*** Tremblement de terre à Vernègues : 100 ans après



Voici une randonnée un peu particulière en ce jour de début janvier. Le mistral souffle fort ; les rafales de vent dans les arbres font craquer les branches sèches et toutes sortes de bruits lugubres m’entourent. Pas un seul promeneur dans les ruines du village.

On se croirait presque au lendemain du tremblement de terre du 11 juin 1909, d’une magnitude 6, qui a détruit la quasi totalité du vieux château seigneurial qui s’est effondré sur les maisons du village. 46 morts (dont 2 à Vernègues) et 250 blessés dans les villages alentour. Vernègues se relèvera difficilement de ce drame qui oblige les habitants à reconstruire leur village au quartier du Jas, en contrebas. Voir le site GénéProvence

* Je vous propose l’itinéraire (6km100 2h environ) sur carte IGN 1:25000 – le Vieux Vernègues depuis la chapelle St Martin réalisé à partir de CartoExplorer
* Le site Mediterranee France propose un itinéraire d’une journée
La Barben par Vernègues

* Le site officiel de la commune de Vernègues
* Témoignages du tremblement de terre, avant-propos du rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques

La météo aujourd’hui à cet endroit :
Orientation du vent et température ressentie

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La vie a repris. A côté des ruines, le dernier témoignage de modernité : le viaduc du TGV Méditerranée et la plaine de Cazan.
medium_img_2343.jpg Nul ne peut se douter en voyant cette architecture moderne, des conflits qui ont opposé le maire de Vernègues et le négociateur désigné pour les expropriations.

« …Vingt minutes avant minuit, c’est enfin signé. Mais avec un viaduc traité façon camouflage, une tranchée couverte, un tunnel de 400 mètres. Pour 2 kilomètres de voies, 15 secondes de TGV, un chèque de 700 millions de francs… » Voir l’article paru dans l’Expansion le 27 avril 2000 et le site GénéProvence

Du haut de l’ancien moulin sur le plateau du Grand Puech, là où est installée la table d’orientation, je vois la campagne de tous côtés ; mais prendre des photos sans bouger est quasiment impossible : le mistral me bouscule, mon bonnet s’envole.

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Je rejoins le chemin balisé par un étroit sentier qui longe la propriété privée de Vacaresse avec plusieurs panneaux « interdiction d’entrée ».
Presque arrivée dans la plaine du Sonnailler(1), je fais une rencontre assez imprévue mais qui m’enchante car elle témoigne de la persistance de la campagne dans un des départements français les plus urbains : un berger et son chien conduisent leur troupeau de moutons avec assurance : pas un cri, pas un aboiement. Je salue le rude campagnard, uniquement vêtu d’un pull, puis continue ma route d’un pas rapide. J’ai bien plus froid que lui avec mon bonnet, mes gants et mon coupe-vent !

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Après avoir photographié deux ânes dans leur enclos, je rejoins finalement la chapelle romane de Saint-Martin, fort bien restaurée, qui semble garder l’entrée de la plaine du petit et du grand Sonnailler (1). * Voir le site de Wulfran Barthélémy sur les chapelles rurales en Provence

1SONNAILLER. L’animal qui, dans un troupeau ou dans un attelage, va le premier avec la clochette.

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Sur les traces des vestiges du canal du Verdon



Venelles, lieu dit Le collet Blanc, parking prévu par le Conseil général 13 aux Cigalons. On y accède à partir d’Aix en passant par les Pinchinats ou par l’autoroute, sortie Venelles, en tournant immédiatement à droite à la bretelle de sortie.

* Je vous propose l’itinéraire (3km800, 1h20 environ) sur carte IGN réalisé à partir de CartoExplorer

Le temps qu’il fait aujourd’hui à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

Je cherche l’animal muni d’un grelot qui semble se mouvoir en haut du talus : finalement, à ma grande surprise,medium_img_0039.3.jpg je constate qu’il s’agit d’un chien de chasse ! medium_img_0034.jpg
Curieusement, les champs sont cultivés le long du sentier balisé, et les propriétés privées s’insèrent dans la forêt ; de grands panneaux avertissent le promeneur des endroits où il ne peut pénétrer.
Le balisage jaune s’approche d’un autre vestige du canal puis d’un petit aqueduc.
Je salue le courage de deux joggers que je croise en chemin.

medium_img_0038.jpgSur le bord de la route du retour, je m’arrête sur cet arbuste rouge dont les couleurs m’étonnent en cette saison d’hiver. Ne ferait-il pas un joli décor pour une haie de jardin ? Qui me dira de quel arbuste il s’agit ? un cornouiller sanguin 1?

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medium_img_2317r.jpg1Le cornouiller sanguin est moins exigeant que le cornouiller mâle. On le trouve dans les sous-bois et les haies. Il tire son nom de la couleur de ses feuilles et de ses jeunes pousses en automne. Ses fruits combattent la fièvre. Autrefois on en tirait une huile pour fabriquer du savon mais son bois est de moins bonne qualité que celui du cornouiller mâle

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Les bories de Tallagard



medium_img_0023.jpgJ’ai commencé la balade par le pavillon de chasse du bailli de Suffren de Saint-Tropez que j’ai un peu cherché dans les bois, le panneau indicateur n’étant pas visible du chemin que j’avais choisi. Il ne reste que les murs mais on devine à la façade qu’il ne s’agissait pas d’un bâtiment sommaire. Ce pavillon de chasse n’est pas très loin du fief Richebois que sa famille possédait à Salon. Né à Saint-Cannat par accident (sa mère n’a pas eu le temps de se rendre à Salon), il passe sa jeunesse dans ce domaine. Il entre dans la marine à 17 ans où il se distingue partout où il se bat. Napoléon lui-même affirmera que si Suffren avait vécu, il en aurait fait son Nelson. On peut voir son buste en marbre dans la salle des mariages de la mairie. (Informations extraites de la revue Accents, éditée par le CG13)

* Je vous propose un itinéraire 4km600 1h30 env.) sur carte IGN 1:25000
* Le bailli de Suffren et Saint-Tropez
* Suffren et Saint-Cannat

La météo aujourd’hui à cet endroit :
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Puis j’entame la boucle des bories – cabanes en pierre sèche. Celles de Tallagard, à Salon de Provence, sont moins connues que celles de Gordes : je les découvre grâce à un sentier balisé rouge, plus agréable sans doute au printemps qu’en ce 28 décembre.

Les bories ne servaient pas d’habitations mais avaient presque exclusivement une vocation agricole. « Les XVIIe et XVIIIe siècles sont des périodes de grands défrichements où de nombreuses terres étaient données à des paysans qui, à condition de la travailler avec assiduité, en devenaient propriétaires au bout de quelques années. Du coup, ces paysans et bergers faisant leur labeur souvent loin de chez eux avaient besoin d’un endroit où déposer leur matériel ou abriter leur bétail par gros temps ».
(* site GénéProvence, généalogie et histoire locale en Provence et dans les Alpes)

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medium_img_0031.jpgPourquoi cette technique de construction en gradins ?
– par manque de lauses suffisante pour pouvoir faire une toiture classique en cône ou en cloche,
– pour obtenir des élévations importantes, sans avoir à recourir à un échafaudage extérieur,
– peut-être aussi pour éviter l’évacuation des pierres lors de chantiers de construction !

Je bois un café chaud assise sur le muret d’enceinte d’une des bories ; je pense à la construction de la coupole sans coffrage, sans étai, uniquement en avançant chaque rangée de pierres d’une demie épaisseur au-dessus de l’autre. L’entrée est placée le plus souvent au sud pour se protéger du mistral.
medium_img_2240.jpgLa température annoncée ce matin était de quelques degrés en dessous de zéro. Après avoir suivi un chemin entre des champs d’oliviers, je découvre les ruines de la grande ferme la Pastorale dans laquelle je ne peux entrer, parce qu’elle est signalée dangereuse. Je devine au travers des fenêtres barricadées, un vaste paysage sur le Tallagard.
Je rentre par le sentier botanique au cours duquel je découvre le sorbier des oiseleurs (photo de droite). Un bien joli nom, vous ne trouvez pas ?

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