sentier caillouteux, collines ravinées et sous-bois clairsemés.

Le villagecroix au carrefour du chemin Saint-JeanAu premier carrefour, celui de la croix de bois, Yves s’est discrètement absenté pour son travail de geocacheur-poseur. Sur le chemin de Saint-Jean, je regarde en arrière le village concentré autour de son église.

Oppidum Saint-Pierre : la croix de Saint-Jean, Yves Provence

Sur la carte IGN le quartier se nomme Fautriers, du nom d’une ancienne famille de Revest-des-Brousses ayant possédé une grande propriété à cet endroit ; connue depuis le XVIè siècle au moins, cette famille y a toujours des descendants.

Oppidum de Saint-Pierre, l’entre-deux, Yves Provence

pierre percéeC’est là que nous tournons à gauche pour rejoindre le lieu-dit Pierres Percées : je ne suis pas encore certaine de l’origine de ses trous, parfois de part en part, dont la direction ne correspond pas toujours au sens d’écoulement des eaux. Le parc du Luberon contacté par mail, confirme seulement l’environnement karstique ; mais en surface, à l’air libre, c’est la première fois que je vois une telle quantité de pierres percées. Ces morceaux de roches proviennent de calcaires compacts fins et durs. L’eau acide va ronger la roche pour la transformer en véritable gruyère. Je suppose que les eaux de surface ne s’infiltrant pas sur une couche imperméable ont tout loisir d’agir sur la roche calcaire.

Oppidum de Saint-Pierre : les Pierres Percées, Yves Provence

champ de lavandeRuine d'un mur d'oppidumAu champ de lavande, le chemin de Majargues nous mène à l’oppidum dont nous approfondissons la visite : il y a vraiment beaucoup de murs écroulés et des pierres partout que nous devons parfois escalader.

Oppidum de Saint-Pierre, Yves Provence

Borne IGN non recenséevue aerienne st pierrePrès du lieu du pique-nique, nous retrouvons la fameuse borne géodésique que l’IGN n’a pas recensée dans sa base de données géodésie ; j’aurai l’explication en contactant un administrateur du site : il s’agit probablement d’une borne posée par les élèves de l’IGN lors de leur stage de formation à Forcalquier.

Oppidum de Saint-Pierre : la borne IGN perdue, Yves Provence

Cabane de pierre sèche au sommet de la colline St-PierreToit de la cabane de pierre sèchePierre percée posée sur le murA quelques mètres, la belle cabane de pierre sèche est entourée d’un modeste jardin ; sur le muret trône une énorme pierre percée ; derrière, se trouve l’ancien village de Majargues dont il ne reste que des ruines de maisons, un lieu pour les chasseurs de pièces et autres objets abandonnés. Ruine de maison MajarguesCependant, sous la végétation, nous repérons une ancienne cave (?) mais pas de trace de l’église Saint-Pierre qui constituait au Moyen Âge, un des trois pôles religieux de ce secteur le long de la Laye, aux côtés de l’église du village actuel de Limans et de l’église Saint-Vincent, située en plaine et désormais disparue.

L’église de Majargues apparut encore à l’époque moderne, attestant au moins de sa longévité. […].
En revanche, l’éminence de Majargues abrita sans doute une fortification médiévale associée à un sanctuaire. Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Age (IXe-XIIIe siècles). L’exemple de Forcalquier et de sa région, Mariacristina Varano, Archeologie et Prehistoire. Universite de Provence – Aix-Marseille I, 2011

Vue sur Lure, Yves Provence

LureVéhicule abandonné...Après le pique-nique, nous reprenons notre chemin par Vironges sans oublier de nous arrêter pour le point de vue sur la montagne de Lure. Rencontre avec les champs de lavande, la retenue de la Laye qui brille au soleil, puis, plus incongrue, avec un vieux véhicule abandonné et rouillé.

Ferme des Hautes PlainesAu niveau du domaine des Hautes-Plaines, Yves coupe à travers champs pour retrouver un carrefour de pistes qui me rappelle un lieu que j’ai déjà vu en 2012, lors d’une randonnée à thème sur la résistance : sur les traces de René Char. Yves auréoléDu point de vue dominant la vallée, je me rappelle bien qu’à l’ouest, sur la commune de Simiane-la-Rotonde, un avion anglais avait pris feu en mai 1944 : ses débris s’y trouvent toujours (pour s’y rendre : le crash de l’avion anglais). J’immortalise Yves, tout auréolé de branches, tel le phénix des accompagnateurs.

Point de vue depuis les Hautes-Plaines

Qui s’est aperçu que nous n’étions pas loin d’une cache ?

Laissant le groupe se reposer, nous rejoignons rapidement la crête de Jacques, posée par Whitedogs qui souhaitait que nous admirions le point de vue.

Revest-des-Brousses, village pauvre des Basses-Alpes, a ouvert très tôt sa première école (1601) ; sans doute ses habitants souhaitaient-ils à leurs enfants une vie moins difficile que la leur, eux qui étaient obligés d’émigrer durant plusieurs semaines, à Marseille, Aix ou leurs environs, le temps des moissons, pour gagner leur vie.

Le ViguierPigeonnier du ViguierRetour par le même chemin mais arrêt au lieu dit le Viguier ; la toponymie nous aide : c’est sans doute dans cette maison qu’habitait le juge qui rendait la justice au nom des comtes, puis du roi. En bien mauvais état, mais je peux identifier un  pigeonnier. Selon le site genobco. Pierre de Mathieu du Revest, seigneur de Le Revest des Brousses vers 1450-1531, marié avec Dauphine de Vachères du Revest vers 1450, était viguier. La famille Mathieu est toujours représentée au village.

Coup d’oeil sur le château de Pontevès avant de rejoindre le parking.

oppidum majargues_traceImage de l’itinéraire 13km940, 405m dénivelée (+560, -560), 2h30 déplacement (6h au total)

1Revest : versant d’une montagne privée de soleil

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Rognes : 4ème randonnée de la courge, 2015



Fête de la courge à Rognes : un marché, un concours de la courge la plus lourde et une marche populaire. Voilà de quoi passer une bonne journée.

Poste 1, départ, office du tourisme :
Le plan google map que nous remet l’office du tourisme est vraiment sommaire ; pas de points de repère hormis les postes de ravitaillement : le collège, les routes traversées telle la D66D, le nom des chemins,  les lieux-dits tels Grand Saint-Paul, Bonisson ne figurent pas sur la carte ; les centres d’intérêt non plus : la ferme de Pataconit, les points de vue, la chapelle Saint-Marcellin ; heureusement, le balisage par rubalise rouge-blanc est bon et nous ne raterons rien.

Majo et moi sommes sur place dès 9h30 le matin ; le parking à l’entrée du village, près de la chapelle saint-Denis, commence à se remplir et sert de point de repère à d’autres groupes de randonneurs.

La quête d’Ariane (2/3) : Rognes, mokmok

Une collection de courgesCombien pèse-t-elle ?Déjà beaucoup de monde sur le marché ; les courges rivalisent de couleurs, de poids, et même d’esthétique ou d’originalité. Je cherche Jean Chiron de Miramas, dont la femme prépare des confitures à partir des fruits de leurs vergers ; je les aime beaucoup parce que je sens plus le goût des fruits que celui du sucre et c’est par 9 pots que je les achète. Je les récupérerai après la rando.

Photos colorées représentatives de cette 14è fête de la courge par une blogueuse culinaire

Champ de vignes Saint-PaulinOratoire du côté de BonissonNous circulons dans les vignes cultivées depuis l’époque romaine comme en ont témoigné deux statues de Bacchus et Priape, dieux du vin et des jardins trouvées à Tournefort (sud est de Rognes). Après l’oratoire, la propriété Bonisson.

Le vignoble représente une superficie de 300 hectares. Environ 15000 hectolitres de vin sont produits chaque année par la cave de Rognes dont 9000 en A.O.C. coteaux d’Aix en Provence et 6000 en Vins de Pays.

Puits au Grand Saint-PaulRoute des MauvaresToujours des vignes quand nous obliquons sur le chemin de Saint-Paulin ; au Grand-Saint-Paul, une petite source a été captée à grands frais et alimentait les abreuvoirs au bord du chemin. Regardez l’importance de son puits ! l’ancienne villa romaine, détruite par les Sarrazins, a fait place à une belle bastide.

Poste de ravitaillement 2, D18 : des fruits frais et du fromage de chèvre de la ferme Brégalon nous sont offerts mais les gâteaux payants, proposés par des jeunes qui récoltent des fonds pour financer un voyage d’études, provoqueront un peu de confusion car disposés sur la même table et mal annoncés.

Ferme de Brégalon : Hugues et Christine Girard vous accueillent tous les après-midi de 15h à 19h (heure de la traite) de février à novembre, pour vous faire découvrir […] des fromages fermiers pur chèvre au lait cru selon des méthodes artisanales. (fermé le dimanche). Tél : 04 42 50 14 32.

Le collège des Garrigues rappelle des souvenirs à Majo : elle avait occasion d’y travailler il y a quelques années. La piste s’enfonce maintenant dans les garrigues. Beaucoup moins d’habitations dans la forêt de Rognes.

Nous reprenons notre route jusqu’à la ferme de Pataconit, immense bâtisse qui manifestement a fait l’objet d’agrandissements au cours des années. Nom bizarre qui me fait penser à la Patagonie, région géographique dans le cône Sud de l’Amérique du Sud ; la Patagonie comprend donc principalement le Sud de l’Argentine et le Sud du Chili. Je m’attends donc à des noms propres à consonance espagnole et, curieusement, le propriétaire de la ferme en 1838 s’appelle Rias Louis ; il possède terre, broussailles, pâture, mais son habitation est déjà vacante. Nous en faisons le tour, admirant les caves voûtées et le réservoir creusé dans la roche.

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Saint-Saturnin les Apt



J‘étais venue au mois d’août, sans avoir le temps de suivre le parcours de découverte du village. De retour aujourd’hui après avoir parcouru  le sentier des aiguiers, je découvre  le village de Saint-Saturnin lès Apt (autrefois Agnane) qui mérite une visite.

Saint-Saturnin, visite sous forme de diaporama musical sur PhotoPeach

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Depuis la tour du moulin la plus élevée, on a déjà une vue surprenante sur le village qui a pris des couleurs dorées avec le soleil couchant. Le château semble inaccessible, perché sur son éperon rocheux et pourtant on peut le rejoindre en montant tranquillement sur le rocher, en longeant le vide à droite si l’on n’est pas sujet au vertige.

Progressivement, la muraille apparaît dans toute sa longueur et toute sa hauteur. Après les maisons du vieux village en ruine, les portes qui s’ouvrent sur de larges rues pavées, le chemin de ronde aboutit au château et à la chapelle castrale. Du castrum primitif (vers 950) à nos jours, le village a connu trois extensions aux XIIIe, XVe et XVIIe siècles. De là haut, la vue générale est unique : elle s’étend sur le Luberon et la vallée du Calavon. Quel que soit l’endroit où vous serez, le clocher de l’église Saint-Etienne dépassera fièrement des toits.

Le rempart en écaille de poissons délimite le premier village fortifié. Sources et citernes ne suffisant plus pour alimenter en eau, un premier barrage, aujourd’hui immergé, est construit en 1836. le barrageUn second barrage plus solide, est terminé en 1902 : son bassin de retenue recueille les eaux de pluie drainées depuis le plateau. Reflet insolite que vous découvrirez en traversant le barrage pour passer en dehors des remparts. Attention ! descente jusqu’au barrage sur marches dégradées ou absentes.

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Cascade du Tombereau à Bras



Petite randonnée balisée de jaune, dans le Var, avec un groupe de 19 personnes autour de Yves Provence ; rendez-vous est donné sur le parking de la place des Allées. Cette place serait toujours la propriété de la ville d’Arles qui en avait fait un lieu de halte pour les troupeaux transhumants de la Crau. Le pigeonnier dans la PlaineCe fut, au XVIIè siècle, le site choisi par les seigneurs de Bras pour y établir une demeure seigneuriale connue sous le nom du Pavillon. Seul vestige de cet édifice, le pigeonnier, datant de 1645, se dresse encore aujourd’hui dans la plaine.

Les photos de Yves

Le lavoirPremier arrêt au lavoir de Bras, situé sur le Cauron ; c’est l’association de pêche AAPPMA l’Argens dont nous verrons de nombreux panneaux en chemin, qui a été chargée d’aménager le ruisseau du lavoir, réhabiliter sa martelière et curer les sédiments. Beau cadre mais mauvaise odeur…

256 pêcheurs adhérents à l’Association pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique l’Argens en 2007 pour 2138 habitants : si on enlève les enfants et les femmes qui pêchent plus rarement, un homme sur deux du village pratique la pêche !

Bras, le lavoir par Kidoulo

La partie de geocaching consiste à trouver quelques réponses à des questions concernant le petit patrimoine de Bras :

  • Peinture muralePour concevoir la peinture sur la façade, Pierre Gangloff est partie d’une photo du site qu’il a tellement pixellisée, qu’elle est devenue abstraite. Raphaël Ibanez de l’Atelier Pax Cultura de Correns l’a réalisée avec plus de 1000 tons différents. De près ou de loin, vous aurez deux impressions différentes ;
  • Eglisel’église Notre Dame de Lagremas, nouvelle église paroissiale de la fin du XVIè ; le moine capucin Théophile Minuti, né à Bras, y est enterré ; il a ramené de ses voyages des manuscrits en copte et en arabe ;
  • le cadran solaire près de la fontaine des Gargouilles : relever le nombre d’olives qui l’encadrent, même avec 19 personnes différentes, se révèlera plus difficile que prévu. Le cadran solaire aux olivesCurieux ! il est un peu plus de 9h au soleil, ce qui fait une heure légale pour Bras de 10h44′ alors qu’il n’est que 10h24 à ma montre. A vérifier à midi heure solaire. Devise : carpe diem = cueille le jour présent.

Détails du calcul pour les amateurs d’astronomie : 9h05′ (lecture approximative de l’heure solaire sur le cadran) + 0h02′ de correction de l’équation du temps le 22/8 – 0h23′ de décalage Est par rapport au méridien de Greenwich + 2h heure été

Bras, le centre du village, Kidoulo

VignesL'ArgensLa première partie du parcours se fait sur la route de Barjols ; à intervalles réguliers, la troupe doit se mettre en file indienne pour laisser place aux véhicules. Nous longeons le plus souvent des vignes et pouvons observer quelques murs de pierre sèche. Ça monte ! lieu-dit le Cros de l’Hôpital, l’Avocade où enfin nous retrouvons un chemin plus qu’une route. le pontPetit arrêt sur le pont sur l’Argens où l’eau circule entre zone de tourbillons et zone de calme. Nous hésitons entre le sentier qui borde la rivière et la route : pour ne pas déranger d’éventuels pêcheurs, nous rejoignons le site du Tombereau par la route.

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*** Au Poil !



Une randonnée préparée de longue date et à laquelle j’avais renoncé à cause du long trajet depuis Aix en Provence : c’est la visite du village abandonné du Poil, rattaché à Senez depuis 1974. Les Alpes-de-Haute-Provence à pied de l’Ubaye au Verdon et au Luberon, topoguide, ADRI, Association Départementale des Logis de France, FFR, FFR, 2002 (fiche pratique 14, sentier balisé). Montagne de BeynesNous partons du parking de Chabrejas 1016m qui déjà nous offre la vue sur la montagne de Beynes… et quelques nids de processionnaires du pin.

Le diaporama des photos

IMG_8397Nous commençons sur route (D17) ; dans le deuxième virage, le chemin décrit un large lacet à l’intérieur duquel se blottit le gite du Poil, dans son écrin montagneux ; c’est l’ancienne ferme du Saule Mort, sans doute celle où mourut Violette Ailhaud, l’auteure de l’homme semence, Parole éditions, collection Main de femme, juin 2012. La manière dont ce petit livre a été révélé au public puis édité, le thème de cette histoire vraie qui se déroulerait au Poil, l’âge de l’auteur (84 ans), en font déjà un écrit extra-ordinaire. Il a fait l’objet d’une bande dessinée et de plusieurs mises en scène. L’éditeur a probablement brouillé les tentatives d’identification des personnages réels en changeant certains noms , dont celui de Violette (pas de naissance à ce nom au Poil en 1835).

Les circonstances : dans la succession de Violette Ailhaud, il y avait une enveloppe qui ne pouvait être ouverte par le notaire avant l’été 1952. Après ouverture, l’enveloppe devait être confiée à l’aîné des descendants de Violette, de sexe féminin exclusivement, ayant entre 15 et 30 ans. C’est Yveline, 24 ans, qui s’est retrouvée en possession du manuscrit en juillet 1952.
Extrait de la préface : L’histoire que je raconte aujourd’hui, au soir de ma vie, s’est déroulée en provençal. […] Pourtant, j’ai choisi d’écrire notre histoire en français pour que ce dont je témoigne, se répande au delà de notre région et parce que j’aime aussi cette seconde langue.
Le résumé : « En 1852, Violette Ailhaud est en âge de se marier quand son village des Basses-Alpes est brutalement privé de tous ses hommes par la répression qui suit le soulèvement républicain de décembre 1851. Il s’écoule plus de deux ans avant qu’un homme n’apparaisse »

Philippe Larue, journaliste à la Provence, pense que c’est Entrevennes qui est décrit dans ce livre. Mais est-ce important que ce soit tel ou tel village déserté ?

IMG_8400Pont sur le ClovionNous traversons un bois de hêtres qui surplombe le ravin de Chastelar ; ne dirait-on pas que cet arbre maigrichon retient le gros rocher ? au sortir du bois, nous traversons le Clovion sur un pont – autrefois un gué – puis longeons la rive droite du torrent. La piste monte ainsi jusqu’au village du Poil.

LE_POIL-04 blasonSur le blason du Poil, on peut voir un chameau, plutôt rare en héraldique : il désigne généralement les voyages vers le Levant et symbolise le courage et la piété. Mais dans le cas du Poil, la relation avec la commune est plutôt… tirée par les poils ; l’extrait de l’Armorial des communes de Provence par de Bresc : « Le Poil ou […] lou Peou était du diocèse de Riez et de la viguerie de Castellane. Le chameau a été placé dans les armes de ce village parce que cet animal porte un poil fin et serré dont on fait des étoffes. Ainsi le mot de poil a fait naitre l’idée de chameau. »

maison albert cotteMaison d'Albert Cotte ?Dès l’entrée dans le village, je suis charmée ; un randonneur me montre la maison d’Albert Cotte qui a raconté sa vie, simple et épuisante au XIXè,  dans le village du Poil. Albert Cotte, la vie de ceux d’avant – Souvenirs d’un simple paysan de la vallée de l’Asse, Edition Alpes de Lumière, 1990. Beaucoup de maisons ruinées entourent les quelques maisons reconstruites mais on sent que le village revit.

Dans l’ancienne mairie habitée, un membre de l’association les Amis du Poil nous parle des chantiers de bénévoles qui entretiennent, débroussaillent et reconstruisent les murs en pierres sèches. Sur l’accueillante place du village, près du tilleul, la fontaine coule à nouveau, une belle eau fraîche et pure. Un canal de pierre amène l’eau jusqu’à un abreuvoir. Sur le mur de la maison près de la mairie, des peintures religieuses sont encore visibles. De la place on voit encore les cultures en gradins sur le versant opposé. A disposition des randonneurs, un refuge de l’association Renouveau Traditionnel.

Avant de manger, nous grimpons par le sentier qui mène aux hameaux ruinés de Villard et Creisset ; quand nous sommes en position dominante, nous reconnaissons tout en bas le gite du Poil et ce que l’on appelle l’enclave de la commune de Senez avec les anciens hameaux de la commune. Trois randonneuses hardies escaladent le rocher le plus haut avec le chien de berger sur leurs pas.

Le rocher dominant le Saule Mort

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** Feissal et les Monges ou l’art en marche : version estivale



Sur la route vers Authon ce matinC‘est un circuit que j’avais tenté en mars : c’était beaucoup trop tôt, la neige abondante m’avait contrainte à rebrousser chemin. Lire l’article Feissal et les Monges : un circuit pour les beaux jours. Cette fois c’est l’été mais il pleut depuis ce matin tôt et je ne suis pas certaine de pouvoir partir : en effet, il y a un gué à passer et je crains les détériorations du sentier qui le rendraient alors dangereux. J’attends jusqu’à midi, heure à laquelle je décide de partir mais en sens inverse de la première fois, en commençant par l’ancienne route D103 qui menait autrefois au hameau de Feissal, dans le massif des Monges1. Ainsi je pourrai facilement faire demi-tour en cas de conditions défavorables. Le parking se trouve face au gite des Monges.

Le Vançon très boueuxla cascade la font du Pétardclue de FeissalJe traverse le gué sous lequel le Vançon boueux s’enfuit à toute vitesse. Je monte régulièrement et suis surprise d’arriver aussi vite au niveau des traces laissées sur les rochers par l’artiste herman de vries (volontairement en minuscules). Je suis passée par la cascade de la font du Pétard, par l’impressionnante clue de Feissal puis j’ai trace herman de vries 1trouvé sans difficulté la première trace : art vivens, art vivant, expression du philosophe italien Giordano Bruno. La seconde près du sapin au bord de l’eau se devine ; elle est gravée en grec (panta rhei, Héraclite) et signifie que dans la nature toute chose est en devenir, tout coule. trace herman de vries 1Trace herman de vries 2 près du sapinQuant au point, visible 100m après la source de Pisse-vache, je ne l’ai pas trouvé ; c’est un peu comme chercher une aiguille dans une motte de foin tant il doit être petit par rapport à la masse rocheuse. Si vous le trouvez, n’hésitez pas à m’envoyer une photo en me transmettant ses coordonnées géographiques ; voici ci-dessous la photo du musée et la description qu’en donne le guide (dans le sens Feissal -> Authon) L’art en marche à partir de Digne les BainsImages en Manœuvres Editions / Musée GassendiImages en Manœuvres Editions, 2012 : randonnée 17, Feissal et les Monges

Point erman de vries 3 clue Feissal (photo musée Gassendi)100m après un caniveau qui traverse la piste, un point herman de vries est gravé sur la paroi rocheuse, face à la piste qui plonge vers la clue de Feissal.

Lien vers la géolocalisation de toutes les traces et tous les points

La route après le carrefour de Géruen

le Vançon au niveau du pontLes accotements de la route fortement dégradée par les pluies, sont instables ; des arbres sont tombés, des pierres sont charriées par le bruyant Vançon de couleur brune. Il aura fallu quelques heures pour en changer la couleur. La montée est longue mais régulière, sans difficulté sur ce revêtement. Au pied du defens de Pierre-Mont, la piste se scinde en deux : l’une monte à la crête de Géruen – que l’on peut atteindre également en partant du col de Fontbelle – l’autre continue vers le hameau de Feissal. Au loin, ô surprise, une femme et deux enfants se promènent sur le bord du chemin : ce sera la seule rencontre de la journée. Ce couple est venu passer des vacances très tranquilles au hameau de Feissal (1411m d’altitude).

Le passage à Feissal à partir d’Authon restera difficile longtemps ; on comptait encore 148 habitants en 1836 et 27 en 1911. Le roi René y avait fait construire une bergerie en pierre ; en 1775, Feissal reçoit sur ses pentes pelées mais bonnes au pâturage, 1800 brebis dont 1200 l’été. Feissal qui avait sa propre église (en ruines aujourd’hui), se dotera d’une école. Les habitants vivaient avec les bêtes. Le village finira avec une seule famille qui assumera toutes les fonctions municipales ; elle demeure propriétaire aujourd’hui d’une des plus grosses propriétés pastorales de France louée à des transhumants provençaux.
Au début du XXè, Feissal était spécialisée dans la cueillette du thé des Alpes, nom usité en Dauphiné pour la Crapaudine des Alpes, le thé des montagnes, l’hysope jaune. On se sert essentiellement des fleurs pour confectionner une liqueur dont la recette ressemble à la confection du génépi.

bergerie en ruine à Feissalfontaine de FeissalFeissalFeissal pâturagesOratoire

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La chapelle Saint-André et le vieux village de Roquefort



Le parking du grand Caunet est plein, à cause d’une manifestation de VTT ; je me gare sur le parking de l’autre côté de la D3, départ pour le télégraphe.
Le double nom de la commune Roquefort – la Bédoule s’explique par le fait qu’elle est constituée par la réunion de plusieurs communautés ou fiefs parmi lesquels le territoire de Julhans (1789) et La Bédoule (1837) ; l’appellation Roquefort-La Bédoule est définitive en 1918. Carnoux-en-Provence est détachée de Roquefort-la-Bedoule en 1966.

La baie de la Ciotat depuis le GR 51Le pic de Bertagne, les antennes depuis le GR 51Ayant récupéré la partie de trace qui m’intéresse sur le site tracegps.com, entre la chapelle Saint-André et le vieux Roquefort, je pars confiante. La piste est large, monte doucement, offrant côté mer quelques belles échappées sur la baie de la Ciotat, côté terre sur le pic de Bertagne. Le premier carrefour de pistes porte une indication des plus tentantes : « GR51 – les Balcons de la Méditerranée ». buste comte H de Villeneuve Flayosc pèreMonument en l'honneur de Leonce de Villeneuve Flayosc filsJe passe devant le cabanon du Marquis fermé pour l’instant ; quelques  sièges invitent au repos ou au pique-nique. De quel marquis s’agit-il ? sans doute celui de Villeneuve-Trans ; le comte Hippolyte, polytechnicien ou le marquis Léonce, fils du premier ?

Le cabanon du marquis, baragatti

Léonce, qui fit la campagne de Crimée, est créateur en 1889 du syndicat agricole Union des Alpes et de Provence ; c’est Jules Cantini qui a réalisé le monument en bronze inaugurée en mai 1913.

[Benoît-Hippolyte comte] de VILLENEUVE (promotion de 1822 de Polytechnique), est né le 19 août 1803, mort le 11 mai 1874 ; il est l’auteur d’une Carte géologique du Var. […] En 1848, Villeneuve […] introduisit ainsi, dans la pratique des constructions, l’emploi de la chaux livrée en poudre par sacs plombés. […] La pratique nouvelle introduite par de Villeneuve a été réputée être un des progrès les plus considérables de l’industrie des chaux hydrauliques. Extrait du LIVRE DU CENTENAIRE DE L’ECOLE POLYTECHNIQUE, tome III

Le calcaire de la Bédoule qui sert à fabriquer la chaux et le ciment a donné son nom à un étage géologique du crétacé inférieur : le Bédoulien (1888), comme le calcaire d’Orgon avait donné son nom aux calcaires urgoniens. Cette strate [bédoulien] est composée de calcaires en plaquettes à Heteroceras, de calcaires beiges à silex, de calcaires marneux exploités et de marnes. La couche géologique renferme des fossiles marins, principalement des ammonites, qui témoignent en faveur d’un climat chaud avec des précipitations comparables à celles d’aujourd’hui. Extrait du site Roquefort-la-Bédoule, notre patrimoine géologique

La plaine de Roquefort et le piton du vieux RoquefortUne falaise sur le chemin d'accès à la chapelleLa piste est toujours bien large, sans difficulté mais sans indication de la chapelle Saint-André. Face à moi, le piton rocheux sur lequel on aperçoit un bout de mur du château du vieux Roquefort ; entre lui et moi, la plaine viticole de Roquefort. Je longe une barre rocheuse qui annonce l’environnement cahotique de la chapelle.

Arrivée à la chapelle Saint-André (Bertagne dans le fond)Cette chapelle romane Saint-André aux murs hauts, à la porte en pierres taillées, au chaînage d’angle soigné, est admirablement restaurée par l’association « Les Amis de la Chapelle Saint-André » à partir de septembre 1983 puis achevée par le Conseil Général qui en est propriétaire. Trônant sur son piton rocheux, cernée de remparts, elle se dévoile d’un coup au détour du dernier virage ; ses belles pierres blanches scintillent au soleil. Elle est fermée mais l’étroite fenêtre me permettra quand même d’y jeter un œil. Le surnom de Notre Dame de Sècheresse fait référence aux pèlerinages effectués pour lutter contre ce fléau. Non loin du château de Julhans, elle est mentionnée en 1143 sous l’appellation Notre Dame de Julhans (la chapelle Saint-André sur le site des chapelles et églises rurales de Provence). Elle était entourée au Moyen Age de quelques habitations abandonnées au XVIIè siècle. Et je comprends pourquoi : le chemin d’accès à partir des Bastides est étroit, raide et rocailleux, risqué, surtout en descente.

Intérieur de la chapelle (croix de Saint-André posée au sol à gauche)Porte d'entrée en pierre tailléeRempart Chapelle Saint-André et son clocheton

La chapelle Saint-André, baragatti

Je l’emprunte quelque temps pour trouver le sentier qui me mènera au vieux village de Roquefort mais ne le trouve pas. Manifestement il y a une erreur dans le tracé qui suit le relief, impraticable à pied. Je reprends le chemin de l’aller et décide de questionner quelques promeneurs pour trouver un autre chemin d’accès ; Ruine du vieux château avant depuis le sentieraucun panneau indicateur, juste parfois un cairn à un carrefour ; j’en trouve un qui mène au vieux village. De loin, au travers des arbres du sous-bois, j’aperçois le haut mur du château en équilibre sur le bord de la falaise.

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Du vieux Mérindol à la font de l’Orme



Mérindol cadastre napoleonien Vieux MérindolLe sentier qui mène au vieux MérindolMérindol : Bob_13 m’avait parlé de ce village fortement à lié à l’histoire des Vaudois que peu connaissent. J’ai donc décidé de visiter le village abandonné du vieux Mérindol avant de rejoindre la font de l’Orme. Si le chemin de ceinture figurant sur le cadastre napoléonien existe toujours, il devrait être possible d’en faire le tour.

Le vieux Mérindol GC21NQA, bob_13

Le mouvement vaudois est né de la prédication d’un simple laïc, Vaudès. La lecture de certains textes le conduit à changer de vie, à vouloir mener celle des premiers disciples de Jésus de Nazareth. Le choix de vivre pauvrement n’est pas surprenant à son époque, mais sa volonté de rester à l’état laïc et de ne pas vouloir entrer dans un ordre religieux, par contre, est inhabituelle.

De plus, la prédication publique faite par un laïc va à l’encontre des lois de l’Église romaine. La désobéissance aux règles de l’Église et surtout le choix décisif de ne se référer qu’à la Bible en matière de foi, de se sentir directement appelé par Dieu sans l’intermédiaire de l’institution de l’Église, mettent en question l’autorité des évêques.
La prédication de Valdés multiplie très vite les adeptes : le mouvement de laïcs « Les pauvres de Lyon » est né. Le 18 novembre 1540, le Parlement d’Aix prend un arrêt contre 22 habitants de Mérindol, les condamnant à être brûlés vifs. Leurs biens seront confisqués et leurs familles expulsées, toutes les bastides et maisons de Mérindol devront être rasées. Après plusieurs atermoiements, pour raisons politiques, le roi ordonne seulement le 31 janvier 1545 l’exécution de l’arrêt pris contre Mérindol.

Une citation de l’époque du premier président du parlement d’Aix Jean Meynier d’Oppède, qui exécute la sentence, glace le sang ; je vous ai traduit l’extrait en français ensuite :
extrait vieux francais p99

[…] Je sais ce que j’ai à faire de ceux de Mérindol et de leurs semblables : je les veux prendre tous, sans qu’aucun puisse échapper de mes mains et je les enverrai habiter au pays d’enfer, avec tous les diables et eux et leurs femmes et leurs enfants.[…]

Extrait de histoire mémorable de la persécution et saccagement du peuple de Mérindol et Cabrières et autres circonvoisins appelés vaudois, anonyme, 1555. Télécharger le pamphlet complet sur le site entrechaux.info

L’attaque sera plus cruelle à Cabrières qu’à Mérindol  : d’Oppède n’a pas voulu leur laisser la possibilité de fuir ; la légende veut qu’à Mérindol, seul le cuisinier du château ait survécu, en se cachant dans un réduit aménagé dans les caves. Il aurait continué à habiter le castel en ruines durant plusieurs années. Henri II, fils de François 1er, succéde à son père et gracie les Vaudois en 1551. Les responsables passent en jugement. Jean Meynier s’en sort avec les honneurs. Mais le destin veille : Meynier meurt en 1556, empoisonné par un médecin protestant. D’après Patrick Berlier, Vaudois

Histoire des Vaudois

calade au vieux MérindolPorte en pierre de tailleSalle voûtée d'une maison du vieux MérindolDraille du Vieux-Mérindol fléchée de rose fluo pour ne pas risquer d’entrer dans une propriété privée. Une calade de pierre nous mène jusqu’au vieux Mérindol. Je suis surprise de tant de maisons encore debout, même si elles ont souvent perdu leur toiture ; elles ont parfois gardé leur porte en pierre apparente, leur voûte bien construite. Une ruelle en contre-bas permet de rejoindre le village ; une autre grimpe vers le vieux château. Après les fouilles archéologiques conduites en 1992 et 1993, on a pu repérer des murs d’enceinte, une chapelle castrale,  un donjon et des ouvrages d’accès.

Pan de mur de l'ancien châteauVue d'en haut les ruines du vieux villagePlaque commémorative

Mur d'enceinte du vieux MérindolRuines du vieux Mérindol

Du haut des ruines du château, le village de 200 maisons rasées et incendiées au moyen-âge,  se recroqueville autour de son château.

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Feissal et les Monges ou l’art en marche : un circuit pour les beaux jours



2 mars n’était pas un bon jour pour faire une randonnée pédestre dans les Monges ; ce n’était pas le jour pour découvrir les lettres d’or gravées par l’artiste herman de vries sur les rochers ; ce n’était pas le jour pour découvrir la chapelle Sainte-Marthe sur les hauteurs de Authon. Authon, départ de la randoAuthon, rocher de Pierre-MontMais c’était le jour pour les sportifs en raquettes ou en ski ! L’idée m’est venue du guide L’art en marche à partir de Digne les Bains, Images en Manœuvres Editions / Musée Gassendi, Images en Manœuvres Editions, 2012 : randonnée 17, Feissal et les Monges ; et comme j’aime beaucoup le massif des Monges, je n’ai pas réfléchi très longtemps.

Traversée à guéMontée en sous-bois vers la PérousePartie du parking du gite des Monges, j’apercevais bien quelques traces de neige sur les sommets environnants mais n’en étais pas inquiète ; dès que je me suis engagée sur la piste forestière le long du ravin de la Bastié, la neige recouvrait le sentier ; après le passage à gué, ça s’est compliqué drôlement : les marcheurs matinaux avaient échangé leurs chaussures contre des raquettes ; moi, je m’enfonçais profondément dans la neige et la difficulté allait croissant au fur et à mesure de la montée.

TabaillonJe consultai ma montre : midi, j’étais à peine au tiers de mon parcours. La rencontre inespérée d’un couple de randonneurs bien équipés va m’aider à prendre une décision : nous consultons la carte, l’homme s’exclame « Ah ! mais c’est loin ! en 3 heures, c’est pas possible ! » ; c’est pourtant le temps indiqué sur le guide pour 12 km dont 5km en montée ; je décide de reporter cette randonnée et rebrousse chemin au lieu-dit Tabaillon.

La chapelle Sainte-Marthe, posée sur le plateauPresque revenue à Authon, je décide de suivre le panneau chapelle Sainte-Marthe, chapelle qui aurait remplacé une chapelle médiévale placée sous le même vocable  ; quelques arbres portent l’indication d’un GR pas très commode le long d’une propriété privée. Surprise ! le sentier étroit est barré par une barrière flexible ; l’arbre de l’autre côté portant le balisage rouge-blanc, je passe au dessus de cette frontière symbolique. Au niveau d’un champ qui regorge d’eau, je rejoins la route, retrouve le GR puis plus d’indication. Je ne vois aucune chapelle autour de moi. Je redescends vers le parking : et là, toute petite et semblant me narguer, je l’aperçois.

Après un pique-nique un peu morose, je décide de ne pas rester sur un échec et de repartir à l’envers de la boucle jusqu’au pont de la Cluse où se trouve trois œuvres de herman de vries ; opposé à toute forme de pensée hiérarchique, il a banni la majuscule de son nom et de ses écrits. Sorte de musée hors les murs, la route de l’art contemporain passe dans des lieux souvent éloignés, en pleine nature, provoquant étonnement, questionnement et finalement, devient un but de balade au cours de laquelle le jeu est de trouver des traces laissées par des artistes contemporains. Dans les gorges du Vançon, de vries a laissé trois traces en lettres d’or gravées sur les rochers.

j’aime cette région, la vallée du bès, le bruit de l’eau qui coule au fond des nombreux ravins […] ; j’aime les fleurs qui éclosent au printemps, les forêts et leur dense sous-bois, l’odeur de la végétation, le thym partout, la vue d’une montagne blanche, d’une route de campagne encore non goudronnée, et la fascination qu’exerce sur moi l’éventuelle rencontre d’un loup… digne est rapidement devenue une part de moi-même, elle a pris une place dans mon cœur, car c’est quasiment le seul endroit au monde où je n’ai trouvé que pure poésie.
herman de vries, herman de vries, Fage éditions et musée Gassendi, 2009

Musée gassendi, oeuvres dans la nature de herman de vries

RD 13 vers la clue de FeissalArbre écroulé sur la ligne téléphoniqueIl me faut donc remonter la route D13, en lacune, totalement déconseillée aux véhicules. Il y a encore plus de neige que sur la piste de ce matin ; je croise un skieur qui dévale la pente avec une aisance que je jalouse : moi je m’enfonce profondément dans la neige et me fatigue.

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