Le viaduc ferroviaire de Chanteloube… pour les piétons

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Deuxième visite du lac de Serre-Ponçon dont la cote est particulièrement basse : le 13 avril elle est encore à plus de 48 m en dessous de sa cote optimale. C’est Yves qui organise ; Isabelle et moi l’accompagnons.

L’album photos Serre-Ponçon 2e visite

Photo panoramique à 360° par Yves Provence

Arrêt n°1 le barrage ; de multiples lignes à haute-tension partent de tous côtés ; le grésillement est incessant ; le plus grand barrage en terre d’Europe est impressionnant : 123 m de haut, 600 m de large (soit 10 mn pour le traverser à pied), 650 m d’épaisseur à la base et 6 fois le volume de la pyramide de Kheops en remblais.

S.P.56 – Autour du Lac : T.H.T., Ti’Mars…

Nous nous rendons jusqu’au belvédère de Rousset, en face de celui du Sauze où nous étions 8 jours auparavant. Du coup, je vois bien que la Ribière se situait sur une petite colline dominant le fleuve. Au ras de l’eau, côté l’Ile-de-Rousset, un tourbillon s’est formé autour d’un pic qui dépasse de l’eau : peut-être un pilier de l’ancien pont métallique qui traversait la Durance ?

S.P.50 – Autour du Lac : ROUSSET – Les 2 vallées., Ti’Mars…

Arrêt n°2 les Hyvans : sur la route qui mène au col Lebraut, le spectacle des montagnes est géant autour du pic de Morgon ; au col, nous entrons dans le bois humide et glissant ; il y a encore de la neige près du cairn Lebraut composé de grosses pierres et protégé par un tipi de branches ; un arbre tombé au sol nous oblige à passer dessous ou dessus. Un petit bois bien agréable.

S.P.154 – Autour du Lac : HYVANS – Cairn Lebraut., Ti’Mars…

S.P.153- Autour du Lac: HYVANS Ravin des Glaisoles, Ti’Mars…

Arrêt n°3 : la baie de Chanteloube1, le centre d’intérêt qui m’intéresse le plus. Après le viaduc sur le ravin Charles, vous reconnaîtrez sur votre droite la maison du garde-barrière au passage à niveau 77, à la bifurcation vers Barcelonnette ; des parkings sont aménagés de ce côté de la baie côté Prunières tandis que rive droite, aux Hyvans l’été, il faut suivre un sentier pour parvenir à la partie immergée du pont.

Le fameux viaduc de Chanteloube a été construit dans la baie pour relier par train Chorges (05) à Barcelonnette (04). Les travaux ont commencé en 1909 et se sont terminés en 1935. Le projet a été abandonné en 1941 donc aucun train n’a jamais circulé sur ce viaduc : les rails n’ont même jamais été posés !

En été, il est en partie immergé dans le lac de Serre-Ponçon (lire Le viaduc de Chanteloube… dans l’eau), c’est une attraction touristique très appréciée des plongeurs et des pêcheurs.

viaduc été 2017viaduc avril 2018Il franchit le ravin des Moulettes, affluent de la Durance. Il mesure 61 mètres de haut et 300 mètres de long. Un corps central à 6 arches encadré par deux viaducs à 4 arches de 9 m d’ouverture. Il est en pente : c’est pourquoi une partie émerge quand le lac est plein (voir ci-contre à gauche photo prise par Michèle R. l’été dernier et celle prise en avril 2018)
Inventaire ferroviaire aqueduc du vallon des Moulettes
De loin, selon l’angle de vision, sa forme en S aux deux extrémités ne se constate pas aisément.

Il n’existe pas en France de viaduc élevé tout en maçonnerie ayant des arches d’une aussi grande ouverture et des piles aussi minces. Le Bulletin du P.L.M. n° 39 – Mai 1935. Ubaye en carte, site perso

Pour le construire, l’entreprise Rangeard a d’abord monté une passerelle pour traverser la Durance à Grand-Pré.

Dans un premier temps le tracé de la voie devait être entièrement aérien. […] Ils [ces deux souterrains] ont été remplacés par le grand tunnel unique de Sauze, le plus long des Hautes-Alpes, qui était entièrement terminé et prêt à l’emploi lorsqu’il fut noyé dans le lac, juste à l’aplomb du village.

C’est là où nous étions la semaine dernière, à la confluence Ubaye-Durance, repérant uniquement le mur de soutènement inférieur de la voie ferrée mais pas le tunnel bouché.
Tunnel du Sauze

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Dernière modification le 18 Avr 2018

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** Confluence Ubaye-Durance vue d’en bas puis d’en haut

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Après un reportage à la télévision sur le lac de Serre-Ponçon dont le niveau n’a jamais été aussi bas, j’accepte l’invitation d’Yves qui me propose de faire le tour du lac et découvrir à pied, si possible, la confluence de la Durance et de l’Ubaye, sous le village de Le Sauze-du-Lac.

l’album photos complet de Serre-Ponçon

Arrêt n°1 Remollon, cascade pétrifiante, pas très grande mais rafraichissante tout de même. Une eau de source chargée de calcaire et de gypse dissous dévale la montagne et vient terminer sa course dans la vallée de la Durance par une chute du haut d’une falaise de tuf, au niveau de la fontaine pétrifiante.

S.P.01 – Autour du Lac : Remollon, la cascade, Ti’Mars…

Arrêt n°2 bassin de compensation, à l’aval du barrage, créé lors de l’extraction des alluvions nécessaires à la construction de la digue de Serre-Ponçon : il joue un rôle régulateur en contenant les déversements importants de l’usine aux heures de pointe. Les turbines de son propre barrage permettent de fournir un appui énergétique ; le bassin de compensation est devenu un lieu d’importants rassemblements d’oiseaux migrateurs d’octobre à avril.

Arrêt n°3, la Bréole, belvédère sur le lac : là où le geocaching joue son rôle, c’est en proposant des caches bien placées comme celle située à Sardanne ; on y accède par un sentier pentu qui mène à un belvédère sur le lac de Serre-Ponçon, bien sécurisé par des barrières en bois ; en chemin, vous aurez une vue sur le village de la Bréole (Altitude : 939 m, 320 habitants) et le clocher carré de l’église Saint-Pierre, surélevé à la fin du XIXe pour exaucer le vœu d’Honoré Charbonnier, bienfaiteur de la commune.
Au loin, à peine visible, Yves m’indique le viaduc de Chanteloube, spectacle bien insolite quand on le voit de près. Enjambant le torrent des Moulettes, il était à destination ferroviaire, mais n’a jamais été utilisé. En effet, la construction de la ligne de chemin de fer Chorges/Barcelonnette, amorcée en 1909, est modifiée en raison du projet Serre-Ponçon puis finalement interrompue en 1935 alors que la plupart des ouvrages d’art sont achevés. Le viaduc de Chanteloube… dans l’eau !

S.P.49 – Autour du Lac : Sardanne Panorama, Ti’Mars…

Arrêt n°4, la Bréole, un tunnel ferroviaire qui n’a jamais servi : une fois garés près du défilé, Yves se rend compte qu’il connait ce tunnel ferroviaire, il y est venu en vélo mais venait de l’autre sens. Les murs qui devaient protéger la ligne sont quasiment neufs, la voie est désormais utilisable par les vélos et les piétons mais attention, pas de panique, le tunnel est sombre et long…

S.P.31 – Autour du Lac : L’Ubaye, Ti’Mars…

Arrêt n°5 cimetière d’Ubaye, il a été patiemment déplacé par les habitants avant l’envahissement du village par les eaux de Serre-Ponçon ; rien de ce qui émerge du lac n’est reconnaissable. C’est le seul village qui n’a pas été reconstruit.

Nous nous arrêtons au port saint-Pierre à Sauze1 du Lac pour le déjeuner. A l’abri du vent sur une table de pique-nique, nous observons le paysage bizarre sous nos yeux : la base nautique est fermée, il n’y a personne ; des collines émergent, les pontons d’amarrage serpentent au sec, l’eau est bien loin du port. Sur les strates en face, se lit le niveau optimal du lac (780m) qui, aujourd’hui, est de plus de 40 m en dessous. Nous espérons donc pouvoir marcher dans le fond du lac si le limon est bien sec. Depuis le 24 mars, les dernières cotes ont encore baissé :

24 mars : 739 environ soit – 41 m sous la cote optimale de la retenue
26 mars : 737,53
27 mars : 736.90
28 mars : 736.76
29 mars : 735.85
30 mars : 735,72
31 mars : 734,98 … et le 11 avril : encore plus bas : 731.33

Arrêt n°6, confluence : c’est maintenant qu’il faut marcher un peu pour rejoindre la confluence des rivières Ubaye et Durance, au pied du village de Sauze-du-Lac ; parcours aventureux dont il faut bien mesurer les risques car ils sont réels. Il commence par un sentier qui monte puis sinue en balcon au-dessus du lac ; cette partie a été aménagée en début d’année 2012 par une brigade ‘Sentier’ et ça se voit.
Quelques mètres en dessous de nous, un petit pont sur lequel devait passer au XIXe siècle un chemin partant du Plan d’Ubaye. Nous atteignons un carrefour ; le sentier en face de nous mène au village du Sauze quelques 200 m plus haut ; nous optons pour celui de Champinas.

L’ANCIENNE ROUTE : Champinas, Mpoup

Il devient de plus en plus sauvage et dégradé ; le haut du pont sous lequel s’écoulait un ruisseau se jetant dans la rivière est abîmé mais solide en-dessous. Il y a de l’eau dans le lac, nous ne sommes pas loin du barrage, mais de plus en plus de terres émergent. Un haut mur de soutènement nous permet de passer avant de croiser un premier éboulis rocheux ; certes, il frôle le vide mais avec prudence, nous passons au dessus. Nous entendons le bruit d’une cascade sans la voir  ; elle s’écoule sous forme de ruisseau dans une petite anse du lac ; rien de prévu pour le traverser à part faire un pas de géant en se reposant sur des mottes de terre durcies. Nous continuons jusqu’à la cache.

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Dernière modification le 12 Avr 2018

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La mine de Cap Garonne au Pradet

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Le lendemain de notre réunion de travail, Sylvaine et Bernard partent au boulot en vélo tandis que je me rends au Cap Garonne1. Le parking est désert et je ne croiserai que des scolaires en visite pédagogique. Mon objectif : le sentier de découverte Jean-François Jubé et quelques écarts selon mes envies du moment. Sylvaine a chargé mon GPS avec quelques caches dont une earthcache et ses nombreuses questions sur la mine :

EarthCacheLa mine de cuivre de Cap Garonne GC397A2, Dida03

Mes photos à Cap Garonne

Un technicien de l’eau a posé sa voiture juste en face du réservoir, s’active et s’attarde ; impossible de chercher la cache :
Le Bau Rouge, migar

La première chose que l’on voit, c’est la cheminée et les bâtiments de la mine. Son passé n’a jamais été vraiment florissant. En 1892, on y fabrique du sulfate de cuivre pour la viticulture, nouveau débouché pour un minerai pauvre en cuivre.

Messieurs Layet et Martel […] demandent l’autorisation d’exploiter une carrière de pavés de grés à Cap Garonne. Le maire de la commune de la Garde (Le Pradet n’existait pas encore […] s’aperçoit que les matériaux extraits contiennent du cuivre et du plomb. Il demande un indemnisation financière de 3 000 francs or et, en échange, il donnera son avis favorable à la demande de concession minière de Layet et Martel.
1862Autorisation sous Napoléon III pour une concession de cuivre et de plomb. Les premiers mineurs sont des italiens spécialisés dans le travail minier. […] Pour forer un trou de 60 cm, les mineurs étaient deux et il fallait 8 heures de travail à l’aide d’un fleuret et d’une masse. […] des enfants assuraient les allées et venues entre le forge et les mineurs.
Le minerai extrait est […] envoyé à Swansea […]. La teneur en cuivre à Cap Garonne est faible (3 à 8%) et, en France, on se savait pas traiter les minerais pauvres. […]
Rapidement Layet et Martel se rendent compte que la mine n’est pas rentable […]
1873Rachat de la mine par un anglais, Mr Unwin. […] Il sera le seul concessionnaire à rentabiliser la mine. […]
En 1877 se produit la rencontre avec une grande faille qui provoque un net ralentissement de l’exploitation.
1884Arrêt de la concession anglaise. La mine va fermer ses portes pendant 8 ans.
1892Reprise de l’activité avec le rachat de la mine par M. Roux. Il est le premier à envisager le traitement sur place du minerai pauvre par voie humide pour faire du sulfate de cuivre. Celui-ci servira pour la fabrication de la bouillie bordelaise[…]. Mais la mine n’est toujours pas rentable.
1899Rachat par la Société des Mines de Cap Garonne. […] c’est à nouveau un échec.
1903Rachat de la mine par MM. Enderlin et Roche qui mettent beaucoup d’espoir dans la construction de la ligne de chemin de fer Toulon-Hyères. Ils négocient la réalisation d’un embranchement de 4 km 300 qui dessert la mine. […] Malheureusement ils se heurtent à de nombreux problèmes techniques. […] La mine ferme pendant 9 ans.
1903-1916Dernier concessionnaire : M. Bolo Pacha […] vient en Provence où il rachète la mine par l’intermédiaire de M. Geydon de Dives. Mais il ne va l’exploiter, avec l’aide de 120 ouvriers, que jusqu’en Octobre 1917 date à laquelle on lui confisque ses biens. Il est arrêté et condamné à mort pour intelligence avec l’ennemi. Il sera exécuté en avril 1918. […]
3 octobre 1917, arrêt définitif de l’exploitation.
1933- 1956, Grâce à son ciment humide et tempéré, la mine de Cap Garonne devient une champignonnière. […] Les galeries étant laissées ouvertes, la mine est livrée au pillage. […] elle recèle en effet une extraordinaire richesse : plus d’une centaine de micro-minéraux dont les minéralogistes du monde entier connaissent l’intérêt scientifique.
1984, Les maires des communes du Pradet, de La Garde et de Carqueiranne sont conscients de l’intérêt culturel et historique que représente un tel site sur leur territoire. […] Les trois communes propriétaires des lieux se constituent en syndicat intercommunal et décident de fermer la mine.
1990, Le syndicat fait réaliser des travaux intérieurs de mise en sécurité. […]
9 juillet 1994, le Musée de la Mine est inauguré.
Extrait de l’histoire de la mine, site de la mine du Cap Garonne

Le circuit est court mais comprend de multiples points d’intérêt comme ce bassin qui recueillait l’eau de pluie servant à humidifier les caisses de bois pour la culture des champignons de Paris. Ensuite un panneau d’information sur les arbres : on retrouve tous ceux de la région (pins, arbousiers, chênes verts) avec en plus le chêne-liège caractéristique des sols siliceux.

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