1er mai en fleurs sur la Keyrié



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En ce premier mai, tout a commencé par ces fleurs que m’a offertes D. J’adore les fleurs… j’apprécie ces petits gestes simples, simple témoignage d’amitié… (Jacquie Lawson electronic greeting card)

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J’avais décidé de parcourir le plateau de la Keyrié à partir de Beauregard ; peut-être y trouverai-je ces fameuses fleurs si rares telles que l’anémone palmée ou l’Ophrys de Provence, une orchidée que l’on ne rencontre que dans le sud de la France de mars à mai ?

Voilà celles que j’ai trouvées. Je vous les offre.

 

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Tour de César, du prévôt ou de la Keyrié ?



img_6198r.JPGDéjà deux interprétations différentes pour l’origine de la Keyrié : soit une mauvaise transcription du provençal « Queirie », à côté de – , probablement « à côté de » la Sainte-Victoire (selon le site Geneprovence) ; soit du provençal s’enqueyrar (se battre à coup de pierres), parce que les enfants s’y battaient ainsi.

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foret_geree_durablement.jpgchevres_keyrie.jpgUn grand classique de la campagne aixoise. La promenade sur le plateau de la Keyrié, sur une large route forestière, est tranquille, pour peu qu’on n’y rencontre pas le berger bourru et img_6206r.JPGquelque peu agressif (il n’est pas toujours comme ça, semble-t-il…) qui vous accuse de gêner le cheminement de ses chèvres et ne veut pas qu’on prenne celles-ci en photo ! ce troupeau entretient le massif, moyen de prévention contre l’incendie, mais aussi un moyen de limiter l’extension du marché foncier. Le long du parcours, plusieurs miradors en bois, pas très hauts : pour la surveillance des troupeaux ou pour la chasse à l’affût ?

Anémone palméeophrys_provincialis.jpgFortement exploités, les chênes verts se présentent sous forme de souches. Des fleurs rares et protégées poussent dans ce coin : l’anémone palmée poilue avec des fleurs jaune vif : disparue en 1970, elle a réapparu en 1999 ; l’Ophrys de Provence, une orchidée que l’on ne rencontre que dans le sud de la France de mars à mai ; dans les parcelles agicoles des tulipes oeil-de-soleil, fleur rouge aux pétales terminés en pointe. Si vous avez la chance d’en voir au printemps,  mangez-les des yeux mais ne les cueillez pas.

img_6201r.JPGNous discutons quelques minutes avec les ouvriers qui restaurent la tour en vue d’en faire une vigie. La porte d’accès à la tour située en hauteur et sans escalier, interdira toute instrusion, à moins que d’amener sa propre échelle comme le feront les garde-forestiers. Cette réhabilitation fait partie du projet territorial du Grand Site Sainte-Victoire. A la regarder de près, je m’aperçois que sa consolidation a été un peu bâclée. Je suppose que plus de 600 ans après sa construction, l’urgence a dû prévaloir puisque c’est la dernière tour de cette époque encore debout. Les possesseurs d’un GPS de randonnée y trouveront une borne IGN Saint-Marc Jaumegarde 01 en granit (43°32’50.2950N, 05°29’18.9638E système RGF93) sur laquelle ils pourront poser leur appareil pour vérifier l’exactitude de leur positionnement. Dans le cas de mon eXplorist  210, la précision est de l’ordre de deux à trois dixièmes de seconde.

Tour cylindrique de 15m de haut, évasée à sa base, elle porte plusieurs noms : la tour de la Keyrié, banale démonination géographique, mais aussi improprement connue sous le nom de tour de César, peut-être à cause d’une  confusion avec la tour qui était au nord, « celle d’Entremont, qu’on dit avoir été bâtie sur les ruines d’une plus ancienne, dont la construction remonterait au temps de César ». Les rues d’Aix ou Recherches historiques sur l’ancienne capitale de Provence, Roux Alpheran, Typographie Aubin, 1846. Mais aussi la tour du prévôt, car en 1383, le chanoine Isnard, prévôt du chapitre d’Aix-en-Provence, l’aurait fait élever pendant les troubles occasionnés par la succession de la Reine Jeanne. Bruno DURAND, Saint-Marc Jaumegarde à travers les âges, Aix-en-Provence, 1964.

Ce dont on est sûr, c’est que c’était une des nombreuses tours de guet à signaux devant prévenir les habitants de l’arrivée d’ennemis venant de la Haute-Provence… ou d’Afrique selon d’autres.  Les gardiens étaient chargés d’allumer de grands feux pour avertir les gens de la campagne du danger, du plus loin qu’ils l’apercevraient. On sonnait les cloches de toutes les églises, et les paysans se retiraient aussitôt dans la ville dont on fermait les portes sur eux.

img_6214r.JPGimg_6210r.JPGAu retour, la Sainte-Victoire me surprend : difficile à reconnaitre car, de ce côté, elle échappe aux clichés touristiques. Est-ce bien la barre du Cengle sur la photo de gauche ?

Une manière de revisiter ce grand classique de la balade familiale, c’est de chercher Keyrié, le trésor caché par l’équipe de geocacheurs audeclar. A peine 5km aller-retour, 46m de dénivelée (tour_cesar_itinéraire) ; si vous trouvez la barrière ouverte, ne vous aventurez pas en voiture, vous risqueriez de la trouver fermée au retour ! On peut partir de Beauregard également par la CD63c puis le chemin noir.

Au printemps ouvrez les yeux !

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Marseilleveyre et la grotte Saint-Michel d’eau douce



img_3829.JPGEn route pour le massif de Marseilleveyre depuis le parking à la sortie des Goudes. En provençal, cela signifie voir Marseille. J’ai décidé de monter jusqu’à la grotte Saint-Michel (221m) ; j’ai lu quelques commentaires de geocacheurs enchantés d’avoir découvert le parcours de Ti’Mars… aux Goudes (7 chasses au trésor en un seul circuit de randonnée !) et j’ai vu quelques photos sur le site Week end et tourisme en Provence. La première montée est caillouteuse. Après le croisement avec le GR51-99, le sentier sinue ensuite en larges boucles. J’aperçois bientôt l’imposante barre rocheuse verticale du rocher Saint-Michel. Je croise alors une famille dont les enfants impatients ne cessent de poser LA question « Quand est-ce qu’on arrive ? ». Le père est un enfant du pays qui jouait autrefois dans la grotte et vient aujourd’hui pour la faire découvrir à ses enfants. Il me parle de la grotte de l’ours et celle de l’ermite. Même si sa femme ne m’a pas cru, la grotte de l’ermite a bien abrité autrefois un religieux napolitain.

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grotte-de-lermite.jpgA Saint-Michel d’Eau Douce, et dans la grotte de l’Ours, on a retrouvé des silex taillés, des haches polies qui prouvent qu’une peuplade y vivait au néolithique. La grotte de l’ermite (photo extrait du site Topo des calanques/Goudes/grotte de l’ermite), au nord-est de celle-ci, a abrité au moyen-âge, un ermitage et une petite chapelle troglodytique qui portait le nom de Saint-Michel d’eau douce. Elle fut donnée en 1395 au frère ermite François. Au XVIIème siècle, elle portait le nom de San Miquel de Ayga Dossa. Saint-Michel d'Aigue-DouceEn 1980, on pouvait encore voir les vestiges du mur de clôture, des traces d’aménagement dans le rocher mais il n’y a plus aucune trace de la chapelle. Dans un acte de propriété foncière des archives de Saint-Victor, il est fait mention d’une source vraisemblablement située dans la grotte Saint-Michel actuelle ; [ndlr : elle serait dans une crevasse à main droite, au fond de la baume ; si elle tarit, c’est signe de malheur. L’eau de ruissellement recueillie dans un ‘bénitier’, aurait de merveilleuses vertus]. L’ermitage a été abandonné après 1751. Extrait d’un article de Anne-Marie Durupt, Les portes des calanques, oct. 2005

img_3851.JPGimg_3848.JPGLe sentier se rétrécit et nécessite de plus en plus d’attention. Il grimpe de façon continue et je dois prévoir quelques arrêts pour souffler. Je ne vois toujours pas la grotte. Soudain la famille s’arrête et suit l’index du père désignant un trou dans le rocher ; des dégoulinades, qui ont laissé des traces noires sur le rocher, semblent s’y perdre : c’est la grotte Saint-Michel dont une des salles reçoit l’eau de pluie par infiltration et ruissellement. J’escalade le pas glissant de l’entrée puis me plante face à l’intérieur de la grotte, pour la surprise des yeux. img_3857.JPGElle est grande, humide, fraîche. Des stalactites ont sculpté le plafond. Une zone dangereuse est signalée sur la gauche, une autre face à moi est protégée par une corde. Derrière, une pente humide et glissante conduit à une des chambres dont on devine l’entrée étroite. Je vois dans les yeux du père de famille qu’il est heureux d’avoir retrouvé le terrain de jeu de son enfance. img_3855.JPGimg_3871.JPGimg_3867.JPGIl me propose d’aller explorer la grotte au delà de la corde. Malheureusement, je suis attendue et n’ai pas le temps de le suivre. Muni d’une lampe-torche, il s’aventure dans le noir avec ses plus grands enfants. De là haut, le cap Croisette et l’île Maire se dessinent avec netteté sur le ciel bleu.

Je continue la randonnée sous le rocher de Saint-Michel où des voies de 70m font le bonheur des amateurs d’escalade.  Sous le rocher des Goudes, je m’arrête pour voir l’ancienne vigie (devenue refuge des Excursionnistes marseillais) et la calanque de Callelongue, là où on ne va pas plus loin par la route. Au 15ème siècle, des postes de guet situés sur des points élevés, permettaient,  par des signaux visuels transmis de l’un à l’autre, de prévenir Marseille de l’approche de galères espagnoles, génoises ou autres. La vigie du sommet de Marseilleveyre (photo de droite), en liaison avec celle des hauts de Riou (XIIème siècle) prévenait d’éventuelles attaques de barbares. La descente vers la calanque parmi les pierres qui roulent sans arrêt, est un peu fatigante mais la perspective d’un poisson bien frais mangé au Cap Croisette1, est très motivante.

img_3891.JPGC’est un lieu bien particulier, dépaysant, sauvage. On n’y accède qu’à pied après avoir marché sur un sentier bétonné puis sur un sentier de terre qui se perd dans les rochers couverts de tapis d’asterolides maritimes, ces fleurs img_3894.JPGjaunes poussant entre les rochers, que vous ne trouverez qu’ici, caractéristiques d’un milieu marin sec et exposé au vent. Un ravissement de couleurs. C’est le secteur le plus sec de France : les précipitations annuelles n’y sont en moyenne que de 300 à 400 mm, contre par exemple 500-600 mm par an à Marseille. Le creux d’un rocher du côté de l’anse de la Maronaise2 ne ferait-il pas une bonne cache ? img_3878.JPGLa randonnée se terminera finalement à la pointe Croisette, avec vue sur l’île Maire, devant un loup dont le goût frais me fait encore saliver…

Merci au geocacheur Ti’Mars… pour le grand bol d’air marseillais ; il y a dans ce parcours tout ce que peut aimer un randonneur curieux. Pour le début du circuit au fortin des Goudes, voir dans ce blog le reportage de FR3 Méditerranée.

Itinéraire dans le massif de Marseilleveyre les Goudes – Callelongue

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1Croisette : autrefois les petites croix qui se succédaient sur la pointe, en hommage aux nombreux naufragés de la marine à voile (passage étroit avec courant fort à cet endroit)
2Maronaise : d’après les gens du coin, il s’agirait plutôt de la mahonnaise depuis qu’une mahonne, chaland de port à forme très arrondie utilisé en Méditerranée, repose à l’entrée de la calanque. En 1989, l’anse portait le nom de Mongenet (extrait du journal n6, Association La Porte des calanques, mai 2006)

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Le sommet du Bucher à Molines en Queyras



img_2110.JPGJe le vois de loin ce sommet, depuis le village de Molines, commune aux sept hameaux (Molines, La Rua, Clot la Chalp, Pierre Grosse, Le Coin, Fontgillarde et Gaudissard), et la curieuse église Saint Romain. Drôle de clocher carré (17ème siècle) surmonté d’un important toit en bois. A l’intérieur, le décor baroque est quelquefois jugé « de mauvais goût », « avec une profusion de couleurs, de volutes, d’angelots aguicheurs, de dorures, de peintures et d’entrelacs de plâtre sur l’arc et la voûte du choeur… Un choeur dans lequel s’inscrit un remarquable retable du XVIIIème siècle, sculpté par des artistes italiens de Saluces. Enfin, on peut voir à l’extérieur du bâtiment un cadran solaire d’angle de 1849 et sur le côté sud du choeur, des peintures en trompe-l’oeil du XVIIème siècle autour des ouvertures. »

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avec la température ressentie

img_2119.JPGcrocus.jpgUne grande prairie pleine de crocus plonge de l’église jusqu’à la rivière ; je traverse le pont des Achins au dessus du torrent de l’Aigue Blanche, dans le hameau de la Rua où plusieurs habitations ont encore leur fuste en bois. J’entame une lente montée, pénible, dans les blocs rocheux qui glissent sous les pieds. A l’approche du col des prés de fromage, le sentier est un peu plus facile. De grandes prairies vertes sur lesquelles paissent tranquillement quelques vaches en liberté, s’étalent en mamelons sur le sommet. Sur les conseils d’un guide de randonnée, je ne m’approcherai pas d’elles. Ce paysage me fait penser aux photos de montagne que l’on voit parfois dans les livres de géographie : caractéristique et pourtant irréel. Sur la carte, vous pouvez voir plusieurs rifs : rif de l’Adroit de la Rose, rif des Combes, rif du Brasc. Il s’agit du nom local du torrent, ruisseau portant souvent de jolis noms. Itinéraire pour le Buchetimg_2123.JPG
Là, des sentiers courent dans tous les sens : j’en choisis un qui serpente à moitié dans les prairies et à moitié dans les bois. Quand j’aperçois le sommet du Bucher à 2254m d’altitude, je pousse un soupir de soulagement. Quelques conducteurs sont arrivés là sans fatigue mais ne sont pas aussi fiers que je le suis. De là haut, autrefois, était allumé un bucher servant d’alerte pour les habitants des vallées.

A la table d’orientation, la vue est grandiose, côté France et côté Italie, mais le vent est froid ; je ne m’attarderai pas.

img_2142.JPGSur le chemin du retour, je croise deux randonneurs perdus au niveau du col ; ils rentrent sur Molines mais ne savent pas quel chemin emprunter. Munie de mon GPS sur lequel j’ai enregistré la route avant de partir, je leur indique la bonne direction (ils allaient partir du côté opposé !). Nous ferons un grand bout de chemin ensemble jusqu’à la fameuse descente dans les pierres où je marcherai deux fois plus lentement qu’eux.

Que la randonnée m’a semblé difficile ! pourtant, elle n’est pas classée comme telle par les syndicats d’initiative des environs : si vous n’êtes pas montagnard, modérez  votre allure et prenez le temps !

img_2138.JPGPanoramique au sommet du Buchet

* Photos et itinéraires du site queyras.aparcourir.com

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 rif : riou (au sud), rua (nord), riu, rio, riev = ruisseau, torrent, canal

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Le lac de la Blanche à Saint-Véran



Voilà une randonnée dont j’ai entendu parler par beaucoup de monde : le webmaster du site queyras.aparcourir.com, la serveuse de ma petite auberge à Molines en Queyras, le syndicat d’initiative de Saint-Véran et quelques randonneurs croisés en chemin le jour où j’ai découvert la mine de cuivre.

La météo aujourd’hui à cet endroit :
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img_2041.jpgimg_2039.jpgPartie avec la navette d’été, je traverse le petit pont de bois sur la Blanche puis monte jusqu’à la chapelle de Clausis, montée progressive sur un chemin large et bien entretenu, mais qui n’est pas aussi facile que le laisse supposer le syndicat d’initiative qui la conseille aux familles. Elle est fermée et je ne peux la voir que l’extérieur. Je redescends de la colline où elle est plantée pour rejoindre le lac de la Blanche. Là encore, le chemin n’est pas difficile. Un âne, accroché à un piquet, attend sagement les randonneurs qui ont loué ses services pour monter jusqu’au lac. img_2048.jpgimg_2054.jpg
Ce lac est entouré de nombreux champs de linaigrettes, petites fleurs blanches cotonneuses. Son nom scientifique Eriophorum veut dire « porte laine » : après sa floraison (avril-juillet), cette plante se couvre de « coton ». On la trouve jusqu’au Pôle Nord. Les plumets servaient autrefois à garnir les coussins et à confectionner des mèches de lampes.

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Les marais du Vigueirat



Situé dans la Camargue la plus proche d’Aix-en-Provence, les marais du Vigueirat propose deux balades non guidées fort agréables pour qui accepte les règles de l’observation des animaux en pleine nature (3km environ).

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* festival de la Camargue en mai
* Le site officiel des marais du Vigueirat, avec l’actualité nature selon la période

Le temps qu’il fait aujourd’hui, à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

medium_img_0565.jpgCe samedi matin, je suis seule à faire la visite dans les marais. La personne qui m’accueille me suggère de suivre le sentier des cabanes (ludo éducatif), réservé aux enfants, puis le grand tour des marais. Pour que les animaux ne me sentent pas venir, je dois me placer de façon à ce que le vent ne transporte mon odeur jusqu’à eux. Sur le sentier des cabanes, trois drapeaux : le bleu indique qu’il y a du vent, le jaune indique qu’il s’agit d’un vent d’est ; le rouge indique que le vent n’est pas fort . Je me suis habillée de couleurs sombres, je me suis aspergée d’un anti-moustiques pour éviter tout geste brusque en vue de chasser ces insectes ; je marche très lentement sur les passerelles de bois, en m’arrêtant longuement pour guetter les animaux. Malgré toutes ces précautions, le plus souvent, tout ce que j’ai obtenu, c’est de les faire fuir, mais au moins cela s’est passé sous mes yeux !
* L’observation des oiseaux, par le web de l’ornithologie
medium_img_0590.jpgDès le début de la promenade, un concert d’oiseaux m’accueille. La Camargue s’écoute. Si les moustiques sont présents, ils ne sont cependant pas trop agressifs. De frayeur, le ragondin surpris fait le mort sous le pont de bois ; la cistude prend un bain de soleil au milieu du marais ; un couple de canards colvert s’envole bruyamment à mon approche. Un bihoreau (du moins ai-je cru en reconnaître un…) caché dans les roseaux, me surprend par la rapidité de son envol. Quelques hérons blancs, éloignés, lissent leur plumage blanc ; les juments de race camarguaise me surveillent lorsque je m’approche de leur poulain tandis qu’une autre est en train de mettre bas ; les taureaux de la manade rejoignent leur enclos dans un nuage de poussière.

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Des champs de nivéoles d’été aux multiples clochettes blanches prospèrent au bord de l’eau (voir photo de gauche) : nom bien mal trouvé pour une fleur de début du printemps. Attention ! c’est une fleur protégée : ne la cueillez pas !

« Pour s’immerger vraiment dans cette terre liquide, humer les taureaux, découvrir les oiseaux, il faut absolument visiter le marais du Vigueirat. Aux confins de la Camargue et de la Crau, il réunit une mosaïque de milieux exceptionnels. Entre sel (la sansouire1) et eau douce (la roselière2), entre terre (taureaux, chevaux) et air (280 espèces d’oiseaux). Mieux vaut participer à une visite guidée par un naturaliste. »

Le Point, n°1710, 23 juin 2005, Frédéric Lewinoet, Domitille Arrivet, 21 sites d’exception à découvrir cet été – Entre ciel et mer – Marais du Vigueirat, en Camargue (Bouches-du-Rhône)

Ce conseil – être accompagné d’un guide nature – que confirment beaucoup d’internautes, me semble le meilleur que l’on puisse donner à ceux qui veulent appréhender la Camargue et avoir toutes les chances d’observer les oiseaux. Le Conservatoire du Littoral organise des visites guidées sur réservation, notamment le soir (tél.: 04-90-98-70-91), avec étude des animaux à partir d’observatoires uniquement accessibles lors des visites payantes.

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1Sansouire : paysage et formation végétale dominée par des salicornes buissonnantes sur des terrains peu ou pas irrigués où le sel affleure lors des grandes chaleurs
2Roselière : endroit humide et marécageux où poussent des roseaux. Le roseau est un excellent épurateur des eaux. Il sert à la confection de toitures pour des cabanes traditionnelles ; les camarguais l’appellent sagnou

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