Circuit de la Grande Mountade

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C‘est à la lecture de ce résumé : Circuit classique, varié et très agréable. C’est sur la croupe de la colline de la grande Mountade1 […] que l’on revient par une piste qui longe le mur de la Peste d’où la vue est saisissante jusqu’au carrefour des Lauzas que j’ai décidé de faire cette randonnée classée niveau 3 ‘pour bons randonneurs’. Guide du pays des Sorgues, Corinne et Alexis Lucchesi, Equinoxe, 2003.

La météo à cet endroit
avec le vent et à 3 jours

Rocher creusé par l'eau au début du vallon de la Font de l'OuleChemin caillouteux et blocs rocheux caractéristiquesJe suis partie tard de Lagnes ; plus de place au parking de la Combe, en bas du vallon de la Font de l’Oule2 ; je dois donc me rabattre sur un espace plus au sud sur la D100a, qualifiée de route touristique, au niveau du lieu-dit la Valette. Il va falloir passer de 148m à 618m d’altitude de façon continue, par le vallon de la Font de l’Oule qui est un double GR (le 6 et le 97). Cette montée dans les cailloux n’est pas toujours distrayante ; Mur de soutènement au pas du Sautetbordée de gros rochers à la taille spectaculaire et de nombreuses grottes façonnées par l’eau,  elle longe ensuite un imposant mur de soutènement au pas du Sautet.

Enfin c’est le site ombragé de la Font de l’Oule et son chêne séculaire qui étend ses branches comme pour accueillir les randonneurs. Aucune trace d’écoulement n’est visible aujourd’hui : la font de l'OuleL'abri de la Font de l'Ouleles flancs et le fond du vallon sont désormais couverts d’éboulis. Et pourtant il y avait de la vie autrefois puisque des tessons de la fin de l’âge du bronze y ont été retrouvés. L’abri sous roche est aménagé pour recevoir les eaux d’infiltration. Derrière la falaise rocheuse à gauche du chemin, l’invisible et célèbre exsurgence bouillonne avec impétuosité. La partie karstique à l’est de celle-ci constitue un vaste impluvium en profondeur qui l’alimente par une faille menant directement à Fontaine-de-Vaucluse.
Pierrier après la vallon des pierresObservatoire rustique avec échelleJe monte et monte encore, passe devant plusieurs pierriers juste après la combe des pierres (je comprends pourquoi ce nom !). Sur la droite un poste d’observation sommairement constitué d’une échelle de bois et d’une plate-forme de planches. On ne va pas jusqu’à l’antenne du mourre de la belle Etoile mais on redescend dès que l’on croise la piste de la Pourraque3.

Vue depuis lauzas SudPanoramique face au LuberonA partir de là, c’est une piste large et facile qui descend progressivement jusqu’à la Peithe. Elle coupe rapidement le mur de la peste sur le plateau des Lauzas puis le côtoie à plus ou moins longue distance ; un GR de pays (jaune-rouge), lui, longe le mur au plus près. Du plateau, s’étalent largement les monts de Vaucluse puis la plaine de Cabrières et le Luberon.

guéritele mur de la peste assez bas à cet endroitCette ligne sanitaire de 25km entre la France et le Comtat a été décidée en février 1721 pour tenter d’empêcher la grande peste de 1720 de se diffuser dans toute la Provence. Le comtat accepte de construire une muraille de pierre sèche de Monieux à la combe de Cabrières. Il est prévu d’une hauteur de 6 pieds (1.94m) et d’une largeur de 2 pieds (0.64m). Le dispositif est complété par des barrières permettant le contrôle des voies principales. GR de pays longeant le mur écrouléCorps de garde partiellement écrouléChaque communauté doit fournir un certain nombre de travailleurs de moins de 60 ans, volontaires ou tirés au sort, et qui amènent leurs outils. Devant la lenteur des travaux, l’organisation de la construction change : chaque communauté doit construire un bout du mur. Les soldats comtadins la gardent.

Guérite face au murAujourd’hui le mur n’atteint jamais la hauteur prévue, quelquefois réduit à un tas de cailloux. Des guérites, petite cabane de section demi-circulaire servaient d’abri aux sentinelles en faction. Elles étaient couvertes probablement  de poutres et branchages. Les corps de garde servaient d’abri à de petites unités de 5 ou 6 hommes avec matériel et provisions. Les enclos accolés au mur servaient d’entrepôt de vivre et de fourrage pour les chevaux et les mules. Sur les 6km que je vais suivre presque entièrement entre Lauzas et Bourbourin, guérites (tous les 250 à 300m) et corps de garde (tous les 150 à 200m) se succèdent en ordre serré mais ne sont pas toujours en bon état.

Le GR de pays entre buissons épineux et pierres tombéesLe mur de la peste le long du GR de paysLes pierres de forme massive et irrégulière n’ont pas permis une édification fine et bien assise. Mais ce mur a quand même tenu 270 ans ! La garrigue épineuse, les troncs des arbres coupés, les pierres éparses sur le chemin sont autant de pièges un peu fatigants après la longue montée de l’aller ; la Ligne dans le paysage part à l'assaut des collinesune fois que l’on a repéré les différentes constructions, il n’y a pas forcément beaucoup d’intérêt à suivre le mur sur toute sa longueur ; je l’observerai donc pendant un certain temps puis rejoindrai la piste toute proche. A certains endroits, le mur a été parfaitement restauré par des jeunes bénévoles et mérite alors que vous en suiviez la trace. Sa longue ligne sinueuse se détache dans le paysage. Quel travail cela a représenté pour un si maigre résultat puisque la peste a finalement touché presque toute la Provence ! A l’époque on ne connaissait pas le vecteur de la maladie : la piqûre de la puce d’un rat ou d’un rongeur infecté.

Le sentier de l'Ecole de la ForêtAttention à ce carrefour : descendre le sentier scabreux !Parvenue au carrefour de la Peite, à la cabane en bois qui fournit des informations sur les sentiers, je tourne à droite en direction de Lagnes ; le sentier grimpe fort, traverse une cédraie. Etais-je fatiguée ? je n’ai pas vu beaucoup de balisage du GR. Au carrefour de pistes, emportée par mon élan, je continue la montée raide sur des strates glissantes puis m’aperçois de mon erreur. Je redescends, suit le GR6 en direction de ‘Fontaine de Vaucluse, Valette’ : La falaise le long du GR6-GR97 vers Fontaine de Vaucluseil descend en épingle à cheveux par un sentier scabreux puis en balcon dans un vallon rafraichissant. jeunes cèdresLe sentier de l’Ecole de la Forêt déambule dans une pinède. Presque parvenu au niveau de la route, même si le sentier de gauche est tentant, c’est celui de droite qu’il faut emprunter, traverser le ruisseau à sec puis remonter et atteindre la route que l’on longe jusqu’au parking.

La montée m’a semblé longue avec trop peu de points d’intérêt mais il fallait la faire pour découvrir le mur de la peste, témoignage de notre histoire locale. Eviter les fortes chaleurs de l’été.

Sur le même thème du Mur de la Peste :

grande_mountade_trace_trk_pano2image de l’itinéraire (trace orange) 12km290, 3h45 déplacement (4h30 au total) 493m dénivelée (+713m, -721m)

1mountade : montée, ascension. Définition trouvée dans le dictionnaire béarnais ancien et moderne II, Vastin LESPY et Paul Raymond, Edition originale : Montpellier, Hamelin Frères, 1887
2oule : pot, marmite, creux par extension cuvette, bassin
3pourrraque : forme francisée de pourracho désignant l’asphodèle – ou selon le commentaire d’A. Roubaud contraction du mot pouso-raco (pouse-raco en rhodanien). La pouso-raco étant un puits à roue, une noria, une roue hydraulique.

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Une réflexion au sujet de « Circuit de la Grande Mountade »

  1. Je propose une autre interprétation de Pourraque.
    Je pense que c’est une contraction du mot pouso-raco (pouse-raco en rhodanien). La pouso-raco étant un puits à roue,une noria, une roue hydraulique.

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